Pension de veuf ou veuve invalide

La pension de veuf ou veuve invalide existe toujours sous ce nom en juillet 2026 : elle est versée par l'Assurance maladie au conjoint survivant de moins de 55 ans dont la capacité de travail est réduite d'au moins deux tiers, et son ouverture n'est soumise à aucune condition de ressources.

Deux règles pèsent lourd sur la suite : la pension est supprimée en cas de remariage, et à 55 ans elle est transformée en pension de vieillesse de veuve ou de veuf d'un montant égal, versée par l'Assurance retraite. Elle n'est pas cumulable avec la pension de réversion : seule la plus élevée des deux est payée.

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Etes-vous éligible ? Conditions, montant, durée et inscription

Eligibilité

Cette pension s'adresse au conjoint survivant, c'est-à-dire à une personne qui était mariée avec l'assuré décédé. Le Pacs et le concubinage n'ouvrent pas ce droit.

Trois conditions sont examinées :

  • avoir moins de 55 ans : il s'agit bien d'une limite d'âge à ne pas dépasser, et non d'un âge minimum à atteindre ;
  • présenter une invalidité médicalement reconnue qui réduit d'au moins deux tiers votre capacité de travail ;
  • du côté du défunt : votre conjoint devait lui-même percevoir, ou pouvoir percevoir, une pension d'invalidité ou une pension de retraite.

Aucune condition de ressources n'est posée pour ouvrir ce droit : la fiche officielle ne fixe aucun plafond de revenus, et vos revenus n'ont pas à être comparés à un barème pour savoir si vous êtes éligible. Les plafonds dont on entend souvent parler concernent la pension de réversion et l'allocation supplémentaire d'invalidité, qui sont des dispositifs distincts.

Une fois la pension attribuée, la question du travail se pose différemment : l'Assurance maladie indique que cette pension peut se cumuler avec des avantages personnels et avec la reprise d'une activité professionnelle « sous certaines limites », sans publier ces limites. Si vous travaillez ou reprenez un emploi, signalez-le à votre caisse et demandez-lui par écrit quelles limites de cumul s'appliquent à votre dossier : elle seule peut vous répondre.

La réduction d'au moins deux tiers de la capacité de travail (environ 66,7 %) est appréciée par le médecin-conseil de votre caisse d'assurance maladie. Elle ne se confond pas avec le taux d'incapacité attribué par la MDPH : un taux MDPH de 55 % ne permet de conclure ni dans un sens ni dans l'autre, seul le médecin-conseil se prononce. Conditions relevées sur service-public.gouv.fr, fiche F2981 (page vérifiée le 10 mars 2025, en ligne en juillet 2026) ; règles de cumul relevées sur ameli.fr.

Comment en bénéficier ?

La demande se fait avec le formulaire cerfa n°11791*03 (« Demande de pension d'invalidité de veuf(ve) », référence R1436), à adresser à la CPAM du dernier lieu de travail du conjoint décédé. Si le défunt relevait du régime agricole, adressez-vous à votre caisse de MSA.

La date de dépôt détermine le point de départ du versement :

  • demande déposée dans l'année qui suit le décès : la pension est versée à partir du premier jour du mois suivant le décès ;
  • demande déposée plus d'un an après le décès : la pension est versée à partir du premier jour du mois suivant la réception de votre demande. Le droit n'est donc pas perdu, mais la période antérieure n'est pas rattrapée.

L'Assurance maladie indique de joindre un certificat médical attestant votre incapacité, un justificatif d'identité, un avis de non-imposition, la notification de votre propre pension d'invalidité ou de retraite si vous en avez une, et la carte Vitale ou l'attestation de droits du conjoint décédé. La notice jointe au formulaire reste la référence pour votre dossier : relisez-la avant l'envoi.

La démarche est gratuite et vous n'avez rien à avancer. Personne ne vous demandera vos coordonnées bancaires ou une pièce d'identité par téléphone pour déposer ce dossier : les justificatifs se transmettent avec le formulaire, à votre caisse. Si vous voulez de l'aide pour le remplir, le service social de votre CPAM, un accueil France Services ou le CCAS de votre commune le font gratuitement avec vous.

Formulaire, délai et points de départ du versement relevés sur service-public.gouv.fr, fiche F2981, sur la page du formulaire R1436 (cerfa vérifié le 11 mars 2025) et sur ameli.fr, « Pension de veuve ou de veuf invalide ».

Organisme

La pension est versée par votre caisse primaire d'assurance maladie (CPAM), ou par la MSA si le conjoint décédé relevait du régime agricole. C'est elle qui instruit le dossier et qui décide, après avis de son médecin-conseil. À vos 55 ans, le relais est pris par l'Assurance retraite (Carsat) sous forme de pension de réversion.

Pour poser vos questions sans payer autre chose que votre communication :

  • Assurance Maladie : 3646, « service gratuit + prix appel », du lundi au vendredi, en général de 8h30 à 17h30 selon le département, et votre compte sur ameli.fr ;
  • régime agricole : votre caisse de MSA, dont les coordonnées figurent sur msa.fr ;
  • Assurance retraite, pour la réversion à partir de 55 ans : 3960, service gratuit + prix d'un appel, et lassuranceretraite.fr ;
  • la règle écrite et un panorama de vos droits : service-public.gouv.fr et mesdroitssociaux.gouv.fr.

Un accueil France Services, le CCAS de votre mairie ou le service social de votre département vous reçoivent gratuitement, y compris pour rédiger un courrier ou suivre un dossier déjà déposé.

monportailsocial.fr est un service privé et indépendant. Nous ne sommes ni l'Assurance maladie, ni la MSA, ni l'Assurance retraite, et nous n'instruisons aucun dossier : la demande se dépose auprès de votre caisse, gratuitement.

Montant, Durée

Le montant n'est pas forfaitaire : il se calcule à partir de la pension du conjoint décédé.

  • 54 % de la pension d'invalidité de 2e catégorie que le conjoint décédé percevait ou aurait pu percevoir — ou de sa pension de retraite s'il est décédé après l'âge légal de départ à la retraite ;
  • + 10 % si vous avez eu au moins 3 enfants. C'est une majoration forfaitaire : elle ne progresse pas au-delà de trois enfants ;
  • un montant minimum existe : le code de la sécurité sociale prévoit que la pension « ne peut être inférieure à un montant fixé par décret ». Ce plancher n'est pas affiché sur la fiche officielle : demandez-le à votre caisse, ou au 3646 (service gratuit + prix appel).

Pour situer l'assiette du calcul : une pension d'invalidité de 2e catégorie est comprise entre 338,31 € et 2 002,50 € par mois. Nous ne convertissons pas ces bornes en montant de pension de veuf ou veuve invalide : aucune fourchette de ce genre n'est publiée, le plancher légal ci-dessus s'applique, et l'assiette peut aussi être une pension de retraite d'un montant supérieur. Seule la notification de votre caisse indique le montant qui vous est dû.

Bornes de l'assiette relevées sur service-public.gouv.fr, fiche F672, page vérifiée le 1er avril 2026 (les pensions d'invalidité sont revalorisées au 1er avril).

Sur la durée, trois règles décident de la suite :

  • la pension est supprimée en cas de remariage, ainsi que si votre état d'invalidité cesse. En cas de divorce ou de nouveau veuvage, le droit peut être recouvré ;
  • à 55 ans, elle est transformée en pension de vieillesse de veuve ou de veuf « d'un montant égal », versée par l'Assurance retraite — service-public.gouv.fr parle de pension de réversion. C'est l'organisme qui change, pas le montant ;
  • elle n'est pas cumulable avec la pension de réversion de l'Assurance retraite : les deux ne s'additionnent pas, seule la pension dont le montant est le plus élevé est versée.

Taux, majoration, remariage, bascule à 55 ans et non-cumul : fiche F2981, page vérifiée le 10 mars 2025. Montant minimum, suppression et transformation : articles L342-4 à L342-6 du code de la sécurité sociale. Cessation de l'invalidité et rétablissement : ameli.fr. Si vous demandez par ailleurs une pension de réversion, ses conditions de ressources lui sont propres et figurent sur la fiche F13104 (page vérifiée le 1er janvier 2026) ; pour votre situation à 55 ans, interrogez l'Assurance retraite au 3960 (service gratuit + prix d'un appel).

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