RQTH : de 1 à 10 ans, et sans limitation de durée si le handicap est définitif

Une RQTH se lit moins comme une carte que comme une date. La question qui revient le plus n'est pas « à quoi sert-elle », mais « combien de temps vaut-elle, et que faire à l'échéance ». Les textes répondent précisément. Ce qui manque aux fiches officielles, ce sont les conséquences pratiques : quelle date fait courir les délais, ce que la reconnaissance change chez un employeur, et ce qu'elle n'ouvre pas — car on lui prête beaucoup.

Mis à jour le

La RQTH est une décision de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH), prise au nom de la MDPH. Sa durée de validité « ne peut être inférieure à un an ni excéder dix ans », et elle est attribuée « sans limitation de durée » en cas d'altération définitive (article R. 241-31 du code de l'action sociale et des familles). Le renouvellement n'est pas automatique : déposée avant l'échéance, la demande proroge la reconnaissance jusqu'à la nouvelle décision. La CDAPH a quatre mois à compter de la recevabilité du dossier ; passé ce délai, son silence vaut rejet.

Si la reconnaissance tarde et que l'emploi est déjà en jeu, plusieurs choses ne dépendent pas de la MDPH et vont plus vite. « En vue de favoriser le maintien dans l'emploi, les travailleurs en arrêt de travail d'une durée de plus de trente jours peuvent bénéficier d'une visite de préreprise » (article R. 4624-29 du code du travail) : elle se sollicite pendant l'arrêt, auprès du service de prévention et de santé au travail, et c'est là qu'un aménagement se prépare — pas après l'avis d'inaptitude. Si vous êtes inscrit à France Travail, signalez votre situation à votre conseiller au 3949 (service gratuit + prix d'un appel), sans attendre la décision.

Si le budget ne tient plus, le CCAS de votre commune peut accorder une aide d'urgence ou l'accès à une épicerie solidaire, et le Fonds de solidarité pour le logement de votre département intervient sur un loyer ou une facture d'énergie en retard : il se demande auprès du service social du département, du CCAS ou d'une France Services. Prévenez par écrit avant que l'impayé ne s'installe.

Pour un hébergement d'urgence, le 115 répond gratuitement, 24 h/24. Si la situation vous atteint moralement — une reconnaissance de handicap est une étape éprouvante, même accordée —, le 3114, numéro national de prévention du suicide, est gratuit et joignable à toute heure. Votre médecin traitant reste l'interlocuteur pour ce qui touche à la santé : ce site n'est pas un service médical et ne remplace pas un professionnel de santé.

Que faire, dans l'ordre

  1. Relisez votre notification, et notez-y deux choses : la durée et la date de fin. C'est le seul document qui fasse foi pour votre dossier : la décision est motivée et prise au nom de la MDPH (article R. 241-31 du code de l'action sociale et des familles), et c'est la durée qu'elle retient qui compte, pas la durée maximale prévue par les textes. Le même article ajoute une règle utile aux dossiers qui demandent plusieurs droits : quand une attribution sans limitation de durée n'est pas possible, « les droits sont attribués pour la durée la plus longue des droits concernés », sauf appréciation contraire et motivée de l'équipe pluridisciplinaire ou intérêt contraire du demandeur. Si la mention de durée est illisible, demandez une copie par écrit avant toute autre démarche.
  2. Ce que vous montrez à un employeur, c'est votre notification — pas votre dossier médical. La notification de RQTH ne contient aucun élément de santé, et le code du travail veut qu'elle soit explicite sur vos droits : « toute décision prise en application des 1° et 11° de l'article L. 5212-13 » — la RQTH et l'AAH — comporte la mention des droits ouverts en vue de l'insertion professionnelle (article R. 5212-1-5, II, du code du travail, créé par le décret no 2018-850 du 5 octobre 2018). L'attestation de bénéficiaire de l'obligation d'emploi sur feuillet séparé, prévue au I du même article et par l'arrêté du 20 décembre 2018, est en revanche délivrée par d'autres organismes que la MDPH — caisse primaire d'assurance maladie, mutualité sociale agricole, ministère de la défense ou de l'intérieur (III du même article). Ne la cherchez donc pas dans un courrier de MDPH : elle concerne les rentes d'accident du travail, les pensions d'invalidité et les situations militaires.
  3. Vérifiez si vous n'avez rien à demander : dans plusieurs cas, les droits sont déjà là. L'article L. 5213-2 du code du travail prévoit que, « pour les personnes âgées de quinze à vingt ans », l'attribution de l'AEEH ou de la prestation de compensation du handicap « ainsi que le bénéfice d'un projet personnalisé de scolarisation valent reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé » ; il ajoute que « lorsque le handicap est irréversible, la qualité de travailleur handicapé est attribuée de façon définitive ». Par ailleurs, l'article L. 5212-13-1, créé par la loi no 2023-1196 du 18 décembre 2023, rend les dispositions du code du travail relatives aux travailleurs reconnus handicapés par la CDAPH applicables « aux personnes mentionnées à l'article L. 5212-13 », à l'exception de celles visées au 5° de cet article : sont donc concernés, entre autres, la rente d'accident du travail pour une incapacité permanente d'au moins 10 %, la pension d'invalidité réduisant des deux tiers la capacité de travail ou de gain, la carte mobilité inclusion mention « invalidité » et l'AAH. Vérifiez ce point avant de déposer : c'est ce qui fait gagner le plus de temps.
  4. Pour une première demande, retenez que le délai ne part pas de votre envoi. La demande se dépose auprès de la MDPH de votre département de résidence, en ligne quand le service existe, sinon par formulaire papier. Ce qui déclenche le compte à rebours, c'est la recevabilité : une demande est jugée recevable, écrit la CNSA, « lorsque sont réceptionnés le formulaire de demande accompagné des pièces justificatives obligatoires (certificat médical daté de moins d'un an, justificatif d'identité […], justificatif de domicile […]) ». Tant qu'une pièce manque — un certificat de plus d'un an, par exemple —, la demande n'est pas recevable et le délai de quatre mois n'a pas commencé à courir : c'est plus discret qu'un refus, et cela coûte plus cher en temps. Quatre mois après cette date, le silence de la commission vaut rejet.
  5. Pour un renouvellement, la seule date qui protège est celle de l'échéance. « Toute demande de renouvellement de la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé […] proroge les effets du bénéfice de la reconnaissance […] jusqu'à ce qu'il soit statué à nouveau sur son renouvellement […], dès lors qu'elle a été déposée avant l'échéance du droit en cours par tout moyen permettant de conférer date certaine à la réception de cette demande » (article R. 5213-1-1 du code du travail). Deux conséquences pratiques : la preuve de réception n'est pas un conseil de prudence mais une condition du texte ; et « le bénéfice de cette prorogation demeure acquis indépendamment du sort de la demande en cours d'instruction », donc même un renouvellement finalement refusé ne rétroagit pas sur la période d'attente. Les pages officielles conseillent de déposer quatre mois avant la fin : bon repère, mais la condition, c'est « avant l'échéance ».
  6. Décidez ce que vous en faites au travail — la reconnaissance ne parle pas toute seule. Rien ne vous oblige à l'annoncer à votre employeur, mais rien ne s'aménage tant qu'il l'ignore. L'article L. 5213-6 du code du travail lui impose de prendre, « en fonction des besoins dans une situation concrète, les mesures appropriées pour permettre aux travailleurs mentionnés aux 1° à 4° et 9° à 11° de l'article L. 5212-13 d'accéder à un emploi ou de conserver un emploi correspondant à leur qualification, de l'exercer ou d'y progresser ou pour qu'une formation adaptée à leurs besoins leur soit dispensée ». Ces mesures s'imposent sous réserve que les charges ne soient pas disproportionnées, compte tenu des aides prévues à l'article L. 5213-10, et le refus de les prendre « peut être constitutif d'une discrimination au sens de l'article L. 1133-3 ». Passez par un écrit daté : c'est ce qui fait courir son obligation.
  7. Réclamez la majoration de vos droits à la formation : elle ne vient pas seule. Le compte personnel de formation d'un salarié bénéficiaire de l'obligation d'emploi est « majoré d'un montant forfaitaire de 300 € » par an, ce qui porte à 800 € le maximum acquis sur une année, et « le plafond maximal du compteur formation passe de 5 000 € à 8 000 € » (moncompteformation.gouv.fr). Si votre employeur connaît votre situation, vous n'avez « aucune démarche particulière à entreprendre » : la Caisse des dépôts récupère l'information dans les déclarations sociales. Sinon, déposez vous-même votre justificatif depuis votre espace Mon Compte Formation.
  8. Si la réponse est un refus, ne saisissez pas directement un tribunal. Un recours administratif préalable est obligatoire, dans les deux mois : le détail figure plus bas.

Toutes ces démarches sont gratuites et se font auprès de la MDPH, de France Travail et des services publics. Si vous voulez seulement comprendre ce que porte votre notification, quelle date fait courir vos délais et à qui adresser votre courrier, notre service d'assistance répond au 3242 (3 € par appel + prix d'un appel). C'est une aide facultative : nous ne sommes ni la MDPH ni France Travail, nous n'instruisons aucun dossier et nous ne délivrons aucune reconnaissance.

Pourquoi c'est bloqué

Ce qu'il faut savoirCe que disent les sources officiellesCe que cela change pour vous
DuréeLa durée de validité des décisions de la CDAPH « ne peut être inférieure à un an ni excéder dix ans sauf dispositions législatives ou réglementaires spécifiques contraires » (article R. 241-31 du code de l'action sociale et des familles)Un à dix ans est la fourchette, pas la règle : votre notification porte une durée qui lui est propre. C'est la seule à retenir
Sans limitation de duréeLa RQTH est attribuée « sans limitation de durée à toute personne qui présente, compte tenu des données de la science, une altération définitive d'une ou plusieurs fonctions physique, sensorielle, mentale, cognitive ou psychique qui réduit ses possibilités d'obtenir ou de conserver un emploi » (même article, dans sa version issue du décret no 2018-1222 du 24 décembre 2018, en vigueur depuis le 1er janvier 2019). L'article L. 5213-2 du code du travail ajoute que « lorsque le handicap est irréversible, la qualité de travailleur handicapé est attribuée de façon définitive »Le critère est le caractère définitif de l'altération, pas sa gravité ni un taux. C'est ce mot qu'il faut faire figurer au certificat médical
RenouvellementUne demande de renouvellement « proroge les effets du bénéfice de la reconnaissance […] jusqu'à ce qu'il soit statué à nouveau […], dès lors qu'elle a été déposée avant l'échéance du droit en cours par tout moyen permettant de conférer date certaine à la réception de cette demande » ; ce bénéfice « demeure acquis indépendamment du sort de la demande en cours d'instruction » (article R. 5213-1-1 du code du travail). Les fiches officielles conseillent quatre mois avant l'échéanceDéposée à temps et de façon prouvable, la demande évite tout trou de droits. Déposée après, elle ne proroge rien : vous êtes, en attendant, sans reconnaissance
Ce qu'elle ouvreL'obligation pour l'employeur de prendre « les mesures appropriées » pour l'accès à l'emploi, son maintien, son exercice, la progression ou une formation adaptée, leur refus pouvant « être constitutif d'une discrimination » (article L. 5213-6 du code du travail) ; le doublement du préavis de licenciement, sans dépasser trois mois (article L. 5213-9) ; la majoration des droits CPF (moncompteformation.gouv.fr) ; l'accompagnement des organismes de placement spécialisés chargés « de la préparation, de l'accompagnement, du suivi durable et du maintien dans l'emploi des personnes handicapées » (article L. 5214-3-1), le réseau Cap emploi ; l'entreprise adaptée et l'emploi accompagnéDes droits qui s'exercent auprès de quelqu'un. Une RQTH gardée pour soi ne produit presque aucun de ces effets
Ce qu'elle n'ouvre pasLa fiche de service-public.gouv.fr indique que la RQTH ne modifie ni le salaire ou les primes, ni le contrat de travail, et qu'elle n'ouvre pas droit, par elle-même, à un départ anticipé à la retraiteNi allocation, ni taux d'incapacité, ni carte. L'AAH, la PCH et la carte mobilité inclusion se demandent séparément, avec leurs propres conditions

Situation vérifiée au 9 septembre 2026. Sources : code de l'action sociale et des familles (articles R. 241-31, R. 241-33, R. 241-35, R. 241-36, R. 241-41) et code du travail (articles L. 5212-13, L. 5212-13-1, L. 5213-2, L. 5213-6, L. 5213-9, L. 5214-3-1, R. 5212-1-5, R. 5213-1-1) sur legifrance.gouv.fr ; décrets no 2018-850 du 5 octobre 2018 et no 2018-1222 du 24 décembre 2018, arrêté du 20 décembre 2018, loi no 2023-1196 du 18 décembre 2023 ; fiche F1650 de service-public.gouv.fr (vérifiée le 24 mars 2026) ; CNSA, Repères statistiques no 23, « Attribution des droits par les MDPH en 2023 », mars 2025, et fiche d'information INCa-CNSA no 9 bis ; France Travail, Statistiques et indicateurs no 25.020, septembre 2025 ; moncompteformation.gouv.fr. Les textes évoluent : vérifiez l'état du droit avant une démarche engageante.

Ce que les fiches officielles ne disent pas

Le chiffre qui circule ne compte pas ce que l'on croit. On lit souvent que « 3,3 millions de personnes ont une RQTH ». La source dit autre chose : France Travail écrit que « 3,3 millions de personnes sont titulaires d'une reconnaissance administrative de handicap […], soit 8,1 % de la population âgée de 15 à 64 ans en 2024 », en renvoyant aux données de l'Insee. Et la même publication précise le périmètre de cette notion : elle réunit la RQTH délivrée par une MDPH, l'AAH, la pension d'invalidité et la rente pour accident du travail ou maladie professionnelle. Bien plus large que la RQTH.

Le compte propre à la RQTH existe, et il est ailleurs. Au 31 décembre 2023, la CNSA dénombre 2 830 000 droits ouverts au titre de la RQTH, soit 20,19 % de tous les droits ouverts par les MDPH — premier poste, devant l'AAH (1 753 000). En 2023, 702 900 demandes ont été déposées (+9,8 %) et 697 500 accordées. Précaution que la CNSA formule elle-même : ce sont des droits ouverts, pas des personnes, et « des droits sont susceptibles de ne pas être systématiquement fermés dans les outils de gestion, en particulier en cas de décès de l'usager, ce qui peut amener à une surestimation des droits ouverts ».

Le délai légal et le délai réel ne coïncident pas. Le droit fixe quatre mois au-delà desquels le silence vaut rejet ; la mesure donne un délai moyen de traitement de 4,7 mois pour la RQTH en 2023, après 4,8 mois en 2022. La comparaison est loyale, car les deux se comptent depuis la même date : la CNSA mesure « le délai entre la date de recevabilité de la demande et la date de la décision », qui est aussi le point de départ des quatre mois. Dans un dossier moyen, la date du rejet tacite est donc atteinte avant que la décision n'arrive. La fiche officielle n'en dit rien, et c'est pourtant ce qui explique l'inquiétude du cinquième mois.

Le refus de RQTH est rare — ce n'est pas là que le dossier se joue. Son taux d'accord est de 96,3 % en 2023, le plus élevé de toutes les prestations MDPH, contre 65 % pour l'AAH et 47,1 % pour la PCH (CNSA). Moyenne nationale et non promesse individuelle, mais elle situe le risque : dans un dossier qui demande plusieurs droits, le soin doit aller à l'AAH et à la PCH.

Votre situation, et ce qu'elle donne

Votre situationCe que vous pouvez attendreCe qu'il faut faire
Votre RQTH expire dans quelques moisAucune coupure si vous déposez à temps : la demande proroge la reconnaissance en cours jusqu'à la nouvelle décision, et ce bénéfice reste acquis même si le renouvellement est ensuite refuséDéposez avant l'échéance — les fiches officielles conseillent quatre mois avant — « par tout moyen permettant de conférer date certaine à la réception » : recommandé avec accusé de réception, ou dépôt en ligne avec accusé
Vous avez une pension d'invalidité, une rente d'accident du travail, l'AAH, ou la CMI « invalidité »Les dispositions du code du travail réservées aux travailleurs reconnus handicapés vous sont applicables pour l'emploi et la formation, sans passer par la MDPH (article L. 5212-13-1)Selon le droit concerné, l'attestation de bénéficiaire de l'obligation d'emploi est délivrée par votre CPAM ou votre MSA ; pour l'AAH et la CMI « invalidité », c'est la décision elle-même qui porte la mention de vos droits. Voir notre page handicap et invalidité
Votre enfant de quinze à vingt ans perçoit l'AEEH ou la PCH, ou a un projet personnalisé de scolarisationLa reconnaissance est déjà acquise : ces droits « valent reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé » (article L. 5213-2 du code du travail)En tant que parent, appuyez-vous sur la notification existante plutôt que de déposer une RQTH : elle servira pour un apprentissage ou un premier emploi. Voir notre page allocation d'éducation de l'enfant handicapé
La RQTH est refusée, ou l'AAH demandée dans le même dossier ne l'est pasLe refus de RQTH est rare — 96,3 % d'accord en 2023 — et il est motivé ; celui de l'AAH est bien plus fréquentLisez le motif, puis formez un recours administratif préalable dans les deux mois : le détail figure ci-dessous. Attention, les deux refus ne se contestent pas devant la même juridiction. Pour l'AAH, voir notre page AAH refusée, quels recours

Délais à ne pas laisser passer

Le délai d'instruction est de quatre mois, et il ne part pas du jour de votre envoi. « Le silence gardé pendant plus de quatre mois par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées à partir de la date à laquelle la demande présentée auprès de la maison départementale des personnes handicapées doit être regardée comme recevable […] vaut décision de rejet » (article R. 241-33 du code de l'action sociale et des familles). Le point de départ est la recevabilité : la réception du formulaire complet avec ses pièces obligatoires, dont un certificat médical de moins d'un an. Demandez que cette date vous soit confirmée par écrit : c'est elle, et non le cachet de la poste, qui commande la suite.

Le recours administratif préalable est obligatoire, et il a deux mois. Pour une décision de RQTH, le recours contentieux « est précédé d'un recours préalable » (article R. 241-35 du code de l'action sociale et des familles, qui visé notamment le 4° du I de l'article L. 241-6, c'est-à-dire la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé). Ce recours administratif préalable obligatoire (RAPO) est adressé à la MDPH « par tout moyen lui conférant date certaine » (article R. 241-36), dans les deux mois qui suivent la notification de la décision contestée. Envoyez-le en recommandé avec accusé de réception, joignez une copie de la décision et exposez ce qui n'a pas été pris en compte : éléments médicaux nouveaux, description du poste et des difficultés. Une saisine du tribunal sans RAPO est irrecevable.

Le silence sur votre recours a lui aussi un terme. « Le silence gardé pendant plus de deux mois par la commission […] à partir de la date à laquelle le recours préalable obligatoire a été adressé à la maison départementale des personnes handicapées vaut décision de rejet » (article R. 241-41). Ce rejet implicite vous rend l'accès au juge : vous n'avez pas à attendre une réponse écrite indéfiniment.

Ensuite, ce n'est pas le même tribunal que pour l'AAH ou la PCH. Pour la RQTH, le recours contentieux se porte devant le tribunal administratif, dans les deux mois suivant la décision rendue sur le RAPO (fiche « Reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé » de service-public.gouv.fr ; fiche INCa-CNSA no 9 bis, qui range aussi de ce côté l'orientation professionnelle des adultes et l'orientation en ESAT, CRP ou CPO). Les contestations portant sur l'AAH, la PCH, l'AEEH ou la carte mobilité inclusion mention « invalidité » ou « priorité » relèvent au contraire du tribunal judiciaire, pôle social. Un même dossier MDPH peut donc donner deux recours devant deux juridictions différentes : c'est l'erreur d'aiguillage la plus coûteuse, parce qu'elle se découvre une fois le délai écoulé. La notification indique la juridiction compétente : c'est elle qui tranche votre cas.

Une notification muette ne fait pas courir le délai contre vous. « Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision » (article R. 421-5 du code de justice administrative). Le Conseil d'État juge toutefois qu'une décision notifiée ne peut pas être contestée indéfiniment et retient, en règle générale, un délai raisonnable d'un an à compter du jour où l'intéressé en a eu connaissance (Conseil d'État, Assemblée, 13 juillet 2016, no 387763). Agir vite reste plus simple que discuter du décompte.

Et si c'est la durée, et non le principe, qui pose problème ? Une RQTH accordée pour deux ans alors que la situation est définitive se conteste comme le reste, par la même voie : le RAPO, avec un certificat médical qui dit expressément que l'altération est définitive — c'est le mot du texte, et c'est lui que la commission recherche.

Le délai qui fait foi est celui inscrit sur votre notification. À défaut, conservez la preuve de la date de dépôt de votre demande et de sa recevabilité.

L'organisme est joignable gratuitement

Tout se demande et se vérifie gratuitement, auprès de la MDPH et des services publics.

  • Votre MDPH — c'est elle qui reçoit la demande, en ligne quand le service existe dans votre département, sinon par formulaire papier. Ses coordonnées figurent sur le site de votre conseil départemental et dans l'annuaire de monparcourshandicap.gouv.fr : cherchez-y la vôtre, les modalités diffèrent d'un département à l'autre.
  • La fiche officielle : « Reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé » sur service-public.gouv.fr — procédure, délais, voies de recours, et sa date de vérification.
  • Les textes qui font foi, sur legifrance.gouv.fr : articles R. 241-31, R. 241-33, R. 241-35, R. 241-36 et R. 241-41 du code de l'action sociale et des familles ; articles L. 5212-13, L. 5212-13-1, L. 5213-2, L. 5213-6, L. 5213-9, R. 5212-1-5 et R. 5213-1-1 du code du travail. Ce sont les références à citer dans un courrier.
  • France Travail : 3949 (service gratuit + prix d'un appel) pour l'accompagnement vers l'emploi. Le réseau Cap emploi est constitué des organismes de placement spécialisés chargés, selon l'article L. 5214-3-1 du code du travail, « de la préparation, de l'accompagnement, du suivi durable et du maintien dans l'emploi des personnes handicapées » : demandez à votre conseiller comment y être orienté. Voir notre page joindre France Travail.
  • L'Agefiph (secteur privé) et le FIPHFP (fonction publique) financent l'adaptation du poste et le maintien dans l'emploi : agefiph.fr, fiphfp.fr.
  • Le Défenseur des droits : 09 69 39 00 00, du lundi au vendredi de 8 h 30 à 19 h 30, au coût d'un appel local, si un refus d'aménagement vous paraît discriminatoire. La saisine est gratuite, y compris par courrier en libre réponse, sans timbre.
  • CAF : 3230 (service gratuit + prix d'un appel) pour l'AAH, qui ne se confond pas avec la RQTH. Les téléconseillers répondent généralement du lundi au vendredi de 9 h à 16 h 30 ; certaines caisses annoncent une plage plus courte — vérifiez celle de la vôtre. Votre espace sur caf.fr reste accessible en permanence. Voir notre page allocation aux adultes handicapés.
  • 3939 Allô Service Public (« service gratuit, coût de l'appel selon opérateur ») pour une question d'orientation administrative.
  • Accueils gratuits près de chez vous : une France Services, le CCAS de votre commune, ou une association d'usagers. On y fait relire un dossier et rédiger un recours sans frais.

Aucun organisme ne vous demandera vos coordonnées bancaires par téléphone au titre d'une RQTH : cette reconnaissance ne donne lieu à aucun versement. Si l'on vous les réclame, raccrochez.

Questions fréquentes

Combien de temps dure une RQTH ?

Entre un an et dix ans, selon ce que retient la commission : la durée de validité des décisions de la CDAPH « ne peut être inférieure à un an ni excéder dix ans sauf dispositions législatives ou réglementaires spécifiques contraires » (article R. 241-31 du code de l'action sociale et des familles). Elle est attribuée sans limitation de durée « à toute personne qui présente, compte tenu des données de la science, une altération définitive » d'une ou plusieurs fonctions physique, sensorielle, mentale, cognitive ou psychique qui réduit ses possibilités d'obtenir ou de conserver un emploi. L'article L. 5213-2 du code du travail dit la même chose autrement : « lorsque le handicap est irréversible, la qualité de travailleur handicapé est attribuée de façon définitive ». Le critère est donc le caractère définitif de l'altération, et non sa gravité ni un taux d'incapacité. La seule durée qui vous concerne est celle inscrite sur votre notification : c'est le document de référence, et il porte la date de fin.

Quand demander le renouvellement, et perd-on ses droits en attendant ?

Avant l'échéance du droit en cours : c'est la seule condition qui compte juridiquement. « Toute demande de renouvellement de la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé […] proroge les effets du bénéfice de la reconnaissance […] jusqu'à ce qu'il soit statué à nouveau sur son renouvellement […], dès lors qu'elle a été déposée avant l'échéance du droit en cours par tout moyen permettant de conférer date certaine à la réception de cette demande » (article R. 5213-1-1 du code du travail). Vous ne perdez donc rien pendant l'instruction, à condition d'avoir déposé à temps et de pouvoir le prouver — la preuve de réception est une condition du texte, pas une précaution. Le même article ajoute que « le bénéfice de cette prorogation demeure acquis indépendamment du sort de la demande en cours d'instruction » : un renouvellement finalement refusé ne remet pas en cause la période d'attente. Les fiches officielles conseillent de s'y prendre quatre mois avant la fin : repère utile, calé sur le délai d'instruction, mais ce n'est pas la règle de droit.

Qu'est-ce que la RQTH ouvre concrètement ?

Des droits qui s'exercent auprès de quelqu'un, jamais un versement. Chez l'employeur : l'obligation de prendre, « en fonction des besoins dans une situation concrète, les mesures appropriées » pour accéder à un emploi, le conserver, l'exercer, y progresser ou recevoir une formation adaptée, sous réserve que les charges ne soient pas disproportionnées ; leur refus « peut être constitutif d'une discrimination » (article L. 5213-6 du code du travail). En cas de licenciement, le préavis légal est doublé, « sans toutefois que cette mesure puisse avoir pour effet de porter au-delà de trois mois la durée de ce préavis » — et cette règle ne joue pas si une convention, un accord ou un usage prévoit déjà un préavis d'au moins trois mois (article L. 5213-9). Pour la formation : 300 € de plus par an sur le compte personnel de formation, plafond porté à 8 000 €. Pour l'emploi : l'accompagnement de France Travail et du réseau Cap emploi, les aides de l'Agefiph ou du FIPHFP, l'entreprise adaptée, l'emploi accompagné. Elle permet enfin à l'employeur de vous compter au titre de l'obligation d'emploi : c'est ce qui explique qu'on vous la demande.

La RQTH donne-t-elle droit à l'AAH ou à une carte ?

Non, et c'est la confusion la plus fréquente. La RQTH ne verse rien et ne fixe aucun taux d'incapacité : c'est une décision tournée vers l'emploi et la formation. L'AAH est une allocation, demandée elle aussi à la MDPH mais soumise à ses propres conditions et versée par la CAF ou la MSA ; la prestation de compensation du handicap et la carte mobilité inclusion se demandent également séparément. Les taux d'accord le montrent : 96,3 % pour la RQTH en 2023, contre 65 % pour l'AAH et 47,1 % pour la PCH (CNSA, Repères statistiques no 23, mars 2025). Un même dossier peut donc contenir plusieurs demandes, décidées séparément — et contestables devant deux juridictions différentes : le tribunal administratif pour la RQTH, le pôle social du tribunal judiciaire pour l'AAH et la PCH. Voir notre page allocation aux adultes handicapés.

Faut-il en parler à son employeur ?

Rien ne vous y oblige, et c'est un choix qui vous appartient : aucune sanction n'est attachée au silence. Mais l'obligation d'aménagement de l'article L. 5213-6 du code du travail ne peut pas se déclencher tant que l'employeur ignore la situation, et c'est aussi votre déclaration qui lui permet de vous compter au titre de l'obligation d'emploi. Si vous décidez d'en parler, faites-le par écrit et daté, en transmettant votre notification : elle atteste vos droits sans rien dire de votre santé. Pour la majoration des droits à la formation, le même arbitrage existe : si l'employeur est informé, « aucune démarche particulière » n'est à faire, la Caisse des dépôts récupérant l'information dans les déclarations sociales ; sinon, vous déposez vous-même votre justificatif depuis votre espace Mon Compte Formation, sans passer par lui.

Comment contester un refus de RQTH, ou une durée jugée trop courte ?

Par un recours administratif préalable obligatoire, puis, seulement ensuite, devant le juge. Pour la RQTH, le recours contentieux « est précédé d'un recours préalable » (article R. 241-35 du code de l'action sociale et des familles) ; ce recours est adressé à la MDPH « par tout moyen lui conférant date certaine » (article R. 241-36), dans les deux mois suivant la notification. Sans lui, la saisine du tribunal est irrecevable. Si la commission ne répond pas, « le silence gardé pendant plus de deux mois […] vaut décision de rejet » (article R. 241-41) et la voie du juge s'ouvre : pour la RQTH, le tribunal administratif, dans les deux mois. Une durée trop courte se conteste par la même voie qu'un refus, avec un certificat médical qui qualifie expressément l'altération de définitive. Et si votre notification ne mentionnait ni les délais ni les voies de recours, ils ne vous sont pas opposables (article R. 421-5 du code de justice administrative) — sans que cela vous laisse un temps illimité pour agir.

Page vérifiée le 30 juillet 2026 auprès des sources officielles. Les barèmes et les délais des prestations sociales évoluent : en cas de divergence, les sources officielles prévalent.

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