Retraite progressive : à partir de quel âge, quelle fraction de pension, et que faire si l'employeur refuse

Vous cherchez deux chiffres et une date : l'âge à partir duquel vous pouvez lever le pied, ce qui vous sera versé si vous passez à temps partiel, et le délai dont dispose votre employeur pour répondre. Cette page donne les trois, puis le point que les fiches officielles traitent le plus mal — le refus de l'employeur, son seul motif recevable et ce qu'il doit désormais démontrer depuis le 26 octobre 2025, et ce qui se passe quand il ne répond pas.

Mis à jour le

La retraite progressive est ouverte dès 60 ans depuis le 1er septembre 2025, quelle que soit votre année de naissance. Il faut réunir 150 trimestres tous régimes de base confondus et travailler entre 40 % et 80 % d'un temps complet (50 % à 90 % dans la fonction publique). La fraction de pension versée est égale à 100 % moins votre quotité travaillée : à 60 %, vous percevez 40 % de votre retraite provisoire, base et complémentaire. Votre employeur dispose de deux mois pour répondre par écrit et motiver un refus ; sans réponse, son accord est acquis. L'Assurance retraite répond au 3960 (service gratuit + prix appel).

Rien ici ne relève de l'urgence, mais deux choses ne se rattrapent pas. La première : l'avenant se signe presque toujours avant que la caisse ait chiffré votre retraite provisoire. Passer à temps partiel, c'est accepter une baisse de revenu que la fraction de pension ne compense pas entièrement : faites le calcul et demandez l'estimation chiffrée au 3960 (service gratuit + prix appel) avant de signer, pas après. La seconde : le délai de deux mois de l'employeur ne court qu'à partir d'une réception prouvée. Sans avis de réception, il n'y a pas de point de départ, donc pas d'accord tacite opposable.

Vérifiez aussi ce que cette baisse de revenu ouvre par ailleurs : les aides au logement et la complémentaire santé solidaire se calculent sur vos ressources, et le simulateur public et gratuit de mesdroitssociaux.gouv.fr donne une première idée en quelques minutes. Enfin, si un message ou un appel propose de débloquer ou d'accélérer un dossier de retraite contre paiement, c'est une escroquerie : aucune démarche de retraite ne s'achète, et l'Assurance retraite ne réclame jamais vos coordonnées bancaires par message.

Tout se règle gratuitement : au 3960 (service gratuit + prix appel) et dans votre espace personnel pour la pension, au 3939 (gratuit depuis la France métropolitaine, coût de l'appel selon opérateur) pour le droit du travail. Si vous voulez en plus qu'on relise avec vous un courrier de refus ou qu'on refasse le calcul de la fraction, une ligne d'information privée existe au 3242 (3 € par appel + prix d'un appel) : elle n'est jamais nécessaire, et un appel n'ouvre ni n'accélère aucun droit. Ce site est édité par une société privée : il n'est ni l'Assurance retraite, ni une administration, et il ne remplace pas un professionnel du droit.

Que faire, dans l'ordre

Deux calendriers avancent en parallèle, et ils ne commencent pas le même jour : celui de votre employeur, qui décide du temps partiel, et celui de votre caisse, qui décide de la fraction de pension. Les fiches officielles donnent les deux délais séparément ; c'est leur articulation qui commande la date à laquelle vous devez vous y mettre.

  1. Vérifiez les trois conditions avant toute démarche. Avoir 60 ans à la date d'effet souhaitée, justifier d'au moins 150 trimestres dans un ou plusieurs régimes obligatoires de base, et exercer une activité à temps partiel ou réduit. Les 150 trimestres sont une durée d'assurance et de périodes reconnues équivalentes (article R. 161-19-5 du code de la sécurité sociale) : y entrent les trimestres cotisés, mais aussi les périodes assimilées (chômage indemnisé, maladie, maternité, service national), les périodes validées par d'autres régimes de base et les trimestres de majoration de durée d'assurance, notamment pour enfants. Votre relevé de carrière, gratuit sur info-retraite.fr, donne le compte exact : à un trimestre près, la demande est rejetée.
  2. Choisissez la quotité en sachant qu'elle décide du montant. Pour un salarié, la durée de travail doit rester comprise entre 40 % et 80 % de la durée légale ou conventionnelle applicable dans l'entreprise. Dans la fonction publique, la fourchette est différente : 50 % à 90 %. La fraction de pension étant l'exact complément de la quotité travaillée, choisir 80 % de travail, c'est choisir 20 % de pension : le calcul se fait avant la lettre à l'employeur, pas après.
  3. Écrivez à votre employeur en recommandé, au moins deux mois avant la date voulue. L'article D. 3123-1-1 du code du travail impose la forme : la demande est adressée par lettre recommandée avec avis de réception, elle précise la durée de travail souhaitée et la date d'effet envisagée, et elle part deux mois au moins avant cette date. L'employeur répond lui aussi par lettre recommandée. Conservez l'avis de réception : c'est lui qui fait courir le délai de deux mois, et la seule preuve dont vous disposerez si l'employeur soutient plus tard n'avoir rien reçu.
  4. Comptez les deux mois, et sachez ce qui vaut réponse. L'article L. 3123-4-1 du code du travail est net : « A défaut de réponse écrite et motivée dans un délai de deux mois à compter de la réception de la demande, l'accord de l'employeur est réputé acquis. » Deux mots comptent : écrite et motivée. Un refus oral, ou un courriel qui dit non sans dire pourquoi, ne remplit pas la condition : si le délai s'écoule ainsi, votre accord existe et vous pouvez déposer votre dossier de retraite.
  5. Si un refus motivé arrive, lisez-le avec la loi du 24 octobre 2025 à côté. Le seul motif recevable est l'incompatibilité de la durée de travail demandée avec l'activité économique de l'entreprise. Et depuis la loi no 2025-989 du 24 octobre 2025, en vigueur le 26 octobre 2025, la justification « rend notamment compte des conséquences de la réduction de la durée de travail sollicitée sur la continuité de l'activité de l'entreprise ou du service ainsi que, si elles impliquent un recrutement, des difficultés pour y procéder sur le poste concerné ». Autrement dit : un refus doit désormais s'expliquer sur votre poste, pas sur un principe général. Demandez par écrit les éléments qui le fondent, et gardez l'échange.
  6. Déposez la demande de retraite progressive dans la fenêtre des cinq mois qui précèdent la date d'effet. Les fiches service-public F12842 et F37400 emploient la même formule : la demande se fait « au plus tôt 5 mois avant la date souhaitée », et l'Assurance retraite indique de la faire cinq mois avant le point de départ souhaité — ni beaucoup plus tôt, ni plus tard. Elle passe par le service en ligne « Demander ma retraite progressive », dans votre espace personnel sur lassuranceretraite.fr ou info-retraite.fr : une seule demande vaut pour tous vos régimes de base, et l'Agirc-Arrco suit le même dossier. Le formulaire papier existe aussi (demande de retraite progressive, et attestation d'employeur cerfa no 13362*02). Dans la fonction publique, le délai est le même — cinq mois — auprès du Service des retraites de l'État ou de la CNRACL. Le point de départ est fixé au premier jour d'un mois.
  7. Rassemblez les pièces, elles sont limitativement listées. L'article R. 161-19-7 du code de la sécurité sociale demande au salarié son ou ses contrats de travail à temps partiel ou réduit, une attestation de son employeur indiquant la durée de travail à temps complet applicable dans l'entreprise (ou la durée maximale exprimée en jours), ses bulletins de paie des douze mois précédant la demande et une déclaration sur l'honneur de non-exercice d'une autre activité ; l'indépendant fournit ses déclarations fiscales des cinq années précédentes. Demandez l'attestation avec votre lettre de temps partiel, pas au moment du dépôt.
  8. Négociez la surcotisation dans le même échange. Vous pouvez continuer à cotiser à l'assurance vieillesse sur la base d'un salaire à temps complet, ce qui évite que les années à temps partiel ne pèsent sur votre pension définitive. Cela suppose un accord écrit avec votre employeur (article L. 241-3-1 du code de la sécurité sociale), qu'il est en droit de refuser puisqu'il en supporte la part patronale supplémentaire — supplément qu'il ne peut pas vous répercuter. Une fois l'avenant signé, la discussion est très difficile à rouvrir.
  9. Répondez au questionnaire de contrôle, et signalez tout changement de quotité. Votre caisse vous adresse périodiquement un questionnaire par lequel vous attestez que votre durée de travail respecte toujours la fourchette : une absence de réponse suspend le versement. L'article R. 161-19-10 vous oblige par ailleurs à signaler la cessation de votre activité, l'exercice de toute autre activité professionnelle et toute modification de situation affectant le versement de la fraction — une quotité qui bouge, même à l'intérieur de la fourchette, entraîne une révision de la fraction.
  10. Demandez votre retraite définitive le moment venu : elle n'est pas automatique. Quand vous arrêtez le temps partiel, il faut déposer une nouvelle demande : l'article L. 161-22-1-7 prévoit que la fraction est remplacée par la pension complète à la demande de l'assuré. La pension est alors recalculée en intégrant les trimestres et les points acquis pendant la période, et elle ne peut pas être inférieure au montant entier qui avait servi de base à votre fraction, revalorisé. Ce passage est définitif dans l'autre sens aussi : une fois la retraite complète liquidée, la retraite progressive ne peut plus être demandée.

Tout se règle gratuitement : au 3960 (service gratuit + prix appel), dans votre espace personnel et, pour le droit du travail, au 3939. Si vous voulez en plus qu'on refasse avec vous le calcul de la fraction, qu'on relise le courrier de refus de votre employeur ou qu'on vous dise quelles questions poser avant d'appeler votre caisse, une ligne d'information privée est ouverte au 3242 (3 € par appel + prix d'un appel). Elle n'est jamais nécessaire, et un appel n'ouvre ni n'accélère aucun droit. Ce site est édité par une société privée : il n'est ni l'Assurance retraite, ni une administration.

Pourquoi c'est bloqué

Le premier tableau répond à la question du montant. La règle tient en une soustraction : fraction de pension = 100 % − quotité travaillée. Elle vaut pour la retraite de base et pour la complémentaire Agirc-Arrco, servies dans la même proportion. Elle ne vaut pas pour les indépendants, dont la fraction suit le taux de baisse de leurs revenus (voir le deuxième tableau).

Vous travaillezFraction de retraite verséeSur une base de 35 h par semaineExemple, pour une retraite provisoire de 1 400 € par mois
40 % — le minimum admis60 %14 h840 € de pension, plus le salaire de 14 h
50 %50 %17 h 30700 € de pension
60 %40 %21 h560 € de pension
70 %30 %24 h 30420 € de pension
80 % — le maximum admis20 %28 h280 € de pension
En dehors de la fourchette 40–80 %AucuneVersement suspendu au 1er jour du mois suivant

Les 1 400 € sont une illustration arithmétique, pas un montant promis : seule votre caisse peut chiffrer votre retraite provisoire. Et cette provisoire n'est pas votre retraite « à taux plein » estimée : faute de la durée d'assurance requise, elle est calculée avec un coefficient de minoration qui, aux termes de l'article R. 161-19-9 du code de la sécurité sociale, ne peut excéder 25 % du taux plein ; l'Agirc-Arrco applique ses propres coefficients. C'est la première source d'écart entre le montant calculé de tête et celui qui arrive sur le compte.

Selon votre statut : la quotité admise, l'interlocuteur, le délai

Votre situationDurée de travail ou baisse de revenu admiseÀ qui demander le temps partielOù déposer la demande de retraite
Salarié du privé à l'heure40 % à 80 % de la durée légale ou conventionnelleÀ l'employeur, en recommandé avec avis de réception, 2 mois au moins avantEspace personnel sur lassuranceretraite.fr, au plus tôt 5 mois avant
Salarié de plusieurs employeursLe total doit rester dans la fourchetteÀ chacun d'eux, séparémentIdem, une attestation par employeur
Fonctionnaire ou agent public50 % à 90 % — fourchette différenteÀ votre administration employeuseService des retraites de l'État ou CNRACL, au plus tôt 5 mois avant
Artisan, commerçant, professionnel libéralBaisse du revenu professionnel comprise entre 20 % et 60 % ; la fraction versée suit ce taux de baissePersonne : vous décidez seul de réduire votre activitéVotre caisse de base, avec vos déclarations fiscales des 5 dernières années

Conditions relevées le 9 septembre 2026 sur service-public.gouv.fr (fiches F12842 et F37400) et sur lassuranceretraite.fr ; seuils du décret no 2025-681 du 15 juillet 2025 et des articles R. 161-19-5 et suivants du code de la sécurité sociale. En forfait annuel en jours, la fourchette correspond à 87,2 à 174,4 jours pour un forfait de 218. Pour un indépendant, l'Assurance retraite verse provisoirement 50 % de la retraite complète pendant les 18 premiers mois, puis ajuste le montant chaque 1er juillet au vu des revenus déclarés.

Ce qui bloque, ce que ça produit, et ce qui se fait

Votre situationCe qui se passeQuoi faire
Votre employeur n'a pas répondu au bout de deux moisSon accord est réputé acquis de plein droit : il n'y a rien à obtenir de plusConstatez-le par écrit, en rappelant la date de l'avis de réception et l'article L. 3123-4-1, et demandez l'avenant au contrat ainsi que l'attestation employeur
Le refus est motivé, mais par un principe général (« pas de temps partiel dans le service »)Depuis le 26 octobre 2025, la motivation doit rendre compte des conséquences pour la continuité de l'activité et, si un recrutement est impliqué, des difficultés à recruter sur le poste concernéDemandez ces éléments par écrit. Saisissez les représentants du personnel, puis l'inspection du travail. En dernier ressort, le conseil de prud'hommes
Il vous manque quelques trimestresÀ 149 trimestres, la demande est rejetée : le seuil de 150 ne se module pasFaites régulariser les périodes manquantes de votre relevé de carrière avant de redéposer
Vous avez 60 ans mais pas la durée d'assurance du taux pleinLa retraite provisoire est minorée, dans la limite de 25 % : la fraction versée est plus basse que le calcul fait de têteDemandez à votre caisse une estimation chiffrée de la retraite provisoire avant de signer l'avenant
Votre contrat à temps partiel s'arrête (fin de CDD, licenciement)La condition d'activité tombe : le versement de la fraction est suspendu au 1er jour du mois suivantPrévenez votre caisse sans attendre, et demandez à France Travail au 3949 (service gratuit + prix appel) comment une allocation serait calculée dans votre cas
Vous n'avez pas renvoyé le questionnaire de contrôleLe versement est suspendu, alors que rien n'a changé dans votre situationRenvoyez l'attestation : le service reprend au 1er jour du mois suivant celui où les conditions sont de nouveau justifiées
Un message propose d'accélérer le dossier contre paiementC'est une escroquerie : aucune démarche de retraite ne s'achèteNe répondez pas, vérifiez au 3960 (service gratuit + prix appel)

Délais à ne pas laisser passer

Tout ce qui coince tient dans une poignée de durées, du plus court au plus long.

  • 2 mois au moins avant la date souhaitée — le délai pour adresser à votre employeur la demande de temps partiel, par lettre recommandée avec avis de réception (article D. 3123-1-1 du code du travail).
  • 2 mois de réponse — le délai de l'employeur, à compter de la réception de la demande. À défaut de réponse écrite et motivée, son accord est réputé acquis (article L. 3123-4-1 du code du travail).
  • Au plus tôt 5 mois avant la date d'effet — la fenêtre de dépôt de la demande de retraite progressive, pour le salarié comme pour l'agent public (fiches service-public F12842 et F37400). L'Assurance retraite indique de la déposer cinq mois avant le point de départ souhaité.
  • Environ 5 à 7 mois de préparation — aucun texte ne donne de délai global : c'est nous qui faisons l'addition, parce qu'aucune fiche ne la fait à votre place. Il faut l'accord de l'employeur et son attestation avant de déposer le dossier de retraite, cet accord peut prendre deux mois, et le dossier ne s'ouvre pas plus de cinq mois avant la date d'effet. Pour un temps partiel au 1er janvier, la lettre recommandée part donc vers juin et le dossier de retraite se dépose au début du mois d'août, pas en novembre.
  • 1er jour du mois suivant — la date à laquelle la fraction est suspendue dès lors que les conditions ne sont plus remplies (article R. 161-19-11 du code de la sécurité sociale), et celle à laquelle le service reprend une fois les justificatifs fournis.
  • 12 mois — la durée sur laquelle la caisse procède au remboursement ou au recouvrement d'un trop-perçu après une suspension ou une révision, ou sur une période plus courte à votre demande (même article R. 161-19-11). Le questionnaire de contrôle, lui, arrive « régulièrement » : aucune source officielle n'en fixe la périodicité.
  • 2 mois — le délai pour contester une décision de votre caisse devant sa commission de recours amiable, à compter de la notification écrite. Son silence pendant 2 mois vaut rejet ; vous avez ensuite 2 mois pour saisir le pôle social du tribunal judiciaire, à l'adresse indiquée sur la décision.
  • 2 ans — le délai pour agir devant le conseil de prud'hommes sur l'exécution du contrat de travail, à compter du jour où vous avez connu ou auriez dû connaître les faits (article L. 1471-1 du code du travail). C'est ce délai qui encadre une contestation du refus de temps partiel.

Ce que les fiches officielles ne disent pas sur la retraite progressive

Les sources officielles décrivent bien le dispositif : l'âge, les 150 trimestres, la fourchette 40–80 %. Ce qu'elles n'expliquent pas, ce sont les mécanismes qui font les mauvaises surprises. Ils tiennent en deux points : le montant réellement versé, et la relation avec l'employeur.

  • La fraction ne porte pas sur la retraite que vous imaginez. Elle porte sur une retraite provisoire, calculée avec vos droits d'aujourd'hui. À 60 ans, la plupart des assurés n'ont pas la durée d'assurance du taux plein : la provisoire est alors minorée, dans la limite de 25 % du taux plein, et la complémentaire l'est aussi selon ses propres règles. Calculer 40 % d'une estimation faite à 64 ans donne un chiffre systématiquement trop élevé. Demandez l'estimation chiffrée de la provisoire : la demande est précise, et votre caisse sait y répondre.
  • Un refus non motivé n'est pas un refus, et le silence est un accord qu'il faut pouvoir dater. Le texte exige une réponse « écrite et motivée » : beaucoup de refus arrivent en deux lignes de courriel, sans motif, et n'interrompent pas le délai de deux mois. Ce délai court à compter de la réception de la demande — sans avis de réception, pas de point de départ, donc pas d'accord opposable. Le recommandé n'est pas une précaution de style, c'est la forme imposée par le code du travail et une pièce du dossier.
  • Depuis le 26 octobre 2025, le motif ne peut plus être général. La justification doit rendre compte des conséquences de la réduction demandée sur la continuité de l'activité de l'entreprise ou du service, et des difficultés à recruter sur le poste concerné si un recrutement est impliqué. Un refus qui n'évoque ni votre poste ni l'organisation du service ne répond pas à cette exigence — et la plupart des pages en ligne, écrites avant cette date, l'ignorent encore.
  • Le versement peut s'arrêter sans qu'aucun droit n'ait changé. Votre caisse envoie régulièrement un questionnaire de contrôle par lequel vous attestez de votre durée de travail. Une absence de réponse, ou une réponse tardive, suspend la fraction. Le courrier arrive parfois pendant l'été et le versement s'arrête à l'automne : cela se rattrape, mais cela coûte des semaines.
  • Suspension et suppression ne sont pas la même chose. Sortir de la fourchette 40–80 % suspend la fraction, et le versement reprend quand les conditions sont de nouveau remplies. En revanche, reprendre une activité à temps complet — ou voir votre revenu à temps partiel rejoindre votre ancien salaire — met fin définitivement à la retraite progressive (article L. 161-22-1-8). Et une fois la retraite complète liquidée, un nouveau bénéfice ne peut plus être demandé (article L. 161-22-1-7). La différence entre ces deux gestes n'est presque jamais expliquée, et le second ne se rattrape pas.
  • Le temps partiel touche votre indemnité de départ, mais pas votre ancienneté. L'article L. 3123-5 du code du travail prévoit que l'indemnité de licenciement et l'indemnité de départ à la retraite sont calculées proportionnellement aux périodes d'emploi accomplies à temps complet et à temps partiel : trois ans à 60 % pèsent donc sur le calcul. En revanche, l'ancienneté est décomptée comme si vous aviez été occupé à temps complet, les périodes non travaillées étant prises en compte en totalité. Deux règles opposées dans le même article, et c'est la première que l'on découvre trop tard.
  • Le dispositif tient à un contrat, et un contrat peut s'arrêter. Un licenciement ou une fin de CDD fait tomber la condition d'activité et suspend le versement ; un dépassement régulier de 80 % par des heures complémentaires produit le même effet. Ce qui suit — allocation chômage, reprise, liquidation définitive — dépend de trop de paramètres pour se traiter sur une page : appelez France Travail au 3949 (service gratuit + prix appel) et votre caisse au 3960 (service gratuit + prix appel) avant de signer une rupture conventionnelle, pas après.

Vérifications faites le 9 septembre 2026 sur legifrance.gouv.fr (articles L. 161-22-1-5 à L. 161-22-1-9 et R. 161-19-5 à R. 161-19-11 du code de la sécurité sociale ; articles L. 3123-4-1, D. 3123-1-1, L. 3123-5 et L. 1471-1 du code du travail, version en vigueur depuis le 26 octobre 2025), sur service-public.gouv.fr et sur lassuranceretraite.fr. Nous ne publions aucun montant de pension : il dépend de votre carrière, et seule votre caisse peut le chiffrer. Selon les données publiées par la Cnav en juillet 2026, la retraite progressive comptait 66 816 bénéficiaires au régime général au 30 juin 2026, contre 34 798 un an plus tôt : le passage à 60 ans a presque doublé le nombre de dossiers en douze mois.

L'organisme est joignable gratuitement

Toute la démarche est gratuite, du début à la fin : la demande, l'estimation de votre retraite provisoire, le relevé de carrière, le recours. Aucun organisme ne demande de paiement ni de coordonnées bancaires pour « débloquer » un dossier de retraite.

  • Assurance retraite : 3960, que l'organisme qualifie officiellement de « service gratuit + prix appel », du lundi au vendredi de 8 h à 17 h (depuis l'étranger : 09 71 10 39 60). C'est le canal pour faire chiffrer votre retraite provisoire, suivre votre dossier et signaler un changement de quotité. Voir aussi joindre la CARSAT.
  • lassuranceretraite.fr et info-retraite.fr — votre espace personnel donne le relevé de carrière, le compte de trimestres et le service « Demander ma retraite progressive », qui vaut pour tous vos régimes de base. C'est là, et pas ailleurs, que se vérifie la condition des 150 trimestres.
  • service-public.gouv.fr — les fiches « Retraite progressive du salarié » (F12842) et « de l'agent public » (F37400) : elles font foi sur les conditions et les délais.
  • Un rendez-vous gratuit avec un conseiller retraite se prend depuis votre espace personnel ou au 3960. C'est le seul endroit où l'on chiffrera votre retraite provisoire, celle sur laquelle la fraction sera calculée : demandez-le avant de signer l'avenant. Votre caisse complémentaire (Agirc-Arrco dans le privé) verse sa propre fraction, dans la même proportion mais avec ses propres coefficients de minoration : c'est à elle qu'il faut poser la question du montant complémentaire.
  • Côté employeur : l'inspection du travail de votre département, saisissable gratuitement, et les représentants du personnel de votre entreprise. Pour un conseil juridique gratuit avant d'aller plus loin, les points-justice et les consultations d'avocat gratuites en mairie : voir aide à l'accès au droit et aide juridictionnelle. Le Défenseur des droits (09 69 39 00 00, coût d'un appel local) peut, lui, intervenir dans vos relations avec un organisme de sécurité sociale.
  • 3939 Allô Service Public, gratuit depuis la France métropolitaine (coût de l'appel selon opérateur), pour une question de droit du travail — passage à temps partiel, avenant, refus de l'employeur. Les questions de pension, elles, relèvent du 3960. Et France services pour un accompagnement gratuit sur place : voir joindre France services.
  • mesdroitssociaux.gouv.fr — le simulateur public et gratuit, utile pour voir ce qu'une baisse de revenus ouvre par ailleurs. Voir aussi à quelles aides ai-je droit.

Questions fréquentes

À partir de quel âge peut-on demander la retraite progressive, et avec combien de trimestres ?

Depuis le 1er septembre 2025, l'âge d'ouverture est fixé à 60 ans, quelle que soit votre année de naissance (décret no 2025-681 du 15 juillet 2025). Il faut en outre réunir 150 trimestres de durée d'assurance et de périodes reconnues équivalentes, tous régimes obligatoires de base confondus, et exercer une activité à temps partiel ou réduit. Les trimestres cotisés, les périodes assimilées et les majorations de durée d'assurance, notamment pour enfants, comptent dans ce total. Le compte exact figure sur votre relevé de carrière, gratuit dans votre espace personnel sur info-retraite.fr.

Combien vais-je toucher pendant la retraite progressive ?

La fraction versée est égale à 100 % moins votre quotité de travail : à 60 % de temps de travail, vous percevez 40 % de votre retraite provisoire, base et complémentaire dans la même proportion. Attention à la base de calcul : cette retraite provisoire n'est pas votre retraite estimée à taux plein. Si vous n'avez pas la durée d'assurance requise, un coefficient de minoration s'applique, dans la limite de 25 % du taux plein (article R. 161-19-9 du code de la sécurité sociale), et l'Agirc-Arrco applique ses propres coefficients. Pour un travailleur indépendant, la logique est différente : la fraction suit le taux de baisse du revenu professionnel, qui doit être compris entre 20 % et 60 %. Nous ne publions aucun montant : seule votre caisse peut chiffrer votre cas, gratuitement, au 3960 (service gratuit + prix appel).

Mon employeur peut-il refuser mon passage à temps partiel ?

Il ne peut opposer qu'un seul motif : l'incompatibilité de la durée de travail demandée avec l'activité économique de l'entreprise. Et depuis la loi no 2025-989 du 24 octobre 2025, en vigueur le 26 octobre 2025, sa justification doit rendre compte des conséquences de la réduction sur la continuité de l'activité de l'entreprise ou du service et, si un recrutement est impliqué, des difficultés à recruter sur le poste concerné. Surtout : à défaut de réponse écrite et motivée dans les deux mois suivant la réception de votre demande, son accord est réputé acquis (article L. 3123-4-1 du code du travail). Un refus oral ou un courriel sans motif ne vaut pas réponse.

Quand faut-il envoyer la lettre à l'employeur et déposer le dossier de retraite ?

Deux calendriers distincts. La demande de temps partiel s'adresse à l'employeur par lettre recommandée avec avis de réception, deux mois au moins avant la date d'effet envisagée (article D. 3123-1-1 du code du travail), en précisant la durée souhaitée et cette date. La demande de retraite progressive, elle, se dépose « au plus tôt 5 mois avant la date souhaitée » selon les fiches service-public F12842 et F37400, salarié comme agent public ; l'Assurance retraite indique de la faire cinq mois avant le point de départ. Comme l'attestation de l'employeur fait partie des pièces exigées, mieux vaut envoyer le recommandé environ cinq à sept mois avant la date voulue.

Que se passe-t-il si je repasse à temps plein, ou si mon contrat s'arrête ?

Les deux situations n'ont pas le même effet. Sortir de la fourchette 40–80 %, ou perdre votre activité (fin de CDD, licenciement), suspend le versement au 1er jour du mois suivant, et le service reprend au 1er jour du mois suivant celui où les conditions sont de nouveau remplies (article R. 161-19-11 du code de la sécurité sociale). En revanche, reprendre une activité à temps complet, ou voir votre revenu à temps partiel rejoindre votre ancien salaire, met fin définitivement à la retraite progressive (article L. 161-22-1-8). Et une fois la retraite complète liquidée, elle ne peut plus être demandée à nouveau (article L. 161-22-1-7).

La démarche coûte-t-elle quelque chose ?

Non. La demande, le relevé de carrière, l'estimation de votre retraite provisoire, le rendez-vous avec un conseiller retraite et le recours devant la commission de recours amiable sont gratuits. L'Assurance retraite répond au 3960 (service gratuit + prix appel), du lundi au vendredi de 8 h à 17 h, et le 3939 Allô Service Public traite les questions de droit du travail, gratuit depuis la France métropolitaine (coût de l'appel selon opérateur). Aucun organisme public ne demande de paiement pour « débloquer » un dossier. Ce site propose par ailleurs une ligne d'information privée et payante au 3242 (3 € par appel + prix d'un appel), qui n'est jamais nécessaire et n'ouvre ni n'accélère aucun droit.

Page vérifiée le 30 juillet 2026 auprès des sources officielles. Les barèmes et les délais des prestations sociales évoluent : en cas de divergence, les sources officielles prévalent.

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