Allocation aux adultes handicapés (AAH) : montant, conditions et demande

L'allocation aux adultes handicapés (AAH) est un revenu minimum versé par la Caf ou la MSA si la CDAPH vous reconnaît un taux d'incapacité d'au moins 80 %, ou de 50 à 79 % avec une restriction substantielle et durable pour l'accès à l'emploi. Son montant maximal atteint 1 041,59 € par mois depuis le 1er avril 2026. La demande se dépose à la MDPH, pas à la Caf.

Vérifié le 31 juillet 2026 — source : Service-Public.fr (Dila) — fiche « Allocation aux adultes handicapés (AAH) » F12242, vérifiée le 1er avril 2026

Barème

Montant ou plafondValeur en vigueurDate d'application
AAH — montant mensuel maximal (métropole et outre-mer hors Mayotte)1 041,59 €1er avril 2026 — décret n° 2026-229 du 30 mars 2026
AAH — montant mensuel maximal à Mayotte518,73 €1er avril 2026
AAH — montant précédent, pour comparaison (la revalorisation d'avril 2026 est de 0,8 %)1 033,32 €du 1er avril 2025 au 31 mars 2026
Majoration pour la vie autonome, en plus de l'AAH104,77 € par mois1er avril 2026
Plafond annuel de ressources — personne seule sans enfant12 499 €1er avril 2026
Plafond annuel — personne seule, de 1 à 4 enfants à charge18 749 € / 24 998 € / 31 248 € / 37 497 €1er avril 2026
Plafond annuel — colonne « Vous vivez en couple » de la fiche officielle, de 0 à 4 enfants22 623 € / 28 873 € / 35 122 € / 41 372 € / 47 621 €1er avril 2026
Plafonds non arrondis publiés par la MSA, et majoration par enfant12 499,08 € (seul), 22 623,33 € (couple), + 6 249,54 € par enfant à charge1er avril 2026
Abattement sur les revenus d'activité en milieu ordinaire80 % jusqu'à 560,11 € par mois, puis 40 % au-delàfiche officielle vérifiée le 1er juin 2026
Neutralisation des revenus à la reprise d'activité en milieu ordinaire6 moisfiche officielle vérifiée le 1er juin 2026
Plafond de cumul AAH + rémunération garantie en Ésat1 867,02 € (seul) / 2 427,12 € (couple) / 2 707,17 € (couple avec une personne à charge)fiche officielle vérifiée le 1er juin 2026
Complément de ressources — anciens bénéficiaires seulement179,31 € par mois, soit 1 220,90 € avec l'AAHsupprimé depuis le 1er décembre 2019, maintenu 10 ans

1. Qui a droit à l'AAH en 2026 ?

Le droit à l'AAH repose sur une décision, pas sur une déclaration. C'est la CDAPH — la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées, qui siège au sein de la MDPH — qui fixe votre taux d'incapacité. Ce taux n'est jamais auto-évalué, et aucun site privé ne peut vous le délivrer.

Deux portes d'entrée existent, et une seule suffit :

  • L'AAH-1 : un taux d'incapacité permanente d'au moins 80 %, sur le fondement de l'article L821-1 du code de la sécurité sociale.
  • L'AAH-2 : un taux compris entre 50 et 79 %, à condition que la CDAPH reconnaisse en plus une restriction substantielle et durable pour l'accès à l'emploi (article L821-2). L'article D821-1-2 la définit : des « difficultés importantes d'accès à l'emploi » dues au handicap lui-même, que des mesures de compensation ou un aménagement de poste ne suffisent pas à surmonter, pour une durée prévisible d'au moins un an à compter du dépôt de la demande. Cette restriction est reconnue pour une durée de un à cinq ans.

Si vous avez lu qu'il fallait « plus de 80 % », c'est inexact. En décembre 2025, la Drees recensait 1,39 million d'allocataires, dont 749 800 au titre de l'AAH-2 (54 %) contre 642 700 au titre de l'AAH-1 (46 %). La majorité des bénéficiaires ont donc un taux inférieur à 80 %.

Trois conditions s'ajoutent au taux :

  • L'âge : au moins 20 ans, ou 16 ans si vous n'êtes plus considéré comme à la charge de vos parents au sens des prestations familiales. Aucune limite d'âge de 60 ans n'existe pour déposer une demande : c'est le versement, après l'âge légal de la retraite, qui dépend du taux (voir la section 6).
  • La résidence : résider de façon stable en France métropolitaine ou dans une collectivité mentionnée à l'article L111-2 du code de la sécurité sociale.
  • Le séjour : les ressortissants d'un pays de l'Union européenne doivent résider en France depuis plus de 3 mois, sauf s'ils y travaillent ; les personnes d'une autre nationalité doivent résider en France depuis au moins 3 mois et être en situation régulière au regard de la législation sur le séjour, avec un titre de séjour en cours de validité ou un récépissé de demande de renouvellement.

2. Combien vais-je toucher, et pourquoi rarement 1 041,59 € ?

Le montant mensuel maximal de l'AAH est de 1 041,59 €. Ce n'est pas une estimation : le décret n° 2026-229 du 30 mars 2026, publié au Journal officiel le 31 mars 2026, porte le montant à cette valeur « à compter des allocations dues au titre du mois d'avril 2026 ». Il était de 1 033,32 € auparavant, soit une revalorisation de 0,8 %. À Mayotte, le ministère du Travail et des Solidarités publie un montant maximal de 518,73 €.

Le décret vise « les allocations dues au titre du mois d'avril 2026 » : le nouveau montant concerne donc le droit d'avril, dont le virement intervient ensuite. Pour connaître la date exacte de votre versement, consultez votre espace personnel sur caf.fr ou msa.fr.

Surtout, l'AAH est une allocation différentielle. La Caf ou la MSA retranche du montant maximal les ressources qu'elle prend en compte. Vous ne percevez 1 041,59 € que si aucune autre ressource n'est retenue. Si vous percevez une pension d'invalidité, une pension de retraite ou une rente d'accident du travail, l'AAH ne verse que la différence. C'est pour cela que deux personnes au même taux d'incapacité ne reçoivent pas la même somme, et pourquoi personne ne peut vous annoncer un montant par téléphone sans connaître votre avis d'imposition.

Un cas de réduction à connaître : l'article R821-8 du code de la sécurité sociale prévoit qu'après 60 jours révolus passés dans un établissement de santé, dans une maison d'accueil spécialisée ou dans un établissement pénitentiaire, l'AAH est réduite de manière que son bénéficiaire conserve 30 % de son montant mensuel. Cette réduction ne s'applique pas si vous êtes astreint au paiement du forfait journalier, si vous avez au moins un enfant ou un ascendant à votre charge, ou si votre conjoint, concubin ou partenaire de Pacs ne travaille pas pour un motif reconnu valable par la CDAPH.

Une majoration pour la vie autonome de 104,77 € par mois peut s'ajouter, sous cinq conditions cumulatives : percevoir l'AAH à taux plein — ou en complément d'une retraite, d'une pension d'invalidité ou d'une rente d'accident du travail, ou percevoir l'allocation supplémentaire d'invalidité à taux plein —, un taux d'incapacité d'au moins 80 %, un logement indépendant, une aide personnelle au logement (APL, ALF ou ALS) et aucun revenu d'activité professionnelle. Si vous percevez déjà l'AAH, elle est attribuée sans démarche de votre part. Le détail est sur notre page majoration pour la vie autonome.

Le complément de ressources de 179,31 €, encore cité sur beaucoup de pages anciennes, est supprimé depuis le 1er décembre 2019. Seuls les anciens bénéficiaires le conservent, pendant 10 ans à compter de cette date et tant qu'ils remplissent les conditions. Ne le réclamez pas comme un droit nouveau : c'est la majoration pour la vie autonome qui subsiste.

3. Mes ressources dépassent-elles le plafond, et que change la déconjugalisation ?

Depuis le 1er octobre 2023, service-public.gouv.fr écrit que « le montant de l'AAH n'est plus calculé à partir de vos ressources cumulées avec celles de la personne avec laquelle vous vivez en couple ». C'est la déconjugalisation : le calcul devient individuel, et les revenus du conjoint, du concubin ou du partenaire de Pacs ne sont plus intégrés.

Une nuance décisive, très souvent omise : la même fiche officielle précise que « ce changement de mode de calcul s'effectue uniquement s'il est plus avantageux pour vous. Si ce n'est pas le cas, le cumul de vos ressources et de celles de la personne avec laquelle vous vivez en couple continue de s'appliquer ». La Caf ou la MSA compare les deux calculs et retient le plus favorable, automatiquement, sans démarche de votre part. C'est la raison pour laquelle deux séries de plafonds coexistent encore sur la fiche officielle.

Les ressources examinées sont celles de la ligne « revenu net catégoriel » de votre avis d'imposition — l'avis de 2024 pour une demande d'AAH faite en 2026. Ce n'est ni votre salaire brut, ni votre revenu fiscal de référence : repérez la bonne ligne avant de conclure quoi que ce soit.

Plafonds annuels publiés au 1er avril 2026 :

  • Personne seule : 12 499 € sans enfant à charge, 18 749 € avec 1 enfant, 24 998 € avec 2, 31 248 € avec 3, 37 497 € avec 4.
  • En couple, colonne « Vous vivez en couple » du tableau officiel : 22 623 € sans enfant, 28 873 € avec 1 enfant, 35 122 € avec 2, 41 372 € avec 3, 47 621 € avec 4. La colonne « Vos ressources » du même tableau reprend, elle, les valeurs de la personne seule (12 499 € sans enfant, et ainsi de suite).
  • La MSA publie les mêmes plafonds non arrondis : 12 499,08 € pour une personne seule, 22 623,33 € en couple, et une majoration de 6 249,54 € par enfant à charge.

La fiche officielle introduit ce tableau par une seule phrase : « Vos ressources et celles de la personne avec laquelle vous vivez en couple ne doivent pas dépasser certains plafonds. » Elle ne détaille pas davantage la façon dont les deux colonnes se combinent. Ne renoncez pas seul à déposer un dossier parce qu'un chiffre vous paraît dépassé : faites une estimation gratuite sur mesdroitssociaux.gouv.fr, ou posez la question à votre MDPH. Seul l'organisme peut établir votre droit.

4. Puis-je travailler et garder l'AAH ?

Oui, et le code le prévoit expressément. Les règles diffèrent selon le lieu de travail.

En milieu ordinaire — entreprise classique, fonction publique, activité indépendante : pendant les 6 premiers mois qui suivent la reprise d'activité, vos revenus professionnels ne sont pas pris en compte, et l'AAH continue au même montant. Ensuite, la Caf ou la MSA applique un abattement : sur la part de vos revenus allant jusqu'à 560,11 € par mois, elle en retire 80 % ; sur la part au-delà de 560,11 €, elle en retire 40 %. Autrement dit, votre AAH ne baisse pas d'un euro pour chaque euro gagné : travailler reste financièrement favorable. En contrepartie, une déclaration de ressources tous les 3 mois devient obligatoire.

En établissement ou service d'aide par le travail (Ésat) : l'AAH s'ajoute à la rémunération garantie, dans la limite d'un plafond de cumul mensuel de 1 867,02 € pour une personne seule, 2 427,12 € en couple et 2 707,17 € en couple avec un enfant ou un ascendant à charge.

Changement annoncé pour les travailleurs en Ésat : service-public.gouv.fr indique qu'à partir du 1er octobre 2026, l'AAH sera calculée sur les revenus du dernier trimestre et non plus sur ceux de l'avant-dernière année, avec une mise en œuvre progressive jusqu'en décembre 2026. Si vous êtes concerné, demandez à votre caisse comment votre droit sera recalculé : c'est gratuit, au 3230 pour la Caf (service gratuit + prix d'un appel).

La déclaration trimestrielle conditionne la mise à jour de votre droit. Si vous recevez une notification de trop-perçu, demandez le détail du calcul à votre Caf ou à votre MSA avant de payer : une décision de versement se contredit devant la commission de recours amiable de la caisse, pas devant la MDPH.

5. Comment faire la demande d'AAH, et à qui l'envoyer ?

La demande ne se dépose ni à la Caf, ni à la MSA, mais à la MDPH de votre département. Elle est gratuite : aucune démarche liée à l'AAH ne se paie.

Le formulaire est le Cerfa 15692*01, « Demande ou renouvellement de prestations Handicap (AEEH, AAH, PCH, CMI, hébergement, Ésat...) ». C'est un dossier unique : la même demande peut porter à la fois sur l'AAH, la carte mobilité inclusion, la prestation de compensation du handicap ou une orientation professionnelle. Cochez toutes les rubriques qui vous concernent : vous n'aurez pas à refaire le dossier plus tard.

  1. Téléchargez le Cerfa 15692*01 sur service-public.gouv.fr.
  2. Faites remplir par votre médecin le certificat médical Cerfa 15695*01 ; sa durée de validité est de 12 mois, il doit donc être récent au moment du dépôt.
  3. Joignez les pièces demandées par votre MDPH : la liste varie d'un département à l'autre, et un dossier incomplet allonge le délai.
  4. Adressez le tout à la MDPH de votre lieu de résidence, de préférence par lettre recommandée avec avis de réception, ou en ligne si votre MDPH propose ce service.

Comptez un délai de 4 mois, qui ne court pas à partir de l'envoi de votre dossier mais à partir de la date à laquelle il doit être regardé comme recevable, c'est-à-dire complet. L'article R241-33 du code de l'action sociale et des familles est net : « le silence gardé pendant plus de quatre mois par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées à partir de la date à laquelle la demande [...] doit être regardée comme recevable [...] vaut décision de rejet ». Ce n'est donc pas un délai purement indicatif : passé quatre mois sans réponse, une voie de recours s'ouvre. Pour un renouvellement, monparcourshandicap.gouv.fr conseille de déposer la demande 6 mois avant la fin de vos droits, afin d'éviter une rupture de versement.

Le temps d'instruction n'est pas de l'argent perdu. L'article R821-7 du code de la sécurité sociale prévoit que l'allocation aux adultes handicapés « est attribuée à compter du premier jour du mois civil suivant celui du dépôt de la demande ». Si la décision intervient plusieurs mois après votre dépôt et qu'elle ouvre un droit, le versement remonte donc à ce premier jour, sous forme de rappel. Conservez l'accusé de réception de votre dossier : c'est lui qui établit la date de dépôt.

Vous n'êtes pas obligé de remplir le dossier seul. Un accueil France Services, le CCAS de votre commune ou le service social de votre département vous y aident gratuitement, sur place, et connaissent les usages de votre MDPH.

6. Pour combien de temps l'AAH est-elle accordée, et que se passe-t-il à la retraite ?

La durée dépend de votre taux, et elle est fixée par l'article R821-5 du code de la sécurité sociale.

  • Taux d'au moins 80 % : l'AAH est accordée « pour une période au moins égale à un an et au plus égale à dix ans ». Et surtout, elle « est attribuée sans limitation de durée à toute personne qui présente un taux d'incapacité permanente d'au moins 80 % » dont les limitations d'activité ne sont pas susceptibles d'évoluer favorablement, compte tenu de l'état des connaissances scientifiques. C'est ce que l'on appelle l'AAH à vie. Si votre situation correspond, dites-le explicitement dans le volet « projet de vie » du dossier : c'est la CDAPH qui l'apprécie, mais elle statue sur ce que vous lui décrivez.
  • Taux de 50 à 79 % : 1 à 2 ans, la période pouvant excéder deux ans sans dépasser 5 ans si ni le handicap ni la restriction substantielle et durable d'accès à l'emploi ne sont susceptibles d'évoluer favorablement.

Les droits peuvent aussi être révisés avant leur terme, à votre demande, à celle de l'organisme payeur ou du préfet, si votre situation change.

À l'âge légal de départ à la retraite, tout dépend là encore du taux :

  • À partir de 80 % : l'AAH peut se poursuivre en complément de la pension de retraite si celle-ci est inférieure à 1 041,59 €. Votre caisse verse alors la différence, qu'elle est seule à calculer.
  • De 50 à 79 % : le versement s'arrête. L'article L821-2 le dit sans détour : « Le versement de l'allocation aux adultes handicapés au titre du présent article prend fin à l'âge auquel le bénéficiaire est réputé inapte au travail dans les conditions prévues au dixième alinéa de l'article L. 821-1. » Si vous n'avez jamais cotisé ou si vous ne percevez aucun avantage de retraite, service-public.gouv.fr indique que l'AAH est alors remplacée par l'allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa), qu'il faut demander à votre caisse de retraite : elle ne se déclenche pas d'elle-même. Anticipez ce basculement plusieurs mois à l'avance avec l'Assurance retraite au 3960 (service gratuit + prix appel) et avec votre Caf au 3230 (service gratuit + prix d'un appel), pour éviter un mois sans ressources.

7. MDPH, CDAPH, Caf : qui décide, qui verse, et qui appeler ?

C'est la confusion la plus fréquente, et elle fait perdre des semaines. Trois acteurs, dans cet ordre :

  • La MDPH de votre département reçoit et instruit le dossier.
  • La CDAPH, qui siège au sein de cette MDPH, décide : elle fixe le taux d'incapacité, ouvre ou refuse le droit, et arrête sa durée.
  • La Caf — ou la MSA pour les ressortissants du régime agricole — verse ensuite l'allocation chaque mois et en calcule le montant d'après vos ressources.

Conséquence pratique : un désaccord sur le taux ou sur un refus se conteste auprès de la MDPH ; un désaccord sur le montant versé ou un trop-perçu se traite avec la Caf ou la MSA. Écrire au mauvais organisme fait perdre le délai de 2 mois.

Les contacts gratuits, à utiliser en premier :

  • Votre MDPH, seul interlocuteur du dossier : coordonnées dans l'annuaire de monparcourshandicap.gouv.fr.
  • 0 800 360 360 : numéro d'information sur le handicap, « service et appel gratuits », accessible en LSF, LfPC et TIP, présenté sur handicap.gouv.fr. Il met en relation avec des professionnels près de chez vous.
  • 3230 : la Caf, « service gratuit + prix d'un appel », du lundi au vendredi de 9 h à 16 h 30 30 d'après l'annuaire de service-public.gouv.fr — pour tout ce qui concerne le versement.
  • mesdroitssociaux.gouv.fr pour une estimation gratuite, et service-public.gouv.fr pour l'information officielle de référence.
  • Un accueil France Services ou le CCAS de votre commune : aide gratuite au remplissage du dossier, en face à face.

Et le 3242 ? Mon Portail Social est un service privé d'information, édité par Avantage Prod, sans aucun lien avec la CAF, France Travail, la MSA, la MDPH ni aucune administration. Au 3242 — 3 € par appel + prix d'un appel —, des agents conversationnels fondés sur l'intelligence artificielle répondent pour vous aider à comprendre une notification et à préparer votre démarche. Ce service n'instruit aucun dossier et ne dépose aucune demande ; il ne délivre pas de conseil juridique, ne fait rien à votre place et ne garantit aucun résultat. Il ne remplace ni la MDPH, ni les numéros gratuits ci-dessus, et n'accélère aucune décision.

8. Que faire si l'AAH est refusée, réduite ou arrêtée ?

Un refus n'est pas la fin du parcours : la loi organise une voie de recours, et elle est obligatoire avant tout juge.

Contre une décision de la CDAPH — refus, taux jugé trop bas, durée trop courte, restriction d'accès à l'emploi non reconnue —, il faut former un recours administratif préalable obligatoire. L'article R142-1-A du code de la sécurité sociale fixe le délai : 2 mois à compter de la notification de la décision contestée. L'article R241-36 du code de l'action sociale et des familles précise qu'il s'adresse à la MDPH, « par tout moyen lui conférant date certaine », avec une lettre de saisine de la CDAPH et une copie de la décision contestée. L'article R241-41 du même code ajoute que le silence gardé plus de 2 mois par la CDAPH sur ce recours vaut à son tour rejet, ce qui ouvre un nouveau délai de 2 mois pour saisir le pôle social du tribunal judiciaire.

Le déroulé complet, les pièces qui pèsent réellement dans la décision et la conciliation gratuite en MDPH sont détaillés sur notre page dédiée : AAH refusée : faire un recours.

Si l'AAH ne peut pas vous être accordée, vérifiez d'autres droits selon votre situation : l'allocation supplémentaire d'invalidité (Asi) lorsque vous percevez une pension d'invalidité avant l'âge de la retraite, la prestation de compensation du handicap (PCH) pour les aides humaines, techniques et l'aménagement du logement, la majoration pour la vie autonome si vous êtes déjà allocataire, et la complémentaire santé solidaire (C2S) pour la prise en charge de vos soins. Le simulateur gratuit mesdroitssociaux.gouv.fr balaie plusieurs de ces droits en une fois.

Une mise en garde, enfin : aucune administration ne vous appellera pour réclamer un paiement, un numéro de carte bancaire ou une pièce d'identité par téléphone. La MDPH et la Caf ne procèdent pas ainsi. En cas de doute, raccrochez et rappelez vous-même votre caisse au 3230.

Questions fréquentes

Quel est le montant de l'AAH en 2026 ?

Le montant mensuel maximal est de 1 041,59 € depuis le 1er avril 2026, fixé par le décret n° 2026-229 du 30 mars 2026 (518,73 € à Mayotte). C'est un maximum : l'AAH étant différentielle, la Caf ou la MSA en déduit les ressources prises en compte. Vous pouvez donc percevoir moins, et seul l'organisme établit le montant.

Faut-il obligatoirement 80 % d'incapacité pour avoir l'AAH ?

Non. Un taux de 50 à 79 % suffit si la CDAPH reconnaît en plus une restriction substantielle et durable pour l'accès à l'emploi. En décembre 2025, la Drees comptait 749 800 allocataires dans ce cas sur 1,39 million, soit 54 % des bénéficiaires de l'AAH.

Les revenus de mon conjoint sont-ils pris en compte ?

En principe non depuis le 1er octobre 2023. Mais service-public.gouv.fr précise que ce calcul individuel s'applique « uniquement s'il est plus avantageux pour vous » : sinon, le cumul avec les ressources de votre conjoint continue de s'appliquer. La Caf ou la MSA compare les deux calculs et retient le plus favorable, sans démarche de votre part.

L'AAH peut-elle être accordée à vie ?

Oui, à partir d'un taux d'incapacité de 80 %. L'article R821-5 du code de la sécurité sociale prévoit une attribution « sans limitation de durée » lorsque les limitations d'activité ne sont pas susceptibles d'évoluer favorablement. Entre 50 et 79 %, la durée maximale est de 5 ans. Seule la CDAPH en décide.

Où déposer la demande d'AAH ?

À la MDPH de votre département, avec le Cerfa 15692*01 et un certificat médical Cerfa 15695*01 dont la validité est de 12 mois. Ni la Caf ni la MSA ne reçoivent la demande : elles versent l'allocation après la décision de la CDAPH. La démarche est gratuite et le délai de réponse est de 4 mois.

Le 3242 peut-il déposer ma demande d'AAH à ma place ?

Non. Le 3242 — 3 € par appel + prix d'un appel — est un service privé d'information édité par Avantage Prod, sans lien avec la CAF, France Travail, la MSA, la MDPH ni aucune administration. Des agents conversationnels fondés sur l'intelligence artificielle y expliquent une notification et aident à préparer un dossier, mais n'instruisent ni ne déposent aucune demande. Seule la MDPH reçoit la demande, gratuitement, et le 3230 renseigne gratuitement sur le versement.

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