Pension de réversion : conditions, montant et démarche selon le régime

La pension de réversion verse au conjoint survivant une part de la retraite du défunt : 54 % au régime général, 60 % en Agirc-Arrco, 50 % dans la fonction publique. Il faut avoir été marié : le PACS et le concubinage n'ouvrent aucun droit. Au régime général, il faut en plus 55 ans et moins de 25 001,60 € de ressources annuelles si vous vivez seul.

Vérifié le 31 juillet 2026 — source : service-public.gouv.fr (DILA) — fiche F13104 « Pension de réversion de l'Assurance retraite », vérifiée le 1er janvier 2026

Barème

Régime de la personne décédéeTaux de réversionÂge minimum du survivantPlafond de ressources 2026Effet d'une nouvelle union
Régime général — salariés du privé (Assurance retraite)54 % de la retraite de base55 ans (51 ans si le décès est antérieur au 1er janvier 2009)25 001,60 € par an si vous vivez seul ; 40 002,56 € par an si vous vivez en coupleLe droit n'est pas supprimé, mais c'est le plafond « couple » qui s'applique
Retraite complémentaire Agirc-Arrco (salariés du privé)60 % des droits de retraite complémentaire55 ans, ou aucune condition d'âge avec 2 enfants à charge ou en cas d'invaliditéAucun : la réversion est attribuée sans condition de ressourcesLe remariage supprime le droit
Fonction publique (Service des retraites de l'État, CNRACL)50 % de la retraite de baseAucune condition d'âgeAucun plafond de ressources, mais une condition liée au mariage : une seule des quatre situations suffit (enfant né du mariage, mariage de 4 ans, mariage célébré 2 ans avant la mise à la retraite, ou retraite pour invalidité)Vivre à nouveau en couple supprime le droit

Taux, âges et plafonds relevés le 31 juillet 2026. Plafonds du régime général fixés par la circulaire Cnav n° 2025-33 du 23 décembre 2025, en application de l'article D.353-1-1 du code de la sécurité sociale. Ces trois régimes se cumulent : si la personne décédée a été salariée du privé, vous pouvez avoir droit à la fois à la réversion du régime général et à celle de l'Agirc-Arrco, chacune avec ses propres règles.

1. Qui a droit à la pension de réversion ?

Une seule condition est commune à tous les régimes : il faut avoir été marié avec la personne décédée. Le PACS et le concubinage n'ouvrent aucun droit à la pension de réversion, quelle que soit la durée de la vie commune, et quel que soit le régime. C'est la règle qui écarte le plus de personnes, et elle ne connaît pas d'exception : l'Agirc-Arrco l'écrit noir sur blanc, « le concubinage et le pacte civil de solidarité (Pacs) ne donnent pas droit à la pension de réversion ».

En revanche, un ex-conjoint divorcé conserve son droit. Au régime général, l'époux divorcé est assimilé à un conjoint survivant, et il peut demander la réversion même s'il vivait de nouveau en couple au moment du décès de son ex-époux. Le divorce ne fait donc pas perdre la réversion : il la partage (voir la section 5).

Ensuite, les conditions divergent selon le régime de la personne décédée :

  • Régime général (salariés du privé) : 55 ans au moins, âge abaissé à 51 ans si votre conjoint ou ex-conjoint est décédé avant le 1er janvier 2009 ou a disparu avant le 1er janvier 2008. Vos ressources ne doivent pas dépasser un plafond (section 3).
  • Agirc-Arrco (retraite complémentaire des salariés du privé) : 55 ans pour les décès survenus à compter du 1er janvier 2019, mais aucune condition d'âge si vous avez 2 enfants à charge au moment du décès, ou si vous êtes en situation d'invalidité. Sont comptés à charge les enfants de moins de 18 ans, les enfants de 18 à moins de 25 ans s'ils sont étudiants, et les enfants invalides quel que soit leur âge. Aucune durée minimale de mariage n'est exigée, et aucune condition de ressources.
  • Fonction publique : ni condition d'âge, ni condition de ressources, mais une condition tenant au mariage. Une seule des quatre situations suivantes suffit : un ou plusieurs enfants sont nés de votre mariage avec le défunt ; votre mariage a duré au moins 4 ans ; votre mariage a été célébré au moins 2 ans avant la mise à la retraite du défunt ; le défunt bénéficiait ou aurait pu bénéficier d'une pension de retraite pour invalidité.

Attention à une confusion fréquente : ce n'est pas votre propre carrière qui compte, mais celle de la personne décédée. Vous pouvez n'avoir jamais travaillé et avoir droit à la réversion. Et dans tous les cas, seul l'organisme de retraite décide de l'ouverture du droit : cette page décrit les règles, elle n'établit aucun droit. Pour un examen gratuit de votre situation, appelez l'Assurance retraite au 3960 (service gratuit + prix appel, du lundi au vendredi de 8 h à 17 h) ou connectez-vous à votre compte retraite sur info-retraite.fr.

2. Combien vais-je toucher, et quel est le montant minimum ?

Le montant ne dépend pas de ce que vous avez cotisé, mais de la retraite de la personne décédée. Trois taux, à ne pas confondre :

  • 54 % de la retraite de base que le défunt percevait ou aurait pu percevoir, au régime général (article D.353-1 du code de la sécurité sociale) ;
  • 60 % des droits de retraite complémentaire, à l'Agirc-Arrco ;
  • 50 % de la retraite de base, dans la fonction publique.

Un montant minimum existe au régime général : 4 019,13 € par an, soit 334,92 € par mois depuis le 1er janvier 2026. Il vous est versé intégralement si la personne décédée réunissait au moins 60 trimestres (15 ans) d'assurance au régime général ; en dessous, il est réduit proportionnellement.

Votre pension peut être majorée :

  • + 10 % si vous avez eu au moins 3 enfants ;
  • + 11,1 % si vous avez au moins 67 ans, que vous avez demandé toutes vos retraites, et que la somme de toutes vos retraites et pensions de réversion ne dépasse pas 3 020,07 € par trimestre (1 006,69 € par mois) ;
  • + 113,59 € par enfant et par mois (majoration forfaitaire de l'article L.353-5 du code de la sécurité sociale) si vous avez moins de 67 ans, que vous ne percevez pas de retraite personnelle et que vous avez un ou plusieurs enfants à charge.

Y a-t-il un maximum ? L'Assurance retraite ne publie pas de « montant maximum de la réversion » en euros. Deux limites jouent néanmoins. D'abord, la réversion étant un pourcentage de la retraite du défunt, elle est bornée par celle-ci : une retraite de base du régime général ne peut pas dépasser 50 % du plafond annuel de la sécurité sociale, fixé à 48 060 € pour 2026, soit 24 030 € par an. Il en découle arithmétiquement un plafond d'environ 1 081 € par mois — chiffre que nous calculons ici, et qui n'est publié comme tel par aucune source officielle. Ensuite, et c'est la limite qui joue vraiment en pratique, la pension est réduite lorsqu'elle porte vos ressources au-delà du plafond : c'est l'objet de la section suivante.

Dans la fonction publique, un plancher différent s'applique : si vous avez au moins 65 ans et que vous résidez en France, la pension de réversion et vos autres ressources réunies ne peuvent pas être inférieures au montant de l'allocation de solidarité aux personnes âgées, soit 12 523,14 € par an (1 043,59 € par mois) en 2026. Au régime général, la réversion peut par ailleurs être complétée par l'Aspa ou par l'allocation supplémentaire d'invalidité si vos ressources restent faibles.

3. Quel est le plafond de ressources en 2026, et comment est-il calculé ?

Le plafond de ressources ne concerne que le régime général (et les régimes de base alignés). L'Agirc-Arrco et la fonction publique n'en ont pas. C'est une source d'erreur majeure : beaucoup de personnes renoncent à toute demande en se croyant « trop riches », alors qu'elles avaient droit à la réversion complémentaire, souvent la plus importante des deux.

Depuis le 1er janvier 2026, les plafonds du régime général sont :

  • Vous vivez seul : 25 001,60 € par an, ou 6 250,40 € par trimestre ;
  • Vous vivez en couple : 40 002,56 € par an, ou 10 000,64 € par trimestre.

Ces montants ne sortent pas de nulle part. L'article D.353-1-1 du code de la sécurité sociale fixe le plafond annuel à 2 080 fois le Smic horaire en vigueur au 1er janvier, et celui du ménage à 1,6 fois ce plafond. Le Smic brut horaire ayant été porté à 12,02 € au 1er janvier 2026, le calcul donne exactement 2 080 × 12,02 = 25 001,60 €. Conséquence utile : la revalorisation du Smic intervenue en cours d'année 2026 ne modifie pas ces plafonds, qui ne changeront qu'au 1er janvier 2027.

Deux règles adoucissent le calcul, et il faut les connaître avant de renoncer :

  • Vos revenus d'activité ne sont retenus qu'à hauteur de 70 % de leur montant.
  • Ce ne sont pas vos revenus d'une année passée qui sont examinés, mais vos ressources récentes : celles des 3 mois civils précédant la date d'attribution. Si elles dépassent le quart du plafond sur cette période, la caisse examine alors les 12 mois civils précédents. Le refus n'intervient que lorsque les plafonds trimestriel et annuel sont tous deux dépassés.

Lorsque le total de votre pension de réversion et de vos ressources dépasse le plafond, la pension n'est pas supprimée : elle est réduite de manière à ne pas dépasser le plafond. Et si votre demande a été rejetée mais que vos ressources diminuent ensuite, vous pouvez déposer une nouvelle demande : la caisse réexamine vos droits. La pension reste d'ailleurs révisable quand vos ressources varient — à la baisse comme à la hausse, sans qu'il y ait erreur de la caisse — et cesse de l'être dans deux cas : 3 mois après la date à laquelle vous percevez l'ensemble de vos retraites de base et complémentaires ; ou, si vous ne percevez aucune retraite personnelle, à la date à laquelle vous atteignez l'âge minimum de départ à la retraite. Tout changement de ressources ou de situation familiale doit être signalé.

4. Comment faire la demande, et dans quel délai ?

La pension de réversion n'est jamais versée automatiquement, même si la personne décédée percevait déjà sa retraite. Il faut la demander. Deux voies, gratuites toutes les deux.

  • En ligne, c'est la voie à privilégier : le service « demander ma réversion » depuis votre compte retraite sur info-retraite.fr. Cette demande unique vaut « auprès de tous les régimes de retraite de la personne décédée » — de base comme complémentaires. C'est le seul canal qui évite d'oublier un régime.
  • Sur papier : le formulaire « Demande unique de retraite de base de réversion », édité par la Caisse nationale d'assurance vieillesse, téléchargeable depuis la fiche R1392 de service-public.gouv.fr. Il couvre l'Assurance retraite, le régime agricole, le régime des cultes et les professions libérales (sauf avocats), mais il ne couvre pas les retraites complémentaires : si vous passez par le papier, il faut une démarche distincte auprès de l'Agirc-Arrco.

Le délai compte, et il coûte de l'argent. Au régime général, si vous déposez la demande dans les 12 mois suivant le décès, le versement peut débuter au plus tôt le 1er jour du mois qui suit le décès. Au-delà, le droit n'est pas perdu, mais la date d'effet est repoussée au 1er jour du mois suivant votre demande. À l'Agirc-Arrco, la règle est plus tranchante : la demande doit être déposée dans les douze mois qui suivent le décès ou la date à laquelle les conditions sont remplies. Si vous aviez moins de 55 ans au décès, ce délai part donc de votre 55e anniversaire, et non du décès. Au-delà, le rappel de pension versé ne porte que sur une période d'un an : le reste de l'arriéré n'est pas rappelé. C'est la raison de déposer sans attendre, même si le dossier vous paraît incomplet.

Vous indiquez sur la demande la date à laquelle vous souhaitez percevoir la pension ; elle ne peut être antérieure ni au dépôt de votre demande, ni au 1er jour du mois suivant celui de vos 55 ans. Le délai de traitement se suit depuis votre compte retraite. Une règle est en revanche opposable à la caisse : l'absence de réponse pendant plus de 4 mois vaut décision de refus. Vous pouvez alors contester ce refus ; la voie de recours et son délai sont indiqués sur la notification, ou à demander à votre caisse au 3960 (service gratuit + prix appel). Ne cherchez pas le cerfa n° 13364*02, souvent cité sur les forums : cette référence n'est plus publiée, repérez le formulaire par son titre.

L'interlocuteur est la caisse de retraite dont relevait la personne décédée, pas votre caisse d'assurance maladie : l'Assurance retraite (votre Carsat) pour les salariés du privé, l'Agirc-Arrco pour leur complémentaire, la MSA pour le régime agricole, le Service des retraites de l'État ou la CNRACL pour les fonctionnaires, la caisse de la profession pour les libéraux. En cas de doute, la demande en ligne sur info-retraite.fr oriente automatiquement.

5. Que se passe-t-il s'il y a un ex-conjoint ?

C'est le point le plus mal compris de la réversion. S'il existe un conjoint survivant et un ou plusieurs ex-conjoints divorcés qui remplissent les conditions, la pension n'est pas versée en double : elle est partagée entre eux au prorata de la durée respective de chaque mariage. La règle est la même au régime général, à l'Agirc-Arrco et dans la fonction publique — où la durée de chaque mariage est « arrondie au nombre de mois inférieur ». L'Agirc-Arrco prévoit toutefois une règle particulière pour les mariages antérieurs au 1er janvier 1998 lorsque le divorce est antérieur au 1er juillet 1980 : faites vérifier votre cas avant de vous fier au partage.

Concrètement, la caisse calcule d'abord la réversion entière, puis la découpe. L'Assurance retraite publie cet exemple dans sa brochure « Veuvage, mes droits » : Pierre percevait 998 € bruts de retraite par mois. La réversion totale est de 998 × 54 % = 538,92 € par mois. Il avait été marié à Marie pendant 423 mois et à Jeanne pendant 121 mois, soit 544 mois en tout. Marie reçoit 538,92 × 423/544 et Jeanne 538,92 × 121/544, soit environ 419 € et 120 € par mois — les deux parts additionnées redonnant exactement les 538,92 €.

Trois conséquences pratiques :

  • Un remariage du défunt ne vous prive pas de la réversion si vous étiez son premier conjoint : il la réduit, à proportion de la durée de votre mariage.
  • La durée du mariage est décomptée du mariage au divorce, pas jusqu'au décès : un long mariage suivi d'un divorce ancien pèse davantage qu'une union récente et brève.
  • Chaque bénéficiaire doit faire sa propre demande. Personne ne vous prévient qu'un ex-conjoint a déposé un dossier, et la caisse ne réunit les parts que sur demande de chacun.

Une pension d'orphelin existe par ailleurs, distincte de la réversion. Au régime général, elle suppose que les deux parents soient décédés : elle est égale à 54 % de la retraite du parent, avec un minimum de 108,57 € bruts par mois, partagé entre les enfants s'ils sont plusieurs. Elle est versée avant 22 ans, puis jusqu'à 26 ans si les revenus d'activité de l'orphelin ne dépassent pas 13 407,10 € par an (1 117,26 € par mois), et sans limite d'âge sous cette même condition en cas d'incapacité permanente d'au moins 80 %, ou d'au moins 50 % avec restriction reconnue pour l'accès à l'emploi.

6. Est-ce que je perds la réversion si je me remarie ?

La réponse dépend entièrement du régime, et c'est la différence la plus lourde de conséquences entre les trois.

  • Régime général : non. La fiche officielle n'énonce aucune suppression du droit en cas de remariage du bénéficiaire. En revanche, vos ressources sont désormais comparées au plafond « vie en couple », plus élevé (40 002,56 € au lieu de 25 001,60 €), mais qui intègre les ressources de votre nouveau ménage. Selon les revenus de votre nouveau conjoint, la pension peut donc être réduite, voire ramenée à zéro, sans être juridiquement supprimée.
  • Agirc-Arrco : oui. « En cas de remariage, la pension de réversion n'est pas attribuée. Si la pension de réversion était versée avant le remariage, elle est définitivement supprimée. » Contrairement à la fonction publique, aucun rétablissement n'est prévu si la nouvelle union est dissoute.
  • Fonction publique : oui, et plus largement encore. Si vous vivez à nouveau en couple — mariage, PACS ou concubinage — vous n'avez plus droit à la pension de réversion. Mais le droit peut être rétabli : si cette nouvelle union est dissoute, vous pouvez demander à en bénéficier de nouveau, à compter de la date de votre nouveau veuvage, divorce ou séparation. Pour un ex-époux divorcé remarié avant le décès du fonctionnaire, ce rétablissement suppose en outre que la pension n'ait pas été accordée entre-temps à un autre époux ou à un orphelin.

Autrement dit : une personne veuve d'un salarié du privé qui se remarie peut conserver la réversion du régime général et perdre celle de l'Agirc-Arrco. Avant de vous remarier ou de vous pacser, faites chiffrer l'impact par chaque caisse concernée : c'est gratuit, et la décision est irréversible dans les faits. Signalez dans tous les cas votre changement de situation familiale à votre caisse ; ne pas le faire expose à un trop-perçu à rembourser.

7. J'ai moins de 55 ans : à quoi puis-je avoir droit ?

Ne concluez pas que vous n'avez droit à rien. Avant 55 ans, la réversion du régime général vous est fermée, mais deux portes restent ouvertes, et une troisième existe juste après le décès.

  • La réversion des régimes complémentaires. L'Agirc-Arrco n'exige aucune condition d'âge si vous avez 2 enfants à charge au moment du décès, ou si vous êtes en situation d'invalidité. C'est le droit le plus souvent oublié par les conjoints jeunes.
  • L'allocation veuvage, prévue pour ceux qui n'ont pas encore l'âge de la réversion. Son montant est forfaitaire : 719,58 € par mois au 1er janvier 2026, réductible selon vos ressources, avec un plafond trimestriel de ressources personnelles de 2 698,43 €. Elle est versée pendant 2 ans au maximum ; si vous aviez au moins 50 ans à la date du décès, elle peut être versée jusqu'à votre 55e anniversaire.
  • Le capital décès, versé par l'Assurance maladie et non par la retraite : une somme unique, à demander rapidement, indépendante de la réversion.

Si la personne décédée était travailleur indépendant (artisan, commerçant), la réversion de sa retraite complémentaire est égale à 60 % du montant brut de retraite complémentaire, mais — contrairement à l'Agirc-Arrco — elle est soumise à une condition de ressources, évaluée de la même manière que pour la réversion de base. Le service en ligne et le formulaire couvrent alors à la fois la base et la complémentaire des indépendants : aucune démarche supplémentaire n'est nécessaire.

Enfin, si vos ressources restent très faibles une fois la réversion liquidée, regardez l'Aspa (12 523,14 € par an pour une personne seule en 2026) et, en cas d'invalidité, l'allocation supplémentaire d'invalidité : elles se cumulent avec la réversion pour la compléter. Si vous êtes veuf ou veuve et reconnu invalide avant l'âge de la réversion, examinez aussi la pension de veuf ou veuve invalide.

8. Où se faire aider gratuitement pour comprendre ses droits ?

Commencez toujours par les canaux gratuits. Ce sont les seuls qui peuvent examiner votre dossier, ouvrir un droit et vous verser une pension.

  • 3960 — l'Assurance retraite, service gratuit + prix appel, du lundi au vendredi de 8 h à 17 h. Depuis un mobile, une box ou l'étranger : 09 71 10 39 60. C'est le bon numéro pour la réversion du régime général.
  • info-retraite.fr — votre compte retraite et la demande unique de réversion, tous régimes confondus. Gratuit.
  • service-public.gouv.fr et mesdroitssociaux.gouv.fr — les fiches de référence et le simulateur officiel de droits. Gratuits.
  • France Services, le CCAS de votre mairie ou le service social de votre département — un accompagnement gratuit, en face à face, pour remplir le dossier et rassembler les pièces. C'est souvent la meilleure option après un décès.
  • Pour les autres régimes : l'Agirc-Arrco pour la complémentaire des salariés du privé, la MSA pour le régime agricole, le Service des retraites de l'État ou la CNRACL pour la fonction publique.

Si, après avoir lu cette page, vous souhaitez seulement faire expliquer une notification ou préparer votre demande avant de la déposer, monportailsocial.fr met à disposition une ligne d'information au 32423 € par appel + prix d'un appel. Trois points doivent être clairs. C'est un service privé édité par AVANTAGE PROD, sans aucun lien avec l'Assurance retraite, la Cnav, l'Agirc-Arrco, la MSA, la MDPH ni aucune administration : ce n'est ni un guichet public, ni un service après-vente de votre caisse. Ce sont des agents conversationnels fondés sur l'intelligence artificielle, et non des personnes physiques, qui répondent. Et ce service n'instruit aucun dossier, ne dépose aucune demande, ne donne pas de conseil juridique et ne promet aucun résultat : cet appel est facultatif, il n'est pas une étape de la démarche et il n'a aucun effet sur le versement de votre pension. Pour obtenir la réversion, la demande passe obligatoirement par votre caisse de retraite.

Monportailsocial.fr est un portail privé d'information. Il ne remplace pas votre caisse de retraite : seul l'organisme qui gère votre dossier peut établir vos droits et fixer le montant de votre pension.

Questions fréquentes

Le PACS donne-t-il droit à la pension de réversion ?

Non. Il faut avoir été marié avec la personne décédée. Le PACS et le concubinage n'ouvrent aucun droit à la pension de réversion, quelle que soit la durée de la vie commune, et cela dans tous les régimes : régime général, Agirc-Arrco et fonction publique. L'Agirc-Arrco l'écrit explicitement. Aucune dérogation n'est prévue, même en présence d'enfants communs. En revanche, un ex-conjoint divorcé conserve, lui, un droit à la réversion.

Puis-je avoir la réversion de mon ex-mari si je me suis remariée ?

Au régime général, oui : l'époux divorcé peut bénéficier de la réversion même s'il vit de nouveau en couple au moment du décès de son ex-époux. Vos ressources sont alors comparées au plafond « vie en couple » de 40 002,56 € par an. À l'Agirc-Arrco, en revanche, le remariage supprime le droit, et dans la fonction publique le fait de vivre à nouveau en couple le supprime aussi, avec une possibilité de rétablissement si cette nouvelle union est dissoute.

Combien de temps après le décès faut-il déposer la demande ?

Le plus vite possible, et dans tous les cas avant 12 mois. Au régime général, une demande déposée dans l'année suivant le décès permet un versement à compter du 1er jour du mois suivant le décès ; au-delà, le droit subsiste mais démarre seulement le 1er jour du mois suivant la demande. À l'Agirc-Arrco, le délai de douze mois court à compter du décès ou de la date à laquelle les conditions sont remplies, c'est-à-dire votre 55e anniversaire si vous étiez plus jeune au décès ; au-delà, le rappel de pension ne porte que sur un an.

Faut-il faire une demande séparée pour la retraite complémentaire ?

Cela dépend de la voie choisie. La demande en ligne sur info-retraite.fr vaut auprès de tous les régimes de retraite de la personne décédée, base et complémentaires comprises : une seule démarche suffit. Le formulaire papier « Demande unique de retraite de base de réversion » ne couvre en revanche que les régimes de base : il faut alors une démarche distincte auprès de l'Agirc-Arrco. C'est l'oubli le plus fréquent, et le plus coûteux.

Ma pension de réversion a baissé, est-ce normal ?

C'est possible, sans erreur de la caisse. Au régime général, la pension est révisable lorsque vos ressources varient : elle peut donc être recalculée à la baisse comme à la hausse. Elle cesse d'être révisable 3 mois après la date à laquelle vous percevez l'ensemble de vos retraites de base et complémentaires ; son montant est alors figé. Demandez le détail du calcul à votre caisse au 3960 (service gratuit + prix appel), qui seule peut le justifier.

Ma demande a été rejetée parce que je dépasse le plafond : puis-je réessayer ?

Oui. L'Assurance retraite indique que si votre demande a été rejetée mais que vos ressources diminuent ensuite, vous pouvez déposer une nouvelle demande : vos droits sont réexaminés. Vérifiez aussi deux points avant de renoncer : vos revenus d'activité ne sont retenus qu'à hauteur de 70 %, et la réversion de l'Agirc-Arrco est versée sans aucune condition de ressources — un refus au régime général ne préjuge donc pas du droit à la complémentaire.

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