Mon soutien psy : combien de séances, à quel tarif, et ce qui reste à votre charge

Vous cherchez à savoir combien de séances chez un psychologue sont prises en charge, à quel prix, et s'il faut d'abord passer par votre médecin. Les trois réponses sont écrites dans un décret et dans un arrêté, pas dans une brochure : cette page donne les règles en vigueur au 9 septembre 2026, ce que vous payez réellement selon votre situation, et les cas où le dispositif ne s'applique pas. Ce site est un service privé et indépendant d'information : il n'est affilié ni à l'Assurance Maladie ni à aucune administration, et toutes les démarches décrites ici sont gratuites.

Mis à jour le

Mon soutien psy prend en charge jusqu'à 12 séances par année civile et par patient — un entretien d'évaluation, puis onze séances de suivi —, dès l'âge de 3 ans, chez un psychologue conventionné. Chaque séance est facturée 50 €, sans dépassement possible : l'Assurance Maladie en prend 60 % à sa charge, soit 30 €, et les 40 % restants relèvent de votre complémentaire santé. Aucune ordonnance n'est obligatoire : vous pouvez prendre rendez-vous directement. L'Assurance Maladie répond au 3646 (service gratuit + prix d'un appel) et l'annuaire des psychologues partenaires est sur monsoutienpsy.ameli.fr.

Si vous lisez cette page parce que ça ne va pas maintenant, ne partez pas de la case « remboursement ». Le 3114, numéro national de prévention du suicide, est gratuit et joignable 24 h/24 : on peut l'appeler pour soi, ou pour quelqu'un dont on s'inquiète, sans avoir de mots précis à mettre sur la situation. En cas de danger immédiat, le 15 ou le 112 répondent gratuitement.

Il y a une raison concrète de le dire ici : le risque suicidaire et les formes sévères sont des critères de non-inclusion de Mon soutien psy. Chercher un rendez-vous dans ce cadre, attendre quinze jours et se voir orienter ailleurs fait perdre du temps là où il compte. Les bonnes portes sont votre médecin, le centre médico-psychologique de votre secteur, gratuit et joignable sans ordonnance, et les urgences psychiatriques de l'hôpital le plus proche.

Si c'est le coût qui vous retient, deux choses valent d'être vérifiées avant de renoncer : la Complémentaire santé solidaire, qui supprime le reste à charge, et le CMP, gratuit. Un travailleur social de France services ou du CCAS de votre mairie fait ces démarches avec vous, sans frais. Méfiez-vous enfin des messages promettant de « débloquer » un remboursement contre paiement ou contre vos coordonnées bancaires : rien de tel n'existe ici.

Que faire, dans l'ordre

Il n'y a ni dossier à monter, ni formulaire à déposer : le dispositif se déclenche quand vous prenez rendez-vous. Ce qui suit est l'ordre des vérifications qui évitent les deux mauvaises surprises les plus fréquentes — une séance non remboursable, et un montant réclamé au-delà du tarif.

  1. Vérifiez d'abord que votre situation entre dans le périmètre. Le dispositif s'adresse aux patients dès 3 ans dont la souffrance psychique est d'intensité légère à modérée (article L. 162-58 du code de la sécurité sociale) et qui consultent un psychologue conventionné (article R. 162-64). Les critères de non-inclusion sont fixés par l'arrêté du 8 mars 2022 : les situations qui appellent un avis psychiatrique, d'emblée ou en cours de prise en charge — risque suicidaire, formes sévères de troubles dépressifs ou anxieux, troubles du comportement alimentaire avec signes de gravité, troubles neurodéveloppementaux sévères, dépendance à une substance psychoactive. Chez l'adulte s'y ajoutent des antécédents psychiatriques sévères dans les trois dernières années, une affection de longue durée psychiatrique en cours, une invalidité pour motif psychiatrique, ou un arrêt de travail de plus de six mois pour motif psychiatrique dans les deux dernières années ; chez l'enfant et l'adolescent, une prise en charge psychiatrique déjà en cours, ou une affection de longue durée psychiatrique en cours ou survenue dans les deux dernières années. La liste qui fait foi est celle de l'arrêté, pas ce résumé. Et ce n'est pas un refus : ces situations relèvent d'un autre parcours, décrit plus bas.
  2. Choisissez un psychologue dans l'annuaire, et vérifiez-le le jour même. Seul un psychologue sélectionné et signataire d'une convention avec sa caisse peut facturer une séance au titre du dispositif. L'annuaire officiel est sur monsoutienpsy.ameli.fr. Une séance chez un psychologue qui n'y figure pas n'est pas prise en charge, et il n'existe aucun rattrapage : c'est une vérification de trente secondes qui vaut 30 € par séance.
  3. Décidez si vous passez ou non par votre médecin. Vous avez le choix : prendre rendez-vous avec votre médecin, qui vous orientera, ou prendre rendez-vous directement avec le psychologue. L'adressage médical n'est plus une condition. Il reste la bonne porte dans trois cas : si l'un des critères de non-inclusion vous concerne — c'est alors le médecin, pas le psychologue, qui vous orientera vers le parcours adapté ; si vous avez besoin d'un accompagnement au-delà de douze séances, non pas pour en obtenir davantage dans le dispositif (aucun médecin ne peut relever ce plafond) mais pour ouvrir un autre parcours ; et pour la levée de plafond prévue au III de l'article L. 162-58 en faveur d'un mineur en protocole de soins, qui suppose une prescription. Pour un mineur, l'accord des titulaires de l'autorité parentale doit être donné au médecin adresseur ou au psychologue avant l'entrée dans le parcours.
  4. Sachez que le premier rendez-vous est un entretien d'évaluation, et qu'il compte. La convention type signée par le psychologue prévoit qu'il est nécessairement réalisé en présentiel, et il occupe la première des douze séances de l'année. Le psychologue y vérifie les critères ci-dessus : c'est à ce moment qu'il peut vous orienter ailleurs, et ce n'est pas un jugement sur votre demande. Si vous souhaitez ensuite des séances à distance, posez la question dès ce rendez-vous : la même convention limite à 20 % au maximum le volume de l'activité qu'un psychologue peut réaliser à distance au titre du dispositif.
  5. À la séance, contrôlez le montant. Le tarif est de 50 € pour l'entretien d'évaluation comme pour chaque séance de suivi, et aucun dépassement d'honoraires n'est autorisé sur une séance prise en charge : l'Assurance Maladie indique qu'une feuille de soins portant un tarif non conventionné est automatiquement rejetée. Si on vous demande davantage, la séance n'est pas facturée dans le dispositif : posez la question avant de payer.
  6. Repérez si vous relevez du tiers payant. Dans la plupart des cas, vous réglez les 50 € et l'Assurance Maladie vous rembourse ensuite 30 €. La fiche officielle liste cinq situations qui dispensent d'avancer cette part — Complémentaire santé solidaire, aide médicale d'État, séances liées à une affection de longue durée, grossesse à partir du 6e mois, accident du travail ou maladie professionnelle : le tableau ci-dessous détaille ce que chacune laisse à votre charge.
  7. Vérifiez le remboursement dans votre compte, pas sur votre relevé bancaire. Le suivi des paiements de votre compte ameli affiche le remboursement avant que l'argent n'arrive. Si rien n'apparaît au bout de quelques jours ouvrés, la cause est le plus souvent une facturation non transmise par le psychologue, ou un compte inaccessible : voir compte ameli bloqué ou inaccessible. Tenez aussi votre propre compteur de séances : rien ne garantit qu'un décompte vous soit présenté avant la douzième.
  8. Si le remboursement est refusé ou n'arrive pas, demandez une décision écrite. Appelez l'Assurance Maladie au 3646 (service gratuit + prix d'un appel) et demandez que le refus vous soit notifié par écrit et motivé : sans écrit, il n'y a rien à contester. Le recours se porte ensuite devant la commission de recours amiable de votre caisse, dans le délai indiqué sur la notification. La saisine du Défenseur des droits est gratuite et peut être menée en parallèle, mais elle ne suspend pas ce délai.

Si vous voulez qu'on vous explique votre situation — ce qui reste à votre charge, pourquoi une séance n'a pas été remboursée, quelle porte pousser quand un critère de non-inclusion vous concerne —, notre service d'assistance répond au 3242 (3 € par appel + prix d'un appel). C'est une aide facultative : nous ne prenons aucun rendez-vous, ne délivrons aucun soin et n'accélérons aucun remboursement. Ce site est édité par une société privée, sans lien avec l'Assurance Maladie ni aucune administration.

Pourquoi c'est bloqué

Premier tableau : ce que vous avancez et ce qui reste à votre charge, séance par séance, selon votre couverture — au tarif de 50 € et avec la répartition 60 / 40 en vigueur au 9 septembre 2026.

Votre situationCe que vous avancez à la séanceCe qui reste à votre charge
Vous avez une complémentaire santé qui prend le ticket modérateur et pratique le tiers payantRien, ou seulement la part que votre contrat ne couvre pas0 € si le contrat couvre les 40 %
Vous avez une complémentaire santé, mais sans tiers payant50 €0 € après les deux remboursements : 30 € de l'Assurance Maladie, 20 € de la complémentaire si votre contrat couvre le ticket modérateur
Vous n'avez pas de complémentaire santé50 €20 € par séance, soit 240 € si vous allez au bout des douze
Vous bénéficiez de la Complémentaire santé solidaireRien : dispense d'avance de frais0 €
Vous bénéficiez de l'aide médicale d'ÉtatRien : dispense d'avance de frais0 €
Séances liées à une affection de longue durée ; grossesse à partir du 6e mois ; accident du travail ou maladie professionnelleRien pour la part obligatoire : dispense d'avance de fraisSelon votre complémentaire pour le solde
Vous relevez du régime local d'Alsace-Moselle50 € sauf dispense d'avance de fraisLa part obligatoire monte à 90 % (60 % Assurance Maladie + 30 % régime local) : il reste 10 %, soit 5 €, à couvrir par votre complémentaire — ou à votre charge si vous n'en avez pas

Tarif de 50 € par séance : arrêté du 8 mars 2022 relatif aux tarifs, codes de facturation et critères d'inclusion du dispositif, modifié par l'arrêté du 24 juin 2024 — qui a porté le tarif de 30 € à 50 € — puis par l'arrêté du 13 mai 2025. Nombre de séances et entretien d'évaluation : articles R. 162-64 à R. 162-66 du code de la sécurité sociale. Répartition 60 / 40 et liste des cinq situations de dispense d'avance de frais : fiche ameli.fr du dispositif, mise à jour du 6 février 2026, vérifiée le 9 septembre 2026. Régime local d'Alsace-Moselle : même fiche, version Bas-Rhin, qui indique 90 % (60 % + 30 %) et 10 % restants. Ce que votre complémentaire prend en charge dépend de votre contrat : demandez-lui par écrit si elle rembourse le ticket modérateur de ces séances, et si elle pratique le tiers payant.

Second tableau : les situations où le remboursement ne se passe pas comme prévu. Ce sont elles qui font l'essentiel des questions.

Votre situationCe qui se passeQuoi faire
Le psychologue vous demande 60 €, 70 € ou davantageAucun dépassement d'honoraires ne peut être pratiqué sur une séance prise en charge : l'Assurance Maladie indique qu'une feuille de soins portant un tarif non conventionné est automatiquement rejetéePosez la question avant de payer : « cette séance est-elle facturée au titre de Mon soutien psy ? » Une consultation libre reste possible, mais sans remboursement à ce titre
Votre psychologue ne figure pas dans l'annuaireLa séance n'entre pas dans le dispositif, quelles que soient ses qualifications, et rien n'est remboursableVérifiez sur monsoutienpsy.ameli.fr avant le rendez-vous. Aucun remboursement rétroactif n'est prévu si le conventionnement arrive plus tard
Vous avez déjà eu douze séances cette annéeLa treizième n'est pas prise en charge. Le compteur se rouvre au 1er janvier suivant, pas douze mois après la première séanceParlez-en à votre médecin : aucun médecin ne peut relever ce plafond, mais c'est lui qui peut examiner la suite de l'accompagnement et les autres parcours possibles, dont le CMP, gratuit
Vous êtes suivi en psychiatrie, ou en affection de longue durée psychiatriqueC'est un critère de non-inclusion de l'arrêté du 8 mars 2022 — chez l'adulte, une ALD psychiatrique en cours ; chez l'enfant et l'adolescent, une prise en charge en cours ou une ALD psychiatrique des deux dernières années. Le dispositif est conçu comme une première ligne, pas comme un complément à un suivi spécialiséVotre suivi actuel reste la voie ; demandez à votre médecin ou à votre psychiatre ce qui peut s'y ajouter. Une affection de longue durée psychiatrique exclut, alors qu'une affection de longue durée non psychiatrique ouvre au contraire la dispense d'avance de frais sur les séances qui lui sont liées
La souffrance est forte, ou l'idée de mourir est présenteLe risque suicidaire et les formes sévères sont exclus du dispositif : ce n'est pas la bonne porte, et l'attente d'un rendez-vous serait une perte de tempsLe 3114 répond gratuitement, 24 h/24. Voir aussi l'encadré en fin de page : médecin, CMP, urgences
Votre enfant mineur est atteint d'une affection grave prise en charge dans un protocole de soinsDepuis le 14 juin 2026, le III de l'article L. 162-58 prévoit qu'aucun plafond de séances ne s'applique dans ce cas, à condition que les séances soient prescritesDemandez la prescription à son médecin, et gardez-la : c'est elle qui écarte le plafond. Voir aussi l'allocation journalière de présence parentale
Vous êtes étudiant et le reste à charge vous bloqueSanté Psy Étudiant est un dispositif distinct, gratuit et sans avance de fraisVoir santepsy.etudiant.gouv.fr et la protection sociale des étudiants
Le remboursement n'arrive pasLa facturation n'a le plus souvent pas été transmise, ou votre compte n'est pas à jourVérifiez le suivi des paiements de votre compte ameli, puis appelez le 3646 (service gratuit + prix d'un appel). Voir compte ameli bloqué et joindre la CPAM

Délais à ne pas laisser passer

Ce dispositif n'a pas de date limite de demande, puisqu'il n'y a pas de demande à déposer. Les dates qui comptent sont d'une autre nature : celles qui commandent votre compteur, et celles des textes qui viennent de changer.

  • L'année civile — la seule échéance qui vous concerne vraiment. Douze séances par patient et par année civile (article R. 162-65) : le décompte se rouvre au 1er janvier, et non douze mois après votre premier rendez-vous. Un accompagnement commencé en novembre n'épuise donc pas le droit de l'année suivante ; douze séances consommées au printemps ne se rattrapent pas avant janvier.
  • 1er octobre 2026 — le tiers payant entre dans la loi, sans son mode d'emploi. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (loi no 2025-1403 du 30 décembre 2025, article 56) ajoute au II de l'article L. 162-58 du code de la sécurité sociale un 4o bis portant sur « les modalités d'application du tiers payant sur la part des dépenses prise en charge par les régimes obligatoires d'assurance maladie », dans une version du texte qui entre en vigueur à cette date. Mais le II renvoie expressément ces modalités à un décret en Conseil d'État, et au 9 septembre 2026 aucun décret d'application n'est publié : la partie réglementaire qui régit le dispositif — articles R. 162-60 à R. 162-72 — n'a pas été modifiée depuis le 16 mai 2025. Le principe est acquis, le fonctionnement au guichet ne l'est pas : nous ne pouvons pas vous dire, à cette date, ce que vous avancerez le 2 octobre. Sources à surveiller : legifrance.gouv.fr, puis la fiche ameli.fr.
  • 14 juin 2026 — le plafond tombe pour certains enfants. La loi no 2026-492 du 12 juin 2026 visant à améliorer la protection et l'accompagnement des parents d'enfants atteints d'un cancer, d'une maladie grave ou d'un handicap (article 13) a ajouté un III à l'article L. 162-58 : aucun plafond ne s'applique au nombre de séances prescrites à un mineur atteint d'une affection ouvrant droit à exonération, dans le cadre d'un protocole de soins. Deux conditions : les séances doivent être prescrites, et le protocole doit exister.
  • Le tarif ne bouge que par arrêté. Il n'est pas indexé et ne se revalorise pas au 1er janvier : il est passé de 30 € à 50 € par l'arrêté du 24 juin 2024, et y reste jusqu'à un nouvel arrêté.
  • Le délai de recours est celui écrit sur la décision. Tant que rien ne vous a été notifié par écrit, il n'y a pas de décision à contester : la première chose à obtenir est un refus écrit et motivé. Le recours préalable se porte devant la commission de recours amiable de votre caisse, dans le délai que la notification indique ; la juridiction compétente y figure également.

Ce que la fiche officielle ne dit pas

La fiche ameli.fr est exacte et à jour. Six choses n'y sont pourtant pas écrites, et ce sont elles qui expliquent presque tous les malentendus.

  • « Remboursé » ne veut pas dire gratuit. Le mot qui circule est « séances remboursées », et il est juste : 60 % du tarif. Sans complémentaire santé, il reste 20 € à chaque séance, soit 240 € pour un accompagnement complet. C'est le premier chiffre à connaître, et il n'apparaît nulle part en tant que tel.
  • La réforme d'octobre est écrite dans la loi, pas encore dans un décret. Ce que la loi organise, c'est le tiers payant sur la part obligatoire. Ce qu'elle ne dit pas, c'est comment : le renvoi au décret en Conseil d'État est explicite, et ce décret n'était pas publié au 9 septembre 2026. Toute page qui vous annonce aujourd'hui, chiffre en main, ce que vous sortirez de votre poche à partir du 1er octobre 2026 anticipe un texte non publié.
  • Les critères d'exclusion se referment là où la souffrance est la plus forte. Le dispositif est une première ligne pour une souffrance légère à modérée, et il l'assume. La conséquence n'est pas écrite : la personne la plus en difficulté est celle à qui l'on répondra que ce n'est pas la bonne porte. Mieux vaut le savoir avant le rendez-vous, et passer par le médecin ou le CMP.
  • Le même sigle donne deux règles opposées. Une affection de longue durée psychiatrique vous exclut du dispositif ; une affection de longue durée non psychiatrique vous ouvre au contraire la dispense d'avance de frais sur les séances qui lui sont liées. Rien ne rapproche ces deux règles dans la documentation.
  • L'annuaire est une photographie, pas une liste stable. Le conventionnement est individuel, et l'arrêté du 17 juin 2026 a modifié la convention type — celle de l'arrêté du 2 mars 2022 — que chaque psychologue signe avec sa caisse ; sa version en vigueur date du 20 juin 2026. Un psychologue peut entrer dans le dispositif, en sortir, ou ne pas signer : c'est l'annuaire du jour de votre rendez-vous qui fait foi.
  • Les grands nombres ne mesurent pas ce qu'on leur fait dire. Le dossier de presse de l'Assurance Maladie du 16 janvier 2026 annonce « près de 760 000 personnes » ayant eu recours au dispositif depuis 2022 : c'est un cumul sur quatre ans, pas un effectif annuel — et le même document donne une moyenne de 6 séances par bénéficiaire, loin des douze possibles. Il annonce aussi « plus de 6 200 psychologues » partenaires : c'est ce nombre-là, et non celui des psychologues en exercice, qui décide de ce que vous trouverez dans l'annuaire près de chez vous.

L'organisme est joignable gratuitement

Tout ce qui suit est gratuit, et rien de tout cela ne s'achète : aucune démarche payante n'est nécessaire pour entrer dans le dispositif, obtenir un rendez-vous ou être remboursé.

  • Assurance Maladie : 3646 (service gratuit + prix d'un appel), pour une question sur un remboursement ou votre situation. La messagerie de votre compte ameli laisse en plus une trace écrite, ce qui vaut mieux qu'un appel quand vous contestez quelque chose. Voir aussi joindre la CPAM.
  • monsoutienpsy.ameli.fr — l'annuaire des psychologues partenaires, seule source à jour du conventionnement ; et la fiche ameli.fr du dispositif pour les conditions et les taux.
  • Votre médecin traitant — la consultation est remboursée dans le parcours de soins, et c'est la porte la plus utile si un critère de non-inclusion vous concerne, si vous cherchez un accompagnement au-delà des douze séances, ou s'il faut une prescription pour un enfant en protocole de soins.
  • Les centres médico-psychologiques (CMP) — consultations gratuites, sans avance de frais et sans ordonnance nécessaire : c'est la ressource qui prend le relais quand le dispositif ne s'applique pas ou quand les douze séances sont épuisées. Chaque CMP couvre un secteur géographique et se contacte directement ; les délais sont très variables. Les coordonnées du vôtre s'obtiennent auprès de votre médecin, de votre mairie ou de votre centre communal d'action sociale.
  • Santé Psy Étudiant : santepsy.etudiant.gouv.fr — séances gratuites et sans avance de frais pour les étudiants de l'enseignement supérieur, dispositif distinct de Mon soutien psy ; nombre de séances et conditions sur le site.
  • 3040 — ligne d'écoute nationale des étudiants, gratuite et confidentielle, ouverte depuis le 1er juillet 2026, du lundi au vendredi de 10 h à 21 h et le samedi de 10 h à 14 h.
  • 3114 — numéro national de prévention du suicide, gratuit et joignable 24 h/24, y compris pour un proche inquiet.
  • 3939 Allô Service Public (« service gratuit, coût de l'appel selon opérateur ») et service-public.gouv.fr.
  • France services et le CCAS de votre mairie — accompagnement gratuit pour consulter votre compte, écrire à votre caisse ou monter un recours. Voir France services et le CCAS.
  • La Complémentaire santé solidaire — si le reste à charge de 20 € par séance est ce qui vous arrête, c'est le premier droit à examiner : elle couvre la part complémentaire et dispense de l'avance de frais. Voir la Complémentaire santé solidaire et le simulateur public mesdroitssociaux.gouv.fr.
  • legifrance.gouv.fr — les textes eux-mêmes : article L. 162-58 du code de la sécurité sociale (version en vigueur du 14 juin 2026 au 1er octobre 2026), articles R. 162-60 à R. 162-72 pour les séances, l'éligibilité et la procédure, arrêté du 8 mars 2022 modifié pour les tarifs et les critères de non-inclusion, arrêté du 2 mars 2022 modifié pour la convention type signée par les psychologues.
  • Défenseur des droits : 09 69 39 00 00 (coût d'un appel local). Ses délégués reçoivent gratuitement et peuvent intervenir dans vos relations avec un organisme de sécurité sociale ; saisine gratuite sur defenseurdesdroits.fr.

Questions fréquentes

Combien de séances sont prises en charge, et le compteur se remet-il à zéro ?

Jusqu'à 12 séances par patient et par année civile : un entretien d'évaluation, nécessairement réalisé en présentiel, puis onze séances de suivi. Le point important est le mot « année civile » : le décompte se rouvre au 1er janvier, et non douze mois après votre première séance. Un accompagnement commencé en novembre n'entame donc pas votre droit de l'année suivante ; à l'inverse, si vos douze séances sont consommées en mai, la treizième ne sera pas remboursée avant janvier. Au-delà de douze, aucun médecin ne peut relever le plafond : parlez-lui plutôt de la suite de l'accompagnement, et sachez que le centre médico-psychologique de votre secteur, gratuit, ne connaît pas ce plafond. Une exception existe depuis le 14 juin 2026 pour les séances prescrites à un enfant mineur atteint d'une affection grave prise en charge dans un protocole de soins : le plafond ne s'y applique pas.

Faut-il une ordonnance de son médecin pour être remboursé ?

Non. Vous avez le choix entre passer par votre médecin, qui vous orientera, et prendre rendez-vous directement avec un psychologue partenaire : l'adressage médical n'est pas une condition de prise en charge. Le médecin reste la bonne porte dans trois situations, et il vaut mieux les connaître d'avance : si votre situation relève d'un critère de non-inclusion — c'est alors lui, et non le psychologue, qui peut vous orienter ; si vous cherchez un accompagnement au-delà de douze séances, sachant qu'il s'agira d'ouvrir un autre parcours et non d'obtenir des séances supplémentaires dans le dispositif ; et pour la levée de plafond réservée à un enfant mineur en protocole de soins, qui suppose une prescription. Pour un mineur, l'Assurance Maladie précise que les titulaires de l'autorité parentale doivent donner leur accord au médecin adresseur ou au psychologue avant l'entrée dans le parcours.

Au total, combien vais-je payer de ma poche ?

Cela dépend d'une seule chose : votre couverture complémentaire. La séance est facturée 50 €, dont l'Assurance Maladie prend 60 % — 30 €. Les 20 € restants relèvent de votre complémentaire santé : si votre contrat couvre le ticket modérateur, votre reste à charge est nul ; si vous n'avez pas de complémentaire, il est de 20 € par séance, soit 240 € pour douze séances. Trois cas particuliers : la Complémentaire santé solidaire et l'aide médicale d'État suppriment à la fois l'avance de frais et le reste à charge ; le régime local d'Alsace-Moselle porte la part obligatoire à 90 % (60 % + 30 %), ce qui ramène le solde à 5 € par séance. Avant de commencer, posez la question par écrit à votre complémentaire : prend-elle le ticket modérateur de ces séances, et pratique-t-elle le tiers payant ? La réponse écrite vous servira si un remboursement manque.

Qu'est-ce qui change vraiment le 1<sup>er</sup> octobre 2026 ?

Dans la loi, une chose précise : la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (loi no 2025-1403 du 30 décembre 2025, article 56) ajoute à l'article L. 162-58 du code de la sécurité sociale un 4o bis sur « les modalités d'application du tiers payant sur la part des dépenses prise en charge par les régimes obligatoires d'assurance maladie », dans une version qui entre en vigueur à cette date. Dans votre quotidien, rien n'est encore certain : le texte renvoie ces modalités à un décret en Conseil d'État qui, au 9 septembre 2026, n'est pas publié — la partie réglementaire du code (articles R. 162-60 à R. 162-72) n'a pas bougé depuis le 16 mai 2025. Nous ne pouvons donc pas vous dire ce que vous avancerez le 2 octobre, et les pages qui l'annoncent chiffres en main devancent un texte qui n'existe pas encore. À surveiller sur legifrance.gouv.fr, puis sur la fiche ameli.fr. En attendant, la règle applicable reste celle décrite plus haut : 50 € avancés, 30 € remboursés, sauf dans les cinq situations de dispense d'avance de frais.

Ma situation relève d'un critère de non-inclusion : que faire ?

Ce n'est pas un refus qui vous est opposé, c'est un périmètre. L'arrêté du 8 mars 2022 écarte du dispositif les situations qui appellent un avis psychiatrique : risque suicidaire, formes sévères de troubles dépressifs ou anxieux, troubles du comportement alimentaire avec signes de gravité, troubles neurodéveloppementaux sévères, dépendance à une substance psychoactive, et — chez l'adulte — antécédents psychiatriques sévères des trois dernières années, affection de longue durée psychiatrique en cours, invalidité pour motif psychiatrique, arrêt de travail de plus de six mois pour motif psychiatrique dans les deux dernières années. Mon soutien psy est une première ligne ; ces situations relèvent d'un accompagnement plus soutenu. Trois portes, toutes gratuites ou remboursées : votre médecin, dont la consultation est remboursée dans le parcours de soins ; le centre médico-psychologique de votre secteur, gratuit, sans avance de frais et sans ordonnance nécessaire ; et, si la souffrance est vive ou si l'idée de mourir est présente, le 3114, gratuit 24 h/24. La liste exhaustive des critères est celle de l'arrêté : c'est le psychologue ou le médecin qui l'applique, pas nous.

Page vérifiée le 30 juillet 2026 auprès des sources officielles. Les barèmes et les délais des prestations sociales évoluent : en cas de divergence, les sources officielles prévalent.

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