Tarif de cantine au quotient familial : qui fixe votre tranche, et qui peut payer 1 €

Deux familles voisines ne paient pas le même prix à la cantine, et deux familles identiques dans deux communes voisines non plus. Ce n'est ni une erreur ni un passe-droit : le tarif de la cantine d'une école publique est voté par la collectivité, pas par l'État. Une seule pièce du dispositif est nationale — l'aide qui permet le repas à 1 € —, elle est versée aux communes et non aux familles, et elle n'est plus ouverte aux communes qui n'y étaient pas entrées avant le 26 juillet 2025.

Mis à jour le

Il n'existe aucun tarif national de cantine. Le prix est fixé « par la collectivité territoriale qui en a la charge » (article R531-52 du code de l'éducation) : la commune ou son intercommunalité en maternelle et en élémentaire, le département au collège, la Région au lycée. Ce qui est national, c'est l'aide dite « cantine à 1 € », versée aux communes rurales conventionnées et non aux familles : 3 € par repas facturé 1 € ou moins aux foyers dont le quotient familial Caf ne dépasse pas 1 000 €, 4 € avec le bonus EGalim. Les adhésions sont closes depuis le 26 juillet 2025 ; les conventions déjà signées peuvent être renouvelées jusqu'au 31 décembre 2027.

Si la difficulté n'est plus le tarif mais la facture qui s'accumule, plusieurs portes s'ouvrent en même temps, et aucune n'exige d'attendre la fin de l'année scolaire. Le CCAS de votre commune attribue des aides facultatives dont il fixe lui-même les règles : demandez-lui si une aide aux frais ou à la dette de restauration scolaire existe chez vous, et faites en même temps le point sur l'aide alimentaire et l'orientation vers une épicerie solidaire. Au collège et au lycée, le fonds social de l'établissement peut couvrir tout ou partie des frais de demi-pension : le dossier se retire au secrétariat, une commission présidée par le chef d'établissement l'examine, et il n'est pas nécessaire d'être boursier. Demandez en parallèle un échéancier au service qui recouvre la facture : une dette étalée cesse d'être une dette en souffrance.

Si l'on vous annonce que votre enfant ne sera plus accepté à la cantine, ou qu'il y recevra un repas différent des autres, demandez la décision par écrit et motivée, puis saisissez gratuitement le Défenseur des droits (09 69 39 00 00, coût d'un appel local, ou un délégué près de chez vous) : l'accès à la cantine de l'école primaire est un droit de l'enfant quand le service existe, et l'institution demande que les impayés se règlent entre la collectivité et les parents, sans impact sur les enfants.

Si la situation dépasse la cantine — loyer, énergie, budget qui ne tient plus —, le Fonds de solidarité pour le logement de votre département, le service social départemental et une France Services peuvent intervenir ; un point sur vos droits se fait gratuitement sur mesdroitssociaux.gouv.fr. Si vous êtes sans hébergement, le 115 est gratuit et joignable 24 h/24. Si tout cela vous atteint moralement, le 3114, numéro national de prévention du suicide et de la souffrance psychique, est gratuit, confidentiel et ouvert à toute heure.

Que faire, dans l'ordre

  1. Identifiez la collectivité qui fixe le prix : ce n'est ni l'État, ni l'école. « Les tarifs de la restauration scolaire fournie aux élèves […] de l'enseignement public sont fixés par la collectivité territoriale qui en a la charge » (article R531-52 du code de l'éducation). En maternelle et en élémentaire, c'est la commune ou l'intercommunalité ; au collège, le département, qui « assure l'accueil, la restauration, l'hébergement » (article L213-2) ; au lycée, la Région, dans les mêmes termes (article L214-6). Une différence explique beaucoup d'écarts : dans le second degré la restauration est un service public obligatoire, alors qu'à l'école primaire elle reste un service facultatif que la commune choisit d'ouvrir ou non (Défenseur des droits, rapport Un droit à la cantine scolaire pour tous les enfants, mai 2019). Aucun site national, celui-ci compris, ne peut donc vous annoncer votre tarif : il existe autant de grilles que de collectivités.
  2. Récupérez la grille en vigueur, pas celle qui traîne en ligne. Le tarif est voté par une délibération de l'assemblée locale, et c'est ce document qui fait foi — pas la page du site de la mairie, qui n'est pas toujours à jour. Demandez au service scolaire la délibération en cours et le règlement du service de restauration, en principe joint au dossier d'inscription. Trois lignes à repérer : la date d'effet, le nombre de tranches et la base de facturation (repas réservé, forfait, année).
  3. Regardez quel quotient familial la grille utilise : celui de la Caf, celui des impôts, ou celui de la mairie. Les trois existent, portent le même nom et ne donnent pas le même chiffre. Le quotient familial Caf est calculé par la Caf à partir de vos ressources et de la composition de votre foyer ; c'est lui, et lui seul, que vise le seuil de 1 000 € du dispositif national, et il figure sur votre attestation de quotient familial. Le quotient familial des impôts obéit à des règles fiscales différentes. Et beaucoup de communes appliquent leur propre formule, à partir du revenu fiscal et d'un nombre de parts qu'elles définissent elles-mêmes. Un même foyer peut donc être « sous 1 000 € » au sens de la Caf et au-dessus au sens de la mairie. La seule question utile : « quel quotient retenez-vous, et sur quelle pièce ? »
  4. Procurez-vous la pièce attendue avant la date d'inscription. Si la grille repose sur le quotient Caf, l'attestation de quotient familial se télécharge depuis votre espace « Mon Compte » sur caf.fr, à la rubrique de vos attestations, sans avoir à téléphoner. Si vous n'êtes pas allocataire, vous n'avez pas de quotient familial Caf : demandez au service scolaire la pièce acceptée à la place — c'est le plus souvent l'avis d'imposition. Et lisez, dans le règlement du service, la ligne qui dit ce qui s'applique à un dossier sans justificatif de ressources : c'est elle qui décidera de ce que vous paierez en attendant.
  5. Vérifiez si votre commune applique la « cantine à 1 € », en sachant qu'elle ne peut plus y entrer. Le dispositif national ne s'adresse pas aux familles mais aux collectivités ayant la compétence de restauration scolaire : communes éligibles à la fraction péréquation de la dotation de solidarité rurale — des communes de moins de 10 000 habitants —, regroupements pédagogiques intercommunaux et intercommunalités dont au moins deux tiers de la population réside dans de telles communes. Il concerne donc les écoles, pas les collèges ni les lycées, et la convention type précise que « les repas servis dans le cadre périscolaire ne sont pas concernés par ce dispositif ». La collectivité signe une convention avec l'Agence de services et de paiement et adopte une grille d'au moins trois tranches, « dont au moins une tranche est inférieure ou égale à 1 € et une supérieure à 1 € », le tarif à 1 € ou moins allant aux familles dont le quotient familial Caf est inférieur ou égal à 1 000 €. Elle reçoit 3 € par repas ainsi facturé, 4 € si elle s'est engagée sur les objectifs de la loi EGalim. Les adhésions sont closes depuis le 26 juillet 2025, et les conventions des collectivités déjà engagées peuvent être renouvelées jusqu'au 31 décembre 2027. Une commune éligible qui n'avait pas signé ne peut donc plus entrer : la question à lui poser devient « avez-vous une grille au quotient familial, et quelle est la tranche la plus basse ? ».
  6. Demandez le tarif réduit au moment où il se demande. La date à laquelle la tranche est calculée est fixée par le règlement du service, et elle commande le reste : pour beaucoup de collectivités c'est l'inscription annuelle, pour d'autres une révision en cours d'année. Cherchez cette date dans le règlement avant de faire quoi que ce soit — hors de cette fenêtre, la grille s'applique telle qu'elle a été calculée, même si vos revenus ont baissé depuis.
  7. Signalez tout de suite un changement de situation, par écrit. Perte d'emploi, séparation, naissance : ces événements changent le quotient familial, donc la tranche. Le règlement du service dit si une révision en cours d'année est prévue, à quelles conditions et à partir de quand elle produit effet : c'est la seule source qui vaille, et elle diffère d'une collectivité à l'autre. Écrivez au service scolaire dès que la situation change, avec l'attestation de quotient à jour, et conservez la preuve d'envoi : c'est elle qui datera votre demande.
  8. Si votre enfant est scolarisé dans une autre commune, posez la question du tarif « extérieur ». Certaines communes appliquent un tarif majoré aux enfants non-résidents. Demandez au service scolaire de la commune de scolarisation quelle grille s'applique à votre enfant, et si la tarification sociale y est ouverte aux élèves venus d'ailleurs : faites confirmer la réponse par écrit. Un cas est tranché : pour les élèves affectés en classe ULIS, le Défenseur des droits recommande « que la tarification du service de restauration scolaire ne soit pas différente pour les élèves résidant dans une commune autre que la commune d'implantation de l'ULIS », les parents n'ayant pas le choix de l'affectation.
  9. Au collège et au lycée, changez d'interlocuteur. Le tarif de demi-pension relève du conseil départemental ou du conseil régional, et il est souvent modulé lui aussi. Deux ressources s'y ajoutent, à ne pas confondre avec le tarif : la bourse nationale — si l'élève est demi-pensionnaire, les frais de demi-pension sont déduits du montant de la bourse et l'établissement verse le solde (voir la bourse de collège et la bourse de lycée) — et le fonds social pour les cantines, qui peut couvrir tout ou partie des frais de demi-pension : le dossier se retire au secrétariat de l'établissement, une commission présidée par le chef d'établissement l'examine, et « il n'est pas nécessaire que l'enfant soit boursier pour bénéficier du fonds social ».

Toutes ces démarches sont gratuites : elles se font auprès du service scolaire de votre mairie, de votre département, de votre Région ou de l'établissement de votre enfant. Si vous voulez faire le point avant d'écrire — quel quotient est retenu, quelle pièce fournir, que demander après un changement —, une aide par téléphone est disponible au 3242 (3 € par appel + prix d'un appel). C'est un service privé d'information, sans lien avec les mairies, la Caf ni aucune administration : il ne fixe aucun tarif, n'instruit aucun dossier et ne dépose aucune demande à votre place.

Pourquoi c'est bloqué

Votre situationCe que dit la règleCe que vous vérifiez, et où
Vous cherchez « le tarif de la cantine » en maternelle ou en élémentaireIl est fixé par délibération de la commune ou de l'intercommunalité qui a la charge du service. Aucun montant national n'existe.La délibération tarifaire en vigueur et le règlement du service, auprès du service scolaire ; coordonnées sur lannuaire.service-public.gouv.fr.
Vous avez entendu parler de la « cantine à 1 € » et voulez savoir si vous y avez droitCe n'est pas un droit ouvert aux familles : c'est une aide de l'État aux communes rurales conventionnées avant le 26 juillet 2025. Si votre commune n'en est pas, le tarif à 1 € n'existe pas chez vous par ce canal.Demandez au service scolaire : « la commune est-elle conventionnée au titre de la tarification sociale des cantines ? » La grille répond aussi d'elle-même : une tranche basse à 1 € ou moins est le signe du dispositif.
Votre quotient familial Caf est inférieur à 1 000 € mais la mairie facture plus d'1 €Le seuil de 1 000 € n'a de portée que dans les communes conventionnées. Ailleurs, la commune fixe librement ses tranches et peut retenir son propre mode de calcul du quotient.Demandez par écrit quel quotient est retenu et sur quelle pièce. Comparez le chiffre de votre attestation Caf à celui inscrit sur la facture : l'écart s'explique presque toujours là.
Votre voisin paie 1 € et vous non, dans la même écoleTrois explications, dont une seule est une erreur : il est dans une tranche plus basse ; il a fourni son justificatif de ressources et vous non ; ou votre tranche repose sur une pièce périmée.Le règlement du service dit à quelle date la tranche est calculée, quelles pièces la déclenchent et ce qui s'applique en l'absence de justificatif. C'est le document à demander avant toute réclamation.
Vos revenus ont baissé en cours d'année scolaireUne révision de tranche en cours d'année n'est pas de droit : elle existe si le règlement du service la prévoit, et aux conditions qu'il fixe.Lisez cette ligne du règlement, puis écrivez au service scolaire dès le changement, attestation de quotient à jour à l'appui, et gardez la preuve d'envoi.
Votre enfant est scolarisé dans une autre commune que celle où vous habitezCertaines communes appliquent un tarif majoré « hors commune ». Pour les élèves affectés en ULIS, le Défenseur des droits recommande que le tarif ne soit pas différent selon la commune de résidence.Demandez au service scolaire de la commune de scolarisation quelle grille s'applique à votre enfant, et si la tarification sociale y est ouverte aux non-résidents. Faites confirmer par écrit.
Vous avez une facture de cantine impayéeQuand le service existe, l'inscription à la cantine de l'école primaire est un droit pour tous les enfants scolarisés, sans discrimination selon leur situation ou celle de leur famille (article L131-13 du code de l'éducation). Le Défenseur des droits rappelle que les impayés « doivent uniquement faire l'objet de procédures entre les collectivités et les parents, sans impact sur les enfants ».Demandez un échéancier au service qui recouvre la facture — ses coordonnées figurent sur l'avis des sommes à payer — et interrogez le CCAS. En cas d'exclusion annoncée, le Défenseur des droits se saisit gratuitement (09 69 39 00 00, coût d'un appel local).
Votre enfant entre au collège ou au lycéeLe tarif de demi-pension est fixé par le conseil départemental ou le conseil régional, et non plus par la commune. Si l'élève est boursier et demi-pensionnaire, les frais de demi-pension sont déduits du montant de la bourse.Le règlement de restauration remis à l'inscription, et le secrétariat de l'établissement. Pour un impayé ou une dépense imprévue, le dossier de fonds social se retire au secrétariat ; il n'est pas nécessaire d'être boursier.

Délais à ne pas laisser passer

Les sites officiels décrivent le dispositif national et renvoient, pour le reste, « à votre mairie ». Ce qu'ils ne décrivent pas, c'est ce qui se passe entre votre demande et la bonne ligne sur la facture, et ce qui arrive quand elle n'est pas payée. Ce sont les deux moments où les familles perdent de l'argent.

  • Une baisse de revenus ne remonte pas le temps : la date de votre demande compte. Selon les règlements, une révision de tranche est prévue ou non, et quand elle l'est, elle prend effet à une date que le règlement fixe — rarement au premier jour de l'année scolaire. La méthode qui protège : écrire le jour même au service scolaire, par courriel ou par le portail famille, même sans avoir toutes les pièces, en annonçant que les justificatifs suivront. Puis lire, dans le règlement, ce que produit exactement cette demande.
  • Ce qui s'applique sans justificatif est écrit quelque part, et personne ne vous le lira. Un dossier d'inscription sans justificatif de ressources n'est pas mis en attente : le règlement du service prévoit une tranche par défaut, et il dit aussi si une régularisation est possible une fois la pièce fournie, et sur quelle période. Si vous avez été facturé sans que votre quotient soit pris en compte, demandez explicitement la régularisation des factures déjà émises, en citant l'article du règlement.
  • Un tarif ne peut pas dépasser le coût réel du repas, et cette règle se vérifie. Les tarifs « ne peuvent, y compris lorsqu'une modulation est appliquée, être supérieurs au coût par usager résultant des charges supportées au titre du service de restauration, après déduction des subventions de toute nature bénéficiant à ce service » (article R531-53 du code de l'éducation). C'est un plafond, pas un prix : il n'oblige personne à un tarif bas, mais il rend contestable une tranche haute manifestement supérieure au coût du service, qui figure dans les documents budgétaires de la collectivité.
  • « Quotient familial » désigne trois choses différentes, et c'est la première cause d'incompréhension. Celui de la Caf, celui des impôts et celui que certaines communes calculent elles-mêmes portent le même nom et donnent trois chiffres. Le dispositif national, lui, vise expressément le quotient familial Caf et le seuil de 1 000 €. Avant de contester une tranche, demandez par écrit : quel quotient a été retenu, quelle pièce l'a établi, pour quelle période. La plupart des réclamations se règlent là, sans recours.
  • Un enfant ne se punit pas d'une dette de ses parents. Quand le service existe, l'inscription à la cantine de l'école primaire est un droit pour tous les enfants scolarisés, et « il ne peut être établi aucune discrimination selon leur situation ou celle de leur famille » (article L131-13 du code de l'éducation, issu de la loi du 27 janvier 2017). Le Défenseur des droits « rappelle que les impayés doivent uniquement faire l'objet de procédures entre les collectivités et les parents, sans impact sur les enfants » ; il appelle à bannir la pratique du « déjeuner humiliant », qui consiste à servir un menu différent aux enfants dont la famille doit de l'argent, et à « ne pas recourir aux exclusions » (recommandation n° 5 de son rapport de mai 2019). Si une exclusion ou un repas différencié vous est annoncé, demandez la décision par écrit et motivée : c'est ce document qui rend le recours possible.
  • La dette de cantine se traite à deux guichets, pas un. Le service scolaire décide de l'inscription et de la tranche ; le recouvrement, lui, suit son propre chemin — la collectivité émet un titre de recettes, et c'est au service chargé du recouvrement, dont les coordonnées figurent sur l'avis des sommes à payer, que se demande un échéancier. Les deux démarches se mènent en parallèle et aucune n'annule l'autre. Le CCAS de votre commune attribue par ailleurs des aides facultatives dont il fixe lui-même les règles : demandez-lui si une aide aux frais de restauration scolaire existe chez vous, et à quelles conditions.
  • Le recours contre une décision tarifaire n'est pas celui qu'on croit. Une décision de la mairie sur votre tranche ou sur l'accès au service est une décision administrative : elle ne relève ni de la Caf, ni du pôle social du tribunal judiciaire, mais du juge administratif. Le délai de droit commun est de deux mois à compter de la notification (article R421-1 du code de justice administrative). Commencez par le recours gracieux adressé au maire : il est gratuit et, envoyé dans le délai, il l'interrompt — un nouveau délai de deux mois repart à la notification du rejet.
  • Un délai qui ne figure pas sur la décision ne vous est pas opposable. Les délais de recours « ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision » (article R421-5 du code de justice administrative). Un courriel qui refuse une tranche sans indiquer le tribunal compétent ni le délai ne déclenche donc pas le compte à rebours. N'en concluez pas que le temps ne compte plus : au-delà d'un délai raisonnable, en principe d'un an, le recours n'est plus recevable (Conseil d'État, décision d'assemblée Czabaj du 13 juillet 2016).
  • L'échéance de fin 2027 se prépare maintenant. Le dispositif n'est pas marginal : selon la réponse du Gouvernement à une question sénatoriale, 193 000 élèves ont bénéficié d'un repas à tarif social en 2024, plus de 19 millions de repas ayant été servis à tarif social sur l'année scolaire 2023-2024, et 3 090 collectivités étaient inscrites au 31 octobre 2025 ; 76,9 millions d'euros sont inscrits au projet de loi de finances pour 2026. Mais les adhésions sont fermées depuis le 26 juillet 2025 et les conventions ne sont renouvelables que jusqu'au 31 décembre 2027. Si votre commune applique aujourd'hui un tarif à 1 € par ce canal, la question à poser au conseil municipal est celle de la grille prévue après cette date. Une grille au quotient familial reste possible sans l'aide de l'État : c'est un choix de la commune, pas une obligation.

Ce que cette page ne peut pas vous donner, volontairement : votre tarif. Il n'existe pas de barème national de la restauration scolaire, et toute page qui en annonce un se trompe pour la plus grande partie de ses lecteurs. Les seuls chiffres nationaux sont ceux de l'aide de l'État aux communes — 3 € par repas, 4 € avec le bonus EGalim, quotient familial Caf plafonné à 1 000 € — et ils décrivent ce que la commune touche, pas ce que vous payez. Votre grille se lit dans la délibération de votre collectivité, et nulle part ailleurs.

L'organisme est joignable gratuitement

Toutes les démarches décrites ici sont gratuites. Voici les interlocuteurs à solliciter en priorité, dans cet ordre :

  • Le service scolaire ou périscolaire de votre mairie : il détient la grille tarifaire, le règlement du service et votre dossier. Les coordonnées de chaque mairie figurent sur lannuaire.service-public.gouv.fr. Nous ne publions pas de numéro municipal : ils diffèrent d'une commune à l'autre et changent, l'annuaire officiel fait foi.
  • Le secrétariat de l'établissement, au collège et au lycée : règlement de restauration, tranche appliquée, et dossier de fonds social, examiné par une commission présidée par le chef d'établissement.
  • Votre quotient familial Caf : 3230 (service gratuit + prix d'un appel), pour une question sur le quotient lui-même ou sur votre dossier d'allocataire. L'attestation de quotient familial, elle, se télécharge sans appeler depuis votre espace « Mon Compte » sur caf.fr. La Caf ne fixe aucun tarif de cantine et n'a pas connaissance de votre facture.
  • Les fiches officielles : service-public.gouv.fr. Le 3939 Allô Service Public (« service gratuit, coût de l'appel selon opérateur ») ne renseigne en revanche que cinq domaines — droit du travail privé, logement et urbanisme, procédures en justice, droit de la famille, droit des étrangers, associations et état civil ; la restauration scolaire n'en fait pas partie.
  • La présentation officielle du dispositif : « Proposer une tarification sociale dans les cantines » sur solidarites.gouv.fr, l'aide étant gérée et versée aux collectivités par l'Agence de services et de paiement. Le dispositif ne se demande pas par les familles.
  • Un accueil près de chez vous : un espace France Services accompagne gratuitement vos démarches en ligne, et le CCAS de votre commune peut vous orienter et instruire une demande d'aide facultative.
  • Le tour de vos autres droits : le simulateur public gratuit mesdroitssociaux.gouv.fr, notre page à quelles aides ai-je droit et l'allocation de rentrée scolaire.
  • En cas de refus d'accès ou d'exclusion : le Défenseur des droits, saisine gratuite au 09 69 39 00 00 (coût d'un appel local), du lundi au vendredi de 8 h 30 à 19 h 30, ou auprès d'un délégué près de chez vous via defenseurdesdroits.fr.

Questions fréquentes

Existe-t-il un tarif national de cantine au quotient familial ?

Non, et c'est la réponse la plus utile de cette page. Les tarifs de la restauration scolaire sont fixés par la collectivité qui a la charge du service : la commune ou l'intercommunalité pour la maternelle et l'élémentaire, le département pour le collège, la Région pour le lycée (article R531-52 du code de l'éducation). Il existe donc autant de grilles que de collectivités. Le seul élément national est l'aide de l'État aux communes rurales conventionnées, dite « cantine à 1 € » : elle fixe un seuil de quotient familial Caf de 1 000 € et un tarif plafond d'1 €, mais seulement là où la commune a signé la convention. Votre tarif se lit dans la délibération de votre collectivité, et nulle part ailleurs.

Ma commune peut-elle encore entrer dans la « cantine à 1 € » ?

Non. Les adhésions au dispositif sont closes depuis le 26 juillet 2025 : l'État n'accepte plus de nouvelle collectivité. Les conventions des collectivités déjà engagées peuvent être renouvelées jusqu'au 31 décembre 2027. Une commune qui n'avait pas signé ne peut donc plus toucher les 3 € par repas — 4 € avec le bonus EGalim — même si elle en remplit les conditions. Elle reste en revanche libre d'adopter une grille au quotient familial sur ses propres deniers : c'est un choix municipal, pas une obligation, et c'est la question à poser au service scolaire ou en conseil municipal.

Mon quotient familial Caf est inférieur à 1 000 € : la mairie doit-elle me facturer 1 € ?

Seulement si votre commune est conventionnée au titre de la tarification sociale des cantines. Dans ce cadre, la collectivité s'engage sur une grille d'au moins trois tranches, dont au moins une inférieure ou égale à 1 € et une supérieure à 1 €, la tranche basse revenant aux familles dont le quotient familial Caf ne dépasse pas 1 000 €. Hors de ce cadre, le seuil de 1 000 € n'a aucune portée : la commune fixe librement ses tranches et peut retenir son propre mode de calcul du quotient. Demandez par écrit quel quotient est retenu et sur quelle pièce : c'est là que l'écart s'explique le plus souvent.

Mes revenus ont baissé : puis-je changer de tranche en cours d'année ?

Cela dépend du règlement du service de restauration, qui est le document de référence. Certaines collectivités prévoient une révision de la tranche en cours d'année, sur demande et à des conditions qu'elles fixent ; d'autres ne recalculent qu'à l'inscription annuelle. Lisez cette ligne avant tout, puis écrivez au service scolaire dès le changement de situation, avec votre attestation de quotient familial à jour, et gardez la preuve d'envoi : c'est elle qui datera votre demande. N'attendez pas d'avoir toutes les pièces pour envoyer le premier message.

Peut-on exclure mon enfant de la cantine à cause d'impayés ?

Quand le service existe, l'inscription à la cantine des écoles primaires est un droit pour tous les enfants scolarisés, et « il ne peut être établi aucune discrimination selon leur situation ou celle de leur famille » (article L131-13 du code de l'éducation). Le Défenseur des droits rappelle que les impayés doivent uniquement faire l'objet de procédures entre la collectivité et les parents, sans impact sur les enfants ; il appelle à ne pas recourir aux exclusions et à bannir la pratique consistant à servir un repas différent aux enfants dont la famille doit de l'argent. La collectivité peut, elle, émettre un titre de recettes et poursuivre le recouvrement. Si une exclusion vous est annoncée, demandez la décision par écrit et motivée, puis saisissez gratuitement le Défenseur des droits au 09 69 39 00 00 (coût d'un appel local).

Au collège et au lycée, qui fixe le prix de la demi-pension ?

Le conseil départemental pour le collège, le conseil régional pour le lycée : ces collectivités assurent l'accueil, la restauration et l'hébergement des élèves (articles L213-2 et L214-6 du code de l'éducation). Le tarif est souvent modulé, selon des règles propres à chaque département ou Région. Deux ressources s'y ajoutent, à ne pas confondre avec le tarif : la bourse nationale — si l'élève est demi-pensionnaire, les frais de demi-pension sont déduits du montant de la bourse et l'établissement verse le solde — et le fonds social pour les cantines, qui peut couvrir tout ou partie des frais de demi-pension ; son dossier se retire au secrétariat et il n'est pas nécessaire d'être boursier.

Page vérifiée le 30 juillet 2026 auprès des sources officielles. Les barèmes et les délais des prestations sociales évoluent : en cas de divergence, les sources officielles prévalent.

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