Contrat de sécurisation professionnelle : CSP ou ARE, ce que chaque option vous rapporte

Deux chiffres décident, et un délai les enferme : ce que l'allocation du CSP rapporte de plus que l'allocation chômage ordinaire, ce que l'adhésion vous retire de préavis, et les 21 jours calendaires pendant lesquels le choix reste ouvert. Les documents remis à l'entretien exposent le dispositif ; ils ne mettent presque jamais les deux montants côte à côte, ni ne disent que la comparaison change de sens selon le niveau de salaire. Cette page pose l'arbitrage dans l'ordre où il se joue, avec les paramètres publiés au 9 septembre 2026.

Mis à jour le

Avec au moins un an d'ancienneté, l'allocation de sécurisation professionnelle vaut 75 % de votre salaire journalier de référence, pendant 12 mois au maximum, sans les 7 jours de délai d'attente et sans aucun différé. L'ARE retient la plus favorable de deux formules : 57 % de ce même salaire journalier, ou 40,4 % plus 13,18 € par jour. En échange, votre indemnité compensatrice de préavis part à France Travail, dans la limite de 3 mois de salaire. Vous avez 21 jours calendaires pour répondre ; sans réponse, le CSP est refusé.

Si la question est de tenir les prochaines semaines, deux repères. L'ASP est due dès le lendemain de la fin du délai de 21 jours, sans délai d'attente : c'est l'un des vrais avantages du CSP. Mais son versement est déclenché par votre actualisation, obligatoire chaque mois comme pour les autres demandeurs d'emploi (France Travail) : le premier virement n'arrive donc pas le jour de la rupture, mais après cette déclaration. Prévoyez ce trou-là.

Le CCAS de votre commune peut accorder un secours d'urgence ou une aide alimentaire sans attendre l'ouverture d'un droit : ces aides sont décidées commune par commune, il n'existe ni barème national ni montant garanti, et c'est votre CCAS qui vous dira ce qu'il pratique. La Caf peut réexaminer vos droits dès la baisse de ressources : aides au logement et prime d'activité se recalculent sur les ressources récentes. Si les frais de transport bloquent une reprise d'emploi ou une formation, parlez-en au référent : voir aides à la mobilité de France Travail.

Si votre employeur est en redressement ou liquidation judiciaire, le CSP vous est dû quelle que soit la taille de l'entreprise, et vos créances salariales relèvent du régime de garantie des salaires : demandez au mandataire judiciaire le calendrier de règlement, par écrit.

Enfin, un licenciement économique est une épreuve, pas seulement un dossier. Si la situation vous atteint moralement, le 3114, numéro national de prévention du suicide et de la souffrance psychique, répond gratuitement, 24 h/24 et 7 jours sur 7. Pour un hébergement d'urgence, le 115 est joignable gratuitement. En parler à votre référent n'a aucune conséquence sur vos droits.

Que faire, dans l'ordre

  1. Datez le point de départ des 21 jours avant de lire quoi que ce soit d'autre. Le délai est de 21 jours calendaires — samedis, dimanches et jours fériés compris — et son point de départ est le lendemain du jour de la remise du document de proposition, remis en main propre à l'entretien préalable ou à l'issue de la dernière réunion. Écrivez cette date sur le document. Si vous ne répondez pas dans le délai, l'employeur notifie le licenciement : rien ne vous sera rappelé la veille. Un cas allonge le délai : si votre licenciement doit être autorisé par l'inspection du travail (salarié protégé), le délai est prolongé jusqu'au lendemain de la date de cette décision (fiche service-public.gouv.fr F13819). France Travail propose pendant ce délai un entretien d'information gratuit : c'est le moment de demander les deux montants, pas après.
  2. Vérifiez votre ancienneté : c'est elle, et rien d'autre, qui commande le taux. À partir d'un an d'ancienneté chez votre employeur, l'ASP est calculée à 75 % du salaire journalier de référence brut, établi sur les 24 mois précédant la fin de contrat — 36 mois à partir de 53 ans (Unédic, fiche ASP, mise à jour du 4 juillet 2025) ; la fiche officielle ajoute que ce montant est au moins égal à l'ARE que vous auriez perçue. En dessous d'un an, le CSP reste ouvert et l'accompagnement est le même, mais l'allocation est calculée selon les règles de l'ARE : le gain de montant disparaît, et en contrepartie votre indemnité compensatrice de préavis vous est versée. Le CSP suppose enfin une durée d'affiliation à l'assurance chômage et de ne pas avoir atteint l'âge d'une retraite à taux plein. Attention à ce seuil d'affiliation : deux chiffres coexistent dans les textes officiels. Le texte consolidé de la convention du 26 janvier 2015 fixe pour le CSP 88 jours travaillés ou 610 heures sur la période de référence (24 mois, 36 mois à partir de 53 ans), quand l'ARE de droit commun exige 130 jours ou 910 heures (service-public.gouv.fr, fiche F14860, mise à jour du 23 juillet 2026). Si votre parcours est proche de l'une de ces limites, faites trancher votre cas au 39 49 plutôt que de conclure vous-même.
  3. Faites poser les deux montants côte à côte, et vérifiez de quel côté de l'échelle vous êtes. L'ARE retient la plus favorable de deux formules : 57 % du salaire journalier de référence, ou 40,4 % de ce salaire plus 13,18 € par jour ; avec un plancher de 32,13 € et un plafond de 75 % du salaire journalier de référence. Valeurs du 1er juillet 2025, maintenues au 1er juillet 2026 : le conseil d'administration de l'Unédic du 30 juin 2026 n'a pas réuni de majorité pour revaloriser. Conséquence que la comparaison rend visible : le plafond de l'ARE est exactement le taux de l'ASP, et il ne mord que sur les bas salaires. L'Unédic publie ce seuil : en dessous de 1 303,05 € brut par mois, l'ARE vaut déjà 75 % du salaire brut — soit un salaire journalier de référence de l'ordre de 42,84 €, conversion qui est la nôtre. Dans cette zone, le CSP n'apporte presque rien en montant mensuel. Faites confirmer vos deux chiffres au 39 49 avant de signer. Voir allocation chômage (ARE).
  4. Retirez le préavis de la comparaison : c'est le coût réel de l'adhésion, et il ne figure sur aucun tableau. Si vous adhérez avec au moins un an d'ancienneté, le contrat est rompu d'un commun accord : ni préavis exécuté, ni indemnité compensatrice de préavis versée à vous. L'employeur verse cette somme à France Travail, dans la limite de 3 mois de salaire, au titre du financement du dispositif. Ce qui dépasse trois mois, lui, vous est payé par l'employeur (France Travail, questions-réponses CSP). Autrement dit : refuser, c'est encaisser jusqu'à trois mois de préavis puis passer à l'ARE ; adhérer, c'est renoncer à cet encaissement pour un taux plus élevé. Le calcul se fait donc sur la trésorerie des douze prochains mois, jamais sur le seul montant mensuel. L'indemnité de licenciement reste due dans les deux cas, si vous remplissez la condition d'ancienneté.
  5. Comptez ensuite le calendrier, pas seulement le montant. C'est là que le CSP reprend l'avantage, et c'est le point le moins mis en avant. L'ASP est due dès le lendemain de la fin du délai de réflexion, sans délai d'attente de 7 jours, sans différé de congés payés et sans différé spécifique au titre d'indemnités supra-légales : la fiche de l'Unédic sur ce différé indique expressément qu'il ne s'applique pas aux bénéficiaires de l'ASP (mise à jour du 27 août 2026). Si vous refusez et avez négocié une indemnité au-delà du minimum légal, ce différé se calcule en divisant la part supra-légale par 111,8 (diviseur 2026, qui évolue chaque année avec le plafond du régime d'assurance vieillesse), plafonné à 75 jours calendaires en licenciement économique — au lieu de 150 dans les autres cas —, et les 7 jours d'attente s'y ajoutent : 8 000 € supra-légaux donnent 72 jours de différé, soit 79 jours avant le premier jour indemnisé. Posez la question dans cet ordre : combien, puis à partir de quand.
  6. Regardez ce que douze mois d'ASP consomment de vos droits. Le CSP dure 12 mois, et l'ASP est versée pendant cette durée. Mais le CSP ne s'ajoute pas à votre indemnisation chômage : si vous êtes encore sans emploi à la fin, vous pouvez vous inscrire comme demandeur d'emploi et percevoir l'ARE que vous auriez eue, après déduction du nombre de jours dont vous avez bénéficié au titre de l'ASP (France Travail). Selon la durée notifiée, il peut ne rester que quelques mois — ou rien. Demandez donc votre durée de droits en jours au 39 49, et faites soustraire les douze mois. Les règles de durée sont détaillées sur notre page allocation chômage (ARE). À l'inverse, le CSP peut être allongé de 3 mois au maximum, soit 15 mois, si vous reprenez une activité à partir du 7e mois (Unédic, fiche CSP).
  7. Mesurez ce que le CSP ajoute, une fois les montants réglés. Quatre éléments, tous chiffrés. Vous prenez le statut de stagiaire de la formation professionnelle pendant toute la durée du dispositif, avec accompagnement renforcé et formations inscrites au plan de sécurisation professionnelle. L'ASP n'est pas dégressive : l'ARE, elle, est réduite de 30 % à partir du 7e mois pour les allocataires de moins de 55 ans dont l'allocation journalière dépasse 92,57 € — de l'ordre de 4 940 € brut par mois —, la réduction ne pouvant descendre sous ce même montant de 92,57 € (Unédic, fiche ARE). Un emploi en CDI, CDD ou intérim d'au moins 6 mois repris avant la fin du 10e mois ouvre la prime de reclassement : 50 % de vos droits restants à l'ASP, versée en deux fois — à la reprise, puis 3 mois après si vous êtes toujours en contrat —, et à demander dans les 30 jours qui suivent la reprise. Si le nouvel emploi paie moins que l'ancien, l'indemnité différentielle de reclassement comble l'écart, 12 mois au plus et dans la limite de 50 % des droits restants ; les deux ne se cumulent pas pour un même emploi (France Travail).
  8. Si vous refusez, ou si le CSP ne vous a jamais été proposé, sachez ce qui s'applique. Le refus vous replace dans le licenciement économique ordinaire : préavis exécuté ou indemnisé, indemnité de licenciement, puis inscription et ARE. Le CSP doit vous être proposé si votre entreprise compte moins de 1 000 salariés, ou si elle est en redressement ou liquidation judiciaire quelle que soit sa taille ; au-delà de 1 000 salariés, c'est le congé de reclassement. Si l'employeur a omis la proposition, France Travail la fait à sa place, et l'employeur doit alors une contribution de 2 mois de salaire brut, portée à 3 mois si vous adhérez sur proposition de France Travail (article L1233-66 du code du travail). Ne renoncez donc pas au dispositif au seul motif qu'on ne vous en a pas parlé : signalez-le au 39 49.

Toutes ces démarches sont gratuites : l'entretien d'information de France Travail, l'inscription, l'accompagnement, l'aide d'une France Services pour réunir vos pièces. Si vous souhaitez seulement qu'on vous aide à lire votre document de proposition, à situer votre cas dans les deux modes de calcul ou à comprendre une notification de montant, notre service d'assistance répond au 3242 (3 € par appel + prix d'un appel). C'est une aide facultative : nous n'instruisons aucun dossier, ne signons rien à votre place et ne versons aucune allocation.

Pourquoi c'est bloqué

Votre situationCe que vous touchezCe qu'il faut faire
Au moins un an d'ancienneté, vous adhérez75 % du salaire journalier de référence brut, 12 mois au maximum, sans délai d'attente ni différé, et au moins l'équivalent de l'ARERépondre dans les 21 jours. L'ASP est due dès le lendemain de la fin du délai ; une retenue de 3 % au titre de la retraite complémentaire s'applique à l'allocation qui dépasse 32,13 € par jour (Unédic)
Au moins un an d'ancienneté, vous refusezARE : la plus favorable de 57 % du salaire journalier de référence ou 40,4 % + 13,18 €, plus votre préavis exécuté ou indemniséComparer sur douze mois, pas sur un : le préavis encaissé compense une partie de l'écart de taux. Voir allocation chômage (ARE)
Moins d'un an d'anciennetéASP calculée selon les règles de l'ARE : pas de gain de montant, mais préavis versé par l'employeurL'intérêt se joue sur l'accompagnement, pas sur le montant. Demander les deux calculs au 39 49
Salaire inférieur à 1 303,05 € brut par mois (de l'ordre de 42,84 € de salaire journalier de référence)Écart faible : l'ARE vaut déjà 75 % du salaire brut dans cette zone, soit le taux de l'ASP (seuil publié par l'Unédic)Arbitrer sur le calendrier et l'accompagnement. Le gain reste réel côté trésorerie : pas de 7 jours d'attente, pas de différé
Allocation supérieure à 92,57 € par jour et moins de 55 ansL'ARE serait réduite de 30 % au 7e mois, sans descendre sous 92,57 € ; l'ASP n'est pas dégressiveC'est le cas où l'écart est le plus grand. Faire chiffrer les mois 7 à 12 dans les deux hypothèses
Vous avez négocié une indemnité supra-légaleSous CSP : aucun différé. Sous ARE : part supra-légale ÷ 111,8, plafonnée à 75 jours en licenciement économique, plus 7 jours d'attenteChiffrer le report avant de refuser : 8 000 € supra-légaux donnent 72 jours de différé, 79 jours avec l'attente (Unédic, 27/08/2026)
Vous retrouvez un emploi de 6 mois ou plus avant la fin du 10e mois du CSPPrime de reclassement : 50 % des droits restants à l'ASP, versée à la reprise puis 3 mois aprèsLa demander dans les 30 jours qui suivent la reprise d'emploi. Non cumulable avec l'indemnité différentielle pour le même emploi
Le nouvel emploi paie moins que l'ancienIndemnité différentielle de reclassement : 30 fois le salaire journalier de référence moins le salaire mensuel brut repris, 12 mois au plus et dans la limite de 50 % des droits restantsLa demander : elle ne se déclenche pas seule. Comparer son total à celui de la prime avant de choisir
Vous travaillez pendant le CSPActivité de 3 jours à 6 mois ; à partir du 7e mois, le CSP est prolongé de la durée de cet emploi, dans la limite de 3 mois (15 mois au total)Faire valider l'activité par le référent. Une reprise d'au moins 6 mois met fin au CSP et au versement de l'ASP

Le dispositif n'est pas marginal : 24 100 adhésions au 2e trimestre 2025 et 76 700 personnes indemnisées au titre de l'ASP à la fin de ce même trimestre (Unédic, « Indicateurs de suivi du CSP », décembre 2025). Trois chiffres de la même publication calibrent les attentes : 56 % des entrants du 1er trimestre 2024 étaient encore inscrits à France Travail un an après leur adhésion ; sur la cohorte du 2e trimestre 2024, l'accès à la formation — argument central du dispositif — n'a concerné que 26 % des entrants, et 27 % ont travaillé pendant leur CSP. Le CSP améliore l'allocation et l'accompagnement ; il ne garantit ni formation ni retour à l'emploi, et aucun interlocuteur ne peut vous le promettre.

Délais à ne pas laisser passer

Ce que la proposition ne dit pas sur les 21 jours : signer plus tôt ne fait pas partir l'allocation plus tôt. Le délai est un maximum, mais si vous acceptez, le contrat de travail est rompu d'un commun accord à la date de fin du délai de réflexion, quelle que soit la date de votre signature (fiche service-public.gouv.fr F13819). Rendre le bulletin d'acceptation le troisième jour ne fait donc rien gagner en trésorerie, et vous prive des dix-huit jours qui restaient pour faire chiffrer les deux hypothèses. Le seul usage utile de ces trois semaines est de réclamer, par écrit si possible, les deux montants et la durée de droits.

L'échéance du dispositif lui-même est dans moins de quatre mois, et elle n'est pas acquise. Le CSP repose sur la convention du 26 janvier 2015, prorogée « en l'état » par l'avenant no 11 du 25 novembre 2025, agréé par arrêté du 24 décembre 2025 publié au Journal officiel du 28 décembre 2025 : les règles actuelles s'appliquent aux procédures de licenciement économique engagées à compter du 1er janvier 2026 et jusqu'au 31 décembre 2026. Aucune reconduction au-delà n'est publiée à ce jour, et nous ne préjugeons de rien : si votre procédure s'engage en fin d'année, faites confirmer par écrit le régime applicable, car c'est la date d'engagement de la procédure qui le détermine, pas celle de votre signature.

Adhérer ne vous prive pas du droit de contester votre licenciement — c'est l'idée fausse la plus répandue, et elle coûte cher. Un salarié qui a accepté le CSP peut contester la rupture de son contrat et le motif économique lui-même. Ce qui change, c'est le compteur : toute contestation portant sur la rupture ou son motif se prescrit par douze mois à compter de l'adhésion au CSP (article L1233-67 du code du travail). Et ce délai raccourci ne vous est opposable que s'il a été mentionné dans la proposition de CSP : à défaut, il ne court pas. Vérifiez donc si votre document le mentionne, et conservez-le : c'est cette pièce, et la date de sa remise, qui décide du calendrier. La jurisprudence admet que la remise, avec la proposition, du document d'information édité par l'Unédic qui mentionne ce délai suffit à vous en informer.

Le motif économique doit vous être énoncé par écrit au plus tard au moment de votre acceptation. C'est le point de vigilance à tenir pendant les 21 jours : l'écrit qui énonce la cause économique de la rupture doit vous être remis au cours de la procédure de licenciement, et au plus tard au moment de l'acceptation du CSP (fiche F13819). Ne signez donc pas un bulletin d'acceptation sans avoir reçu cet écrit ; s'il manque, demandez-le par courriel — la trace de la demande compte autant que la réponse. Un doute sur le motif s'expose à un avocat ou à un défenseur syndical, et l'aide juridictionnelle peut en couvrir le coût selon vos ressources.

Si le montant notifié ne correspond pas à votre calcul. Demandez d'abord la notification écrite du salaire journalier de référence retenu et de la période de référence utilisée : la plupart des écarts viennent de là — une prime oubliée, un mois d'activité partielle intégré, une fin de contrat mal datée. Puis déposez une réclamation auprès de votre agence : c'est l'étape qu'on saute le plus souvent, et le médiateur de France Travail ne peut être saisi qu'après elle, si la réponse ne vous satisfait pas ou n'arrive pas. Une précision utile, car elle circule à l'envers : la médiation n'est un préalable obligatoire que pour les décisions relevant du juge administratif — sanctions, allocations de solidarité, formation —, pas pour un litige sur le montant de votre allocation d'assurance chômage. Aucun délai chiffré n'est publié de manière générale : celui qui vous est opposable est porté sur votre notification, et il ne l'est que s'il y figure avec les voies de recours. Si les versements s'interrompent sans décision, vérifiez d'abord votre actualisation mensuelle : voir actualisation oubliée ou erronée et contester une radiation.

Deux points de fin de parcours, rarement annoncés au départ. Une formation qui se prolongerait au-delà du terme du CSP pose la question de votre revenu pour les mois restants, puisque l'ASP s'arrête avec le dispositif : posez-la avant d'entrer en formation et faites écrire la réponse — voir rémunération de fin de formation. Et sachez ce qui met fin au dispositif : la reprise d'un emploi en CDI, CDD ou contrat de travail temporaire d'au moins 6 mois arrête l'accompagnement et le versement de l'ASP (France Travail) — ce qui, avant la fin du 10e mois, ouvre la prime de reclassement. Pour le reste, demandez au référent ce qui, dans le plan de sécurisation professionnelle que vous signez, est réputé engageant. La réponse figure dans ce plan, presque jamais dans la conversation qui l'entoure.

L'organisme est joignable gratuitement

Toutes ces démarches sont gratuites et se font directement auprès des organismes.

  • France Travail : 39 49. L'annuaire de l'administration affiche pour ce numéro la mention « Service gratuit + prix appel » : il n'est pas surtaxé. Le service automatisé répond 24 heures sur 24 ; les conseillers répondent aux horaires de votre agence. C'est le canal pour obtenir vos deux montants et votre durée de droits pendant le délai de réflexion, et pour signaler que le CSP ne vous a pas été proposé ; voir joindre France Travail.
  • L'entretien d'information de France Travail, prévu pendant les 21 jours et gratuit. Demandez-le dès la remise du document, et venez avec la proposition, vos derniers bulletins de paie et le projet de solde de tout compte s'il vous a été communiqué.
  • La fiche officielle du dispositif sur service-public.gouv.fr (F13819) : c'est elle qui fait foi sur les conditions, le délai et les effets sur le contrat. Les paramètres de calcul et leurs dates d'effet sont publiés par l'Unédic, qui édicte la réglementation d'assurance chômage : fiche ASP, fiche ARE, et les chiffres du dispositif dans ses « Indicateurs de suivi du CSP » de décembre 2025.
  • Accueils gratuits près de chez vous : une France Services pour lire vos documents et réunir vos pièces, le CCAS de votre commune, le service social de votre département. Un défenseur syndical ou une permanence juridique gratuite peut relire la proposition avec vous : voir aide à l'accès au droit et aide juridictionnelle.
  • Vos droits en un coup d'œil : mesdroitssociaux.gouv.fr, le simulateur public gratuit. Et nos pages allocation chômage (ARE), allocation de solidarité spécifique, prime d'activité et Acre si vous envisagez de créer votre activité pendant le CSP.

L'adhésion au CSP et l'inscription à France Travail sont gratuites : aucun site n'a besoin d'être payé pour les faire à votre place, et personne ne peut vous garantir un montant, une formation ou un retour à l'emploi. Aucun organisme ne vous réclamera vos coordonnées bancaires ou une pièce d'identité par téléphone : si cela arrive, raccrochez et rappelez vous-même le 39 49.

Questions fréquentes

CSP ou ARE : lequel me rapporte le plus ?

Trois éléments décident, et l'ordre compte. Le taux : avec au moins un an d'ancienneté, l'ASP vaut 75 % du salaire journalier de référence, contre une ARE égale à la plus favorable de 57 % de ce salaire ou 40,4 % plus 13,18 € par jour. Le préavis : en adhérant, vous renoncez à votre indemnité compensatrice de préavis, que l'employeur verse à France Travail dans la limite de 3 mois de salaire ; en refusant, vous l'encaissez. Le calendrier : l'ASP part sans les 7 jours d'attente et sans différé, l'ARE non. L'écart de taux est maximal sur les salaires élevés, où l'ARE est en outre réduite de 30 % au 7e mois ; il est presque nul sous 1 303,05 € brut par mois, où l'ARE atteint déjà 75 % du salaire brut. Faites poser vos deux chiffres au 39 49, gratuit, avant de signer.

Que se passe-t-il si je ne réponds pas dans les 21 jours ?

Le silence n'est pas une adhésion. Si vous refusez ou ne répondez pas dans le délai de réflexion de 21 jours calendaires, l'employeur notifie le licenciement économique : vous exécutez ou percevez votre préavis, votre indemnité de licenciement reste due, puis vous vous inscrivez et relevez de l'ARE. Le délai court à compter du lendemain du jour de la remise du document de proposition, et il est prolongé jusqu'au lendemain de la date de la décision de l'inspection du travail si vous êtes salarié protégé. À l'inverse, signer avant le terme ne fait rien gagner : en cas d'acceptation, le contrat est rompu à la date de fin du délai de réflexion, pas à celle de votre signature.

Le CSP me fait-il perdre mes droits au chômage ensuite ?

Il ne les supprime pas, il les consomme. Le CSP dure 12 mois et l'ASP n'est pas une allocation qui s'ajoute à l'ARE : à la fin du dispositif, si vous cherchez toujours un emploi, vous pouvez vous inscrire comme demandeur d'emploi et percevoir l'ARE que vous auriez eue, après déduction du nombre de jours dont vous avez bénéficié au titre de l'ASP. Selon la durée de droits qui vous a été notifiée, il peut donc ne rester que quelques mois, voire rien. La question à poser au 39 49 est votre durée de droits en jours ; il suffit ensuite d'en retirer les jours d'ASP prévus.

Puis-je encore contester mon licenciement après avoir adhéré ?

Oui. L'adhésion emporte rupture du contrat de travail, mais elle ne vous prive pas du droit de contester cette rupture ni son motif économique. Elle raccourcit le délai : toute contestation portant sur la rupture ou son motif se prescrit par douze mois à compter de l'adhésion (article L1233-67 du code du travail), et ce délai ne vous est opposable que s'il a été mentionné dans la proposition de CSP. Conservez donc le document et la preuve de sa date de remise. Autre point à vérifier avant de signer : l'écrit énonçant la cause économique doit vous avoir été remis au plus tard au moment de l'acceptation.

Mon employeur ne m'a pas proposé le CSP : que faire ?

Signalez-le au 39 49, gratuit. La proposition est obligatoire si l'entreprise compte moins de 1 000 salariés, ou si elle est en redressement ou liquidation judiciaire quelle que soit sa taille ; au-delà de 1 000 salariés, le dispositif applicable est le congé de reclassement. Si l'employeur a omis la proposition, France Travail la fait à sa place, et l'employeur doit une contribution de 2 mois de salaire brut, portée à 3 mois si vous adhérez sur proposition de France Travail (article L1233-66 du code du travail). Ne considérez donc pas le CSP comme perdu parce que personne ne vous en a parlé.

Je retrouve un emploi pendant le CSP : qu'est-ce que je peux demander ?

Deux aides, non cumulables pour un même emploi. La prime de reclassement si vous reprenez un CDI, un CDD ou une mission d'intérim d'au moins 6 mois avant la fin du 10e mois du CSP : 50 % de vos droits restants à l'ASP, versés à la reprise puis 3 mois après si vous êtes toujours en contrat, et à demander dans les 30 jours qui suivent la reprise. L'indemnité différentielle de reclassement si le nouvel emploi paie moins : 30 fois votre salaire journalier de référence moins le salaire mensuel brut repris, versée mensuellement 12 mois au plus et plafonnée à 50 % des droits restants. Faites chiffrer les deux totaux avant de choisir ; une reprise d'au moins 6 mois met par ailleurs fin au CSP et au versement de l'ASP.

Page vérifiée le 30 juillet 2026 auprès des sources officielles. Les barèmes et les délais des prestations sociales évoluent : en cas de divergence, les sources officielles prévalent.

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