Retraite anticipée pour carrière longue : à quel âge vous pouvez partir selon votre année de naissance
Vous cherchez une date et un nombre : l'âge auquel vous pouvez partir, et les trimestres qu'il vous faut pour y avoir droit. Un décret publié au Journal officiel le 8 mai 2026 a modifié l'un ou l'autre selon la génération, de 1964 à 1970 — pour une seule des quatre portes d'entrée du dispositif, celle du début d'activité avant 20 ans, et seulement pour les retraites prenant effet à compter du 1er septembre 2026. Cette page donne le tableau génération par génération, puis ce qui fait réellement échouer les dossiers. monportailsocial.fr est un service privé et indépendant d'information, sans lien avec l'Assurance retraite, la Cnav, les Carsat ni aucune administration.
Mis à jour le
Si vous avez commencé à travailler avant 20 ans, le décret no 2026-345 du 7 mai 2026 avance votre départ de trois mois : né en 1966, vous partez à 60 ans et 9 mois au lieu de 61 ans, avec 172 trimestres cotisés ; né en 1970, à 61 ans et 9 mois au lieu de 62 ans. Cet abaissement ne vaut que pour les retraites prenant effet à compter du 1er septembre 2026. Les trois autres bornes — 16, 18 et 21 ans, soit 58, 60 et 63 ans — ne changent pas. L'Assurance retraite répond au 3960 (service gratuit + prix de l'appel).
Beaucoup de carrières longues s'arrêtent avant la date de départ : licenciement à 59 ans, usure, arrêt qui n'en finit pas. Ne restez pas sans rien demander. France Travail, au 3949 (service gratuit + prix d'un appel), est l'interlocuteur pour savoir si vos allocations peuvent être maintenues jusqu'à votre retraite : le dispositif existe, il est soumis à des conditions d'âge et d'affiliation, et il ne se déclenche pas seul — il se demande. Attention au sens inverse : une fois la retraite anticipée pour carrière longue attribuée, l'allocation cesse d'être versée, et France Travail doit en être informé. Voir aussi allocations chômage.
Si votre santé ne vous permet pas de tenir jusqu'à la date ouverte, deux voies distinctes de la carrière longue existent : la pension d'invalidité, auprès de votre caisse d'assurance maladie au 3646 (service gratuit + prix d'un appel), et la retraite pour inaptitude au travail, auprès de l'Assurance retraite au 3960 (service gratuit + prix de l'appel). Pour une dette de loyer, d'électricité, de gaz ou d'eau, demandez le fonds de solidarité pour le logement de votre département, et faites-le monter par un travailleur social ; le CCAS de votre mairie peut examiner une aide d'urgence. Les conditions et les montants de ces deux aides sont fixés localement : ils diffèrent d'un département et d'une commune à l'autre, et aucun barème national n'existe. Si vos ressources ont chuté, vérifiez vos droits au RSA et à l'aide au logement.
Enfin, une fin de carrière qui se dérobe pèse lourd, et cela n'a rien d'anormal. Si vous n'y arrivez plus, le 3114 est gratuit, confidentiel et ouvert 24 h/24 : c'est le numéro national de prévention du suicide. Si vous n'avez plus de solution pour la nuit, le 115 répond gratuitement, 24 h/24. Et parlez-en à votre médecin traitant : c'est lui qui peut ouvrir la voie d'un arrêt, d'un mi-temps thérapeutique ou d'une reconnaissance d'inaptitude.
Que faire, dans l'ordre
Trouvez votre borne : 16, 18, 20 ou 21 ans. Elle ne dépend pas de la date de votre premier contrat, mais du nombre de trimestres validés avant la fin de l'année civile de votre anniversaire. Il faut 5 trimestres avant la fin de l'année de vos 16, 18, 20 ou 21 ans, et 4 seulement si vous êtes né au cours du dernier trimestre de l'année — octobre, novembre ou décembre. Quatre suffisent aussi, au titre de ce régime, si la carrière a débuté au régime des non-salariés agricoles. Un trimestre manquant sur cette seule année ferme la borne, quel que soit le reste de la carrière : un apprentissage signé en septembre à 17 ans ne valide souvent qu'un ou deux trimestres.
Ouvrez votre relevé de carrière et lisez d'abord vos années de jeunesse. Le relevé est gratuit dans votre espace personnel sur lassuranceretraite.fr, et il regroupe tous vos régimes sur info-retraite.fr. Ce sont les années d'apprentissage, de stages rémunérés, de jobs d'été et de travail saisonnier qui manquent le plus souvent : employeurs disparus, salaires trop faibles pour valider, périodes déclarées sous un autre nom.
Comptez la durée cotisée, pas la durée totale. La carrière longue ne regarde pas votre durée d'assurance tous régimes, mais la durée réellement cotisée, à laquelle s'ajoutent certaines périodes dites « réputées cotisées », chacune dans une limite précise (tableau ci-dessous). Un relevé qui affiche 172 trimestres validés peut en compter beaucoup moins au sens de la carrière longue : c'est la confusion la plus fréquente, et elle se lève en distinguant sur le relevé les trimestres cotisés des trimestres assimilés.
Ajoutez les deux trimestres pour enfants, applicables depuis le 1er septembre 2026. Le décret no 2026-700 du 29 juillet 2026 rend réputées cotisées les majorations de durée d'assurance et bonifications attribuées au titre des enfants — maternité, adoption, éducation, congé parental —, dans la limite de 2 trimestres sur l'ensemble de la carrière. Elles augmentent la durée cotisée, mais ne remplissent pas la condition de début d'activité. Les majorations pour enfant que le texte ne cite pas ne sont pas retenues : faites confirmer votre cas par votre caisse.
Croisez âge et trimestres : les deux conditions sont cumulatives. Atteindre l'âge de votre borne ne suffit pas si la durée cotisée n'est pas réunie, et réunir la durée ne permet pas de partir avant l'âge. Si l'une des deux manque, votre départ est repoussé au moment où elle sera atteinte, pas refusé.
Regardez la date d'effet de votre pension, pas la date de votre demande. Le décret ne s'applique qu'aux retraites prenant effet à compter du 1er septembre 2026. Une pension prend toujours effet le premier jour d'un mois, choisi par vous, et elle ne peut être fixée ni avant le dépôt de la demande, ni avant la date où les conditions sont remplies. C'est ce premier jour de mois, et lui seul, qui détermine les règles applicables : avant de fixer une date de fin de contrat avec votre employeur, faites-la vérifier.
Faites corriger ce qui manque, sans attendre l'approche du départ. La régularisation de carrière se demande dès 55 ans, gratuitement, par le service « Corriger ma carrière » de votre espace personnel. Réunissez ce que vous avez : bulletins de paie, certificats de travail, contrat d'apprentissage, attestations d'employeur, pièces militaires pour le service national. La caisse doit écrire aux employeurs et interroger les autres régimes ; aucun délai d'instruction n'est garanti par les textes, et c'est exactement pour cela que la demande se fait tôt.
Faites étudier vos droits, puis déposez la demande. Le service « Obtenir mon âge de départ à la retraite », dans votre espace personnel, indique si le départ anticipé vous est ouvert et à quelle date. À l'issue de cette étude préalable, une attestation de situation au regard des droits à retraite anticipée pour carrière longue peut être établie : elle est utile, mais elle n'est pas obligatoire et son absence n'empêche pas l'instruction. La retraite se demande ensuite en ligne, ou par le formulaire « demande unique de retraite pour carrière longue » ; le service en ligne « Demander ma retraite » s'ouvre cinq mois avant le point de départ. Ne cessez pas votre activité avant d'avoir la confirmation de votre situation par tous vos régimes, de base comme complémentaires.
Toutes ces démarches sont gratuites : relevé de carrière, régularisation, étude préalable, demande de retraite. Le 3960 n'est pas surtaxé (service gratuit + prix de l'appel). Si vous voulez faire le point avant d'engager quoi que ce soit — quelle borne vous concerne, quels trimestres comptent, à quelle date d'effet caler votre départ —, une aide par téléphone est disponible au 3242 (3 € par appel + prix d'un appel). C'est un service privé d'information, sans lien avec l'Assurance retraite, la Cnav, les Carsat ni aucune administration : il n'instruit aucun dossier, ne délivre aucune attestation et ne dépose aucune demande à votre place.
Pourquoi c'est bloqué
Le premier tableau donne les quatre portes d'entrée du dispositif et dit laquelle le décret de mai 2026 a modifiée. Le second détaille la seule borne qui bouge.
Les quatre bornes de début d'activité
Vous avez réuni vos premiers trimestres…
Âge de départ possible
Effet du décret du 7 mai 2026
avant la fin de l'année civile de vos 16 ans
58 ans
Rien. Cette borne figure dans les tableaux applicables au 1er septembre 2026 pour les générations 1967 et suivantes.
avant la fin de l'année civile de vos 18 ans
60 ans
Rien. Elle y figure pour les générations 1966 et suivantes.
avant la fin de l'année civile de vos 20 ans
de 60 ans et 3 mois à 62 ans selon la génération
La seule borne modifiée : trois mois de moins pour 1966 à 1970, un mois de moins pour les naissances de décembre 1965, durée cotisée abaissée pour 1964 et 1965.
avant la fin de l'année civile de vos 21 ans
63 ans
Rien. Elle y figure pour les générations 1966 et suivantes.
Borne « avant 20 ans » : âge et trimestres, génération par génération
Les deux colonnes du milieu sont cumulatives : il faut l'âge et la durée cotisée. Valeurs applicables aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026. La dernière colonne rappelle ce qu'exigeait le tableau précédent, celui de la circulaire Cnav de juillet 2023.
Année de naissance
Âge de départ
Trimestres cotisés requis
Avant le décret
1964
60 ans et 6 mois
170
60 ans et 6 mois, 171 trimestres : l'âge ne bouge pas, la durée baisse d'un trimestre.
1965, naissances de janvier à mars
60 ans et 9 mois
170
60 ans et 9 mois, 172 trimestres : deux trimestres de moins, la plus forte baisse de durée du décret.
1965, naissances d'avril à novembre
60 ans et 9 mois
171
60 ans et 9 mois, 172 trimestres.
1965, naissances de décembre
60 ans et 8 mois
171
60 ans et 9 mois, 172 trimestres : un mois de moins sur l'âge, un trimestre de moins sur la durée.
1966
60 ans et 9 mois
172
61 ans, 172 trimestres : trois mois de moins.
1967
61 ans
172
61 ans et 3 mois : trois mois de moins.
1968
61 ans et 3 mois
172
61 ans et 6 mois : trois mois de moins.
1969
61 ans et 6 mois
172
61 ans et 9 mois : trois mois de moins.
1970
61 ans et 9 mois
172
62 ans : trois mois de moins.
1971 et après
62 ans
172
62 ans, 172 trimestres : rien ne change pour ces générations.
Sources du tableau, consultées le 9 septembre 2026 : décret no 2026-345 du 7 mai 2026, publié au Journal officiel du 8 mai — le texte que la presse appelle « le décret du 8 mai » —, pris pour l'application de l'article 105 de la loi no 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026 (Légifrance) ; circulaire Cnav no 2026-29 du 4 septembre 2026, annexes 2 et 3, qui annule et remplace la circulaire no 2026-17 du 12 juin 2026 — si vous lisez ailleurs une page qui cite encore la circulaire de juin, ses tableaux d'âge restent les mêmes, mais elle ignore les trimestres pour enfants ; circulaire Cnav no 2023-14 du 10 juillet 2023, annexe 3, pour la colonne « avant le décret » ; fiche F13845 de service-public.gouv.fr et page « J'ai une carrière longue » de lassuranceretraite.fr. Ce que ce tableau ne dit pas : il ne donne que votre âge minimum, pas votre date. Le relèvement de l'âge légal et l'allongement de la durée d'assurance prévus par la réforme de 2023 sont suspendus jusqu'en 2028 ; ce qui sera applicable ensuite n'est pas écrit dans les textes d'aujourd'hui.
Quels trimestres comptent dans la durée cotisée
C'est ici que la plupart des calculs faits à la maison se trompent. Aux trimestres cotisés par le travail s'ajoutent des périodes « réputées cotisées », chacune plafonnée ; le reste compte pour la retraite, mais pas pour la carrière longue.
Période
Ce qui entre dans la durée cotisée
À vérifier
Service national
4 trimestres au maximum sur l'ensemble de la carrière
Souvent absent du relevé : c'est l'un des trous les plus fréquents. Demandez la régularisation à votre caisse, pièces militaires à l'appui.
Maladie et accidents du travail (incapacité temporaire)
4 au maximum
Un arrêt long ne rapporte pas davantage que quatre trimestres. Les périodes validées au titre d'une rente d'accident du travail pour incapacité permanente d'au moins 66 % ne sont pas retenues.
Chômage indemnisé et activité partielle
4 au maximum
Le chômage non indemnisé ne compte pas ici, même s'il valide des trimestres. Règle particulière pour les périodes de chômage involontaire antérieures au 1er janvier 1980.
Pension d'invalidité
2 au maximum
La limite la plus basse : elle surprend les carrières interrompues par la maladie.
Maternité et adoption indemnisées
en totalité
À distinguer des majorations de durée d'assurance pour enfant, ligne suivante.
Assurance vieillesse des parents au foyer (AVPF) et des aidants
4 au maximum
Encore faut-il que l'affiliation ait été ouverte : elle ne se rattrape pas toujours.
Majorations de durée d'assurance et bonifications pour enfants : maternité, adoption, éducation, congé parental
2 au maximum sur l'ensemble de la carrière — pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026
Elles augmentent la durée cotisée, mais ne remplissent pas la condition de début d'activité. Les majorations pour enfant que le texte ne cite pas ne sont pas retenues.
Compte professionnel de prévention (pénibilité)
tous les trimestres accordés, sans limite propre à cette catégorie
Une même année civile n'apporte jamais plus de quatre trimestres cotisés ou réputés cotisés, tous régimes de base confondus : un an de chômage et un an de maladie la même année ne font pas huit trimestres. Quand plusieurs catégories tombent sur la même année, la caisse doit retenir la répartition la plus favorable, c'est-à-dire celle qui donne le plus de trimestres sur l'ensemble de la carrière — un point à réclamer si votre décompte semble bas. Ces limites sont celles de l'article D. 351-1-2 du code de la sécurité sociale, reprises par la circulaire Cnav no 2026-29 du 4 septembre 2026 et par la fiche F13845 de service-public.gouv.fr ; votre relevé de carrière fait foi pour votre cas, et lui seul.
Délais à ne pas laisser passer
Le tableau et les conditions, l'Assurance retraite les publie, et elle les publie bien. Ce qu'aucune fiche ne décrit, c'est ce qui se passe entre le relevé de carrière et la date de départ : les endroits où les dossiers de carrière longue se cassent sont toujours les mêmes, et ils sont tous à l'avant du dossier.
La condition de début d'activité se joue sur une seule année, celle dont il reste le moins de traces. Cinq trimestres avant la fin de l'année de vos 16, 18, 20 ou 21 ans ; quatre si vous êtes né au cours du dernier trimestre de l'année. Un dossier refusé pour un trimestre manquant cette année-là est souvent incomplet plutôt que faible. Cherchez ce qui n'y est pas : un contrat d'apprentissage, un stage rémunéré, une saison agricole, un emploi déclaré sous un autre nom, un employeur qui n'existe plus. Et retenez ceci, qui n'est écrit nulle part en évidence : naître en octobre, novembre ou décembre abaisse le seuil à quatre trimestres.
Le relevé de carrière n'est pas une décision : c'est un état des lieux, et il se corrige. La régularisation se demande dès 55 ans, depuis l'espace personnel, gratuitement, par le service « Corriger ma carrière », et rien n'oblige à attendre l'approche du départ. La caisse écrit aux employeurs, interroge les autres régimes, réclame des pièces : aucun délai d'instruction n'est garanti par les textes, et c'est la raison de s'y prendre tôt plutôt qu'à quelques semaines du départ espéré.
C'est la date d'effet qui décide, pas la date de la demande. Une pension prend effet le premier jour d'un mois, choisi par vous, et jamais avant le dépôt de la demande ni avant la date où les conditions sont remplies. Le décret du 7 mai 2026 ne vaut que pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026 : une pension prenant effet le 1er août 2026 relève des règles antérieures, et aucun texte ne prévoit son réexamen. C'est le point à traiter avant de signer quoi que ce soit avec un employeur : la date de fin de contrat et la date d'effet de la pension sont deux choses différentes, et seule la seconde décide.
Le décret ne rouvre pas les pensions déjà liquidées. Si votre retraite a pris effet avant le 1er septembre 2026, l'abaissement d'âge ne s'applique pas et les textes ne prévoient pas de rattrapage. Reste possible, en revanche, la révision de votre pension si le calcul comporte une erreur — trimestres oubliés, salaires manquants, année incomplète : c'est un autre motif, et il s'exerce auprès de votre caisse.
Les deux trimestres pour enfants ne servent pas à ce que l'on croit. Ils entrent dans la durée cotisée exigée pour ouvrir le droit, à hauteur de deux au maximum sur l'ensemble de la carrière, quel que soit le nombre d'enfants. Ils ne comblent pas la condition de début d'activité : un trimestre manquant à l'année de vos 20 ans ne se répare pas avec une majoration obtenue à 30 ans. Le texte qui les rend réputés cotisés — le décret no 2026-700 du 29 juillet 2026 — énumère limitativement les majorations concernées : celles qu'il ne cite pas ne comptent pas.
Un refus se conteste, et la première étape est gratuite — mais commencez par le faire détailler. Demandez d'abord par écrit ce que la caisse a retenu : la borne appliquée, les trimestres réunis avant la fin de l'année de référence, la durée cotisée totale et le détail des périodes réputées cotisées. L'écart est presque toujours à l'un de ces trois endroits : un trimestre de jeunesse absent, une limite de réputés cotisés appliquée à tort, ou une année civile créditée de plus de quatre trimestres. Saisissez ensuite la commission de recours amiable de votre caisse, dans deux mois à compter de la notification ; passé ce délai la demande n'est plus recevable, et deux mois de silence valent rejet. Vient enfin le pôle social du tribunal judiciaire, dans les deux mois suivant la décision ou le rejet implicite. La notification doit indiquer ces voies et ces délais : conservez-la. Un médiateur existe aussi auprès de votre caisse régionale, après une réclamation écrite ou une saisine de la commission.
Partir plus tôt et toucher plus ne sont pas la même question. La retraite anticipée pour carrière longue est obligatoirement calculée au taux plein de 50 % : aucune décote ne s'y applique. Mais le montant dépend aussi de votre durée d'assurance et des salaires portés à votre compte : partir dès la date ouverte, c'est aussi cesser d'en ajouter. Le seul chiffre qui vaut est votre estimation personnelle, comparée à plusieurs dates de départ. Et votre retraite complémentaire suit ses propres règles : son montant se vérifie auprès d'elle, pas au régime général.
Plusieurs régimes, une seule demande — mais pas un seul calcul. La demande unique vous évite de déposer partout ; elle n'harmonise pas les décisions. La condition s'apprécie tous régimes de base confondus, mais chaque régime liquide sa part. Quand une caisse dit oui et l'autre non, l'écart porte le plus souvent sur les trimestres de jeunesse : demandez à chacune le détail retenu, et rapprochez-les vous-même. Et ne cessez pas votre activité avant d'avoir la confirmation de tous vos régimes, de base comme complémentaires.
Ce que cette page ne peut pas vous donner : votre date. Elle dépend de votre relevé réel, ligne par ligne : deux personnes nées le même jour avec le même nombre de trimestres validés peuvent relever de deux bornes différentes. Le service « Obtenir mon âge de départ à la retraite » de votre espace sur lassuranceretraite.fr est le seul endroit où cette date se lit, et il est gratuit.
L'organisme est joignable gratuitement
Toutes les démarches décrites ici sont gratuites. Voici les interlocuteurs à solliciter, dans cet ordre :
L'Assurance retraite : 3960 (service gratuit + prix de l'appel), du lundi au vendredi de 8 h à 17 h. Depuis un mobile, une box ou l'étranger : 09 71 10 39 60. C'est le numéro du relevé de carrière, d'une régularisation, de votre âge de départ et de votre demande de retraite. Il n'est pas surtaxé.
Votre espace personnel sur lassuranceretraite.fr : relevé de carrière, service « Obtenir mon âge de départ à la retraite », « Corriger ma carrière » dès 55 ans, et « Demander ma retraite », qui s'ouvre cinq mois avant le point de départ. C'est le canal le plus rapide, et il garde une trace écrite de vos démarches.
info-retraite.fr, le portail commun à tous les régimes : relevé de carrière tous régimes, estimation, et demande de retraite en ligne.
Régime agricole : votre caisse de MSA, et non le 3960 — c'est elle qui valide les années accomplies au régime des non-salariés agricoles. Coordonnées sur msa.fr ; voir aussi joindre la MSA.
Salarié du privé : votre Carsat, caisse régionale de l'Assurance retraite, qui instruit votre dossier. Notre page joindre la CARSAT explique comment identifier la vôtre et ce qui se règle par téléphone.
Un accueil près de chez vous : un espace France Services accompagne gratuitement vos démarches en ligne, relevé à imprimer compris. Voir joindre France Services.
Les fiches officielles : service-public.gouv.fr publie la fiche « Retraite anticipée pour carrière longue du salarié ». Inutile en revanche d'appeler le 3939 (Allô Service Public) pour une question de retraite : son périmètre est limitatif et ne couvre pas ce sujet.
Aucun de ces numéros n'est surtaxé, et aucune de ces démarches ne se paie. Le 3242 de ce site, lui, l'est : 3 € par appel + prix d'un appel, et il n'est jamais nécessaire pour faire valoir vos droits. Notre page numéro d'aide : gratuit ou surtaxé explique la différence.
Questions fréquentes
Je suis né en 1966 et j'ai commencé à travailler à 19 ans : à quel âge puis-je partir ?
Vous relevez de la borne « avant 20 ans », la seule que le décret du 7 mai 2026 modifie : 60 ans et 9 mois au lieu de 61 ans, à condition de réunir 172 trimestres cotisés et d'avoir validé au moins 5 trimestres avant la fin de l'année civile de vos 20 ans — 4 seulement si vous êtes né en octobre, novembre ou décembre. Les deux conditions sont cumulatives, et le nouvel âge ne vaut que si votre pension prend effet à compter du 1er septembre 2026. Votre âge exact se lit dans le service « Obtenir mon âge de départ à la retraite » de votre espace sur lassuranceretraite.fr, gratuitement.
Je suis né en 1971 : est-ce que je gagne aussi trois mois ?
Non. Pour les générations 1971 et suivantes, la borne « avant 20 ans » reste fixée à 62 ans avec 172 trimestres cotisés, comme avant le décret : ces générations ne sont pas visées par l'abaissement. Le relèvement de l'âge légal et l'allongement de la durée d'assurance prévus par la réforme de 2023 sont par ailleurs suspendus jusqu'en 2028, et ce qui s'appliquera ensuite n'est pas écrit dans les textes d'aujourd'hui. En attendant, la valeur à retenir est celle qu'affiche votre espace personnel.
Mon relevé indique 172 trimestres validés. Est-ce que ça suffit ?
Pas forcément : la carrière longue ne compte pas les trimestres validés, mais les trimestres cotisés, augmentés de certaines périodes « réputées cotisées » plafonnées — 4 pour le service national, 4 pour la maladie et les accidents du travail, 4 pour le chômage indemnisé et l'activité partielle, 2 pour l'invalidité, 4 pour l'AVPF et les aidants, 2 pour les majorations liées aux enfants, la maternité et l'adoption indemnisées comptant en totalité. Et une même année civile n'apporte jamais plus de quatre trimestres, tous régimes de base confondus. Un relevé à 172 validés peut donc en compter nettement moins au sens du dispositif : c'est le premier écart à faire détailler par votre caisse.
Les trimestres obtenus pour mes enfants comptent-ils ?
Oui, mais dans une limite étroite et depuis peu. Le décret no 2026-700 du 29 juillet 2026 rend réputées cotisées les majorations de durée d'assurance et bonifications attribuées au titre des enfants — maternité, adoption, éducation, congé parental —, dans la limite de 2 trimestres sur l'ensemble de la carrière, quel que soit le nombre d'enfants, pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026. Elles augmentent la durée cotisée, mais ne comblent jamais la condition de début d'activité : un trimestre manquant à l'année de vos 20 ans ne se rattrape pas ainsi. Le texte énumère limitativement les majorations concernées : faites confirmer votre cas au 3960 (service gratuit + prix de l'appel).
Ma pension a pris effet le 1er août 2026 : puis-je bénéficier du nouvel âge ?
Non. Le décret s'applique aux retraites prenant effet à compter du 1er septembre 2026, et aucun texte ne prévoit le réexamen des pensions déjà liquidées sous les règles antérieures. Ce qui reste possible, c'est la révision de votre pension si son calcul comporte une erreur — trimestres oubliés, salaires manquants, année incomplète. Écrivez à votre caisse en demandant le détail retenu ; en cas de refus, la commission de recours amiable se saisit dans les deux mois suivant la notification.
Mon dossier a été refusé pour un trimestre manquant en début de carrière. Que faire ?
Deux choses, dans cet ordre. D'abord chercher le trimestre : les refus portent presque toujours sur une seule année, celle de vos 16, 18, 20 ou 21 ans, et sur des périodes mal enregistrées — apprentissage, stage rémunéré, saison agricole, emploi déclaré sous un autre nom, employeur disparu. La régularisation se demande gratuitement dès 55 ans par le service « Corriger ma carrière ». Ensuite contester : la commission de recours amiable de votre caisse se saisit dans les deux mois à compter de la notification, deux mois de silence valent rejet, et le pôle social du tribunal judiciaire peut être saisi dans les deux mois suivants. Vérifiez enfin le seuil qui vous est appliqué : né au dernier trimestre de l'année, il est de quatre trimestres et non de cinq. Si vous voulez préparer cet échange avant de l'engager, une aide par téléphone est disponible au 3242 (3 € par appel + prix d'un appel), service privé d'information qui ne dépose aucun recours à votre place.
Page vérifiée le 30 juillet 2026 auprès des sources officielles. Les barèmes et les délais des prestations sociales évoluent : en cas de divergence, les sources officielles prévalent.
Service privé d'information et d'accompagnement, indépendant : nous ne sommes ni la CAF, ni France Travail, ni l'Assurance Maladie, ni aucune administration. Les organismes sociaux restent joignables gratuitement.
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