Sécurité sociale étudiant : le régime a été supprimé en 2019

Le régime de sécurité sociale des étudiants n'existe plus : il a été supprimé le 1er septembre 2019, avec sa cotisation de 217 € par an. Si vous êtes déjà couvert par l'assurance maladie en France, vous n'avez ni affiliation à demander ni cotisation à payer : vous restez rattaché au régime dont vous relevez déjà, le plus souvent celui de vos parents. Deux situations demandent encore une démarche : arriver de l'étranger pour étudier, ou n'avoir jamais été couvert en France.

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Etes-vous éligible ? Conditions, montant, durée et inscription

Eligibilité

Il n'y a plus d'affiliation à demander ni de condition d'âge à remplir pour être couvert en tant qu'étudiant. La couverture repose sur la protection universelle maladie, ouverte à toute personne qui réside en France de façon stable et régulière : si vous étiez déjà couvert avant d'entrer dans l'enseignement supérieur, vous le restez, sans démarche. Le critère « 16 à 28 ans » que l'on lit encore sur beaucoup de pages ne correspond plus à rien.

Trois âges structurent aujourd'hui votre situation, et aucun ne vous fait perdre votre couverture maladie :

  • 16 ans : vous pouvez demander à votre caisse à devenir assuré en votre nom, sans y être obligé.
  • 18 ans : vous le devenez automatiquement. Ameli.fr écrit que vous n'êtes plus ayant droit mais assuré : le régime ne change pas, c'est votre statut qui change.
  • 24 ans : terme du rattachement gratuit au régime de vos parents. Ameli.fr écrit que vous demeurez « rattaché gratuitement au même régime de sécurité sociale [...] jusqu'à l'âge de 24 ans », sous réserve de ne pas exercer d'activité professionnelle et de résider en France de façon stable et régulière. Au-delà de 24 ans, c'est votre caisse qui vous indique le régime dont vous relevez ; aucune cotisation étudiante n'est due, dans aucun cas.

Si vous travaillez en parallèle de vos études, votre couverture n'est pas remise en cause, mais elle change de base. Ameli.fr indique que « si vous exercez une activité professionnelle en parallèle de vos études, vous êtes affilié au régime dont dépend cette activité, sur présentation de toute pièce justifiant de cette situation ». Il n'y a là ni cotisation étudiante ni formalité d'inscription auprès d'une mutuelle : c'est votre employeur qui vous déclare.

Si vous arrivez de l'étranger pour étudier, la règle est différente et une démarche subsiste. Ressortissant de l'Union européenne, de l'EEE ou de Suisse avec une carte européenne d'assurance maladie valable au moins jusqu'à la fin de l'année universitaire : votre organisme d'origine continue de prendre en charge vos remboursements, sans inscription en France. Dans les autres cas, une inscription à la sécurité sociale française est nécessaire : voir l'encadré suivant.

Une précision utile si vous venez d'arriver en France : la fiche service-public.gouv.fr consacrée à la protection universelle maladie, vérifiée le 13 mai 2026, indique un délai de trois mois avant l'ouverture des droits, levé sans délai pour certaines situations seulement (réfugiés, retour de volontariat international à l'étranger, bénéficiaires de l'allocation aux adultes handicapés ou de l'allocation supplémentaire d'invalidité). Les étudiants n'y figurent pas. Seule votre caisse peut vous confirmer la date d'ouverture de vos droits : tant qu'elle ne l'a pas fait, gardez la couverture de votre pays d'origine si elle court encore.

Comment en bénéficier ?

Aucune affiliation n'est à demander au moment de l'inscription dans l'enseignement supérieur. Pour les étudiants déjà rattachés à la sécurité sociale française, l'Assurance Maladie l'écrit sans détour : « Vous n'avez aucune démarche à faire. » Un nouvel étudiant a seulement à présenter un document justifiant de son statut d'étudiant. Le formulaire de déclaration en vue de l'immatriculation d'un étudiant et le passage obligatoire par une mutuelle étudiante ont disparu avec le régime.

Les seules démarches utiles sont pratiques. Elles évitent des remboursements bloqués ou versés sur le compte d'un parent :

  • ouvrir votre compte ameli sur ameli.fr, pour suivre vos remboursements et modifier vos informations ;
  • mettre à jour votre carte Vitale, au moins une fois par an et à chaque changement de situation ;
  • transmettre votre RIB personnel à l'Assurance Maladie, à la place de celui de votre parent ;
  • déclarer un médecin traitant : la page ameli.fr sur le parcours de soins coordonnés, mise à jour le 23 avril 2026, réserve le remboursement normal sans médecin traitant déclaré aux moins de 16 ans. À partir de 16 ans, sans médecin traitant déclaré, vous êtes moins bien remboursé.

Deux situations demandent en revanche une démarche réelle. Si vous n'avez jamais été couvert par l'assurance maladie en France, l'affiliation à la protection universelle maladie se demande auprès de la CPAM de votre lieu de résidence ; la fiche service-public.gouv.fr, vérifiée le 18 octobre 2024, indique le formulaire cerfa n° 15763. Si vous venez de l'étranger, l'inscription se fait en ligne sur etudiant-etranger.ameli.fr : ameli.fr, dans sa page mise à jour le 19 janvier 2026, indique d'y transmettre une pièce d'identité ou un passeport, un titre de séjour pour les ressortissants hors Union européenne, une attestation de scolarité de l'année en cours, un RIB et une pièce d'état civil.

Ces démarches se font uniquement sur les sites de l'Assurance Maladie ou au guichet de votre caisse. Aucun intermédiaire payant n'est nécessaire : si un site vous réclame un paiement pour vous affilier, ce n'est pas l'Assurance Maladie. De notre côté, nous ne vous demandons jamais de pièce d'identité ni de coordonnées bancaires.

Organisme

L'organisme compétent est l'Assurance Maladie : la CPAM de votre lieu de résidence, la MSA si vos parents relèvent du régime agricole, ou le régime spécial dont ils relèvent (SNCF, RATP…). Dans ce dernier cas, rien ne change quand vous devenez étudiant : vous y restez rattaché.

Pour toute question sur votre couverture, les renseignements sont gratuits : le 36 46, annoncé par ameli.fr comme « service gratuit + coût de l'appel » (numéro non surtaxé), et le site ameli.fr. Pour un tour d'horizon de vos droits, le simulateur mesdroitssociaux.gouv.fr est gratuit. En face à face, également gratuitement : les accueils France Services, le CCAS de votre commune, les services sociaux du département, et le service social du Crous pour ce qui touche à vos études.

Les mutuelles étudiantes ne gèrent plus l'assurance maladie obligatoire. Le communiqué de l'Assurance Maladie de 2019 parle de « l'arrêt de gestion de l'assurance maladie obligatoire par les mutuelles étudiantes ». Elles ne proposent plus que de la complémentaire santé, qui est facultative : personne ne peut vous obliger à souscrire un contrat payant pour être couvert. Si vos ressources sont modestes, vous pouvez demander la Complémentaire santé solidaire. Rester rattaché à la complémentaire de vos parents est parfois possible : cela dépend de leur contrat, à vérifier auprès de leur organisme.

monportailsocial.fr est un service privé et indépendant, sans lien avec l'Assurance Maladie ni avec aucune administration. Si vous souhaitez de l'aide pour comprendre votre situation et préparer votre démarche, une ligne d'information est ouverte au 3242 — 3 € par appel + prix d'un appel. Cet appel est facultatif : il ne remplace pas votre démarche auprès de la CPAM et n'est pas nécessaire pour être couvert.

Montant, Durée

Il n'y a plus rien à payer pour être couvert : la cotisation de sécurité sociale étudiante a été supprimée avec le régime. Elle était de 217 € par an et n'est plus due depuis le 1er septembre 2019. Les étudiants encore affiliés à une mutuelle étudiante pour 2018-2019 ont rejoint, selon les termes de l'Assurance Maladie, « automatiquement et gratuitement » le régime général, sans démarche de leur part.

Côté durée, vos droits ne sont plus calés sur l'année universitaire du 1er septembre au 31 août, et il n'y a plus de renouvellement à faire chaque rentrée. Le rattachement gratuit au régime de vos parents court jusqu'à 24 ans si vous n'exercez pas d'activité professionnelle ; si vous travaillez, vous êtes affilié au régime dont dépend cette activité, et au-delà de 24 ans votre caisse vous indique le régime dont vous relevez. Dans tous les cas, aucune cotisation étudiante n'est due. L'assurance maladie obligatoire ne rembourse qu'une partie des frais : une complémentaire santé, facultative, couvre le reste.

Deux montants reviennent souvent à propos des étudiants, sans relever de l'assurance maladie obligatoire :

  • CVEC : 105 € pour l'année universitaire 2026-2027, montant publié sur cvec.etudiant.gouv.fr, à régler avant votre inscription dans l'enseignement supérieur. Ce n'est pas une cotisation maladie : elle finance la vie étudiante et de campus. En sont exonérés, d'après la foire aux questions du portail Étudiant.gouv : les boursiers sur critères sociaux gérés par le Crous et les bénéficiaires d'une allocation annuelle, les boursiers régionaux des formations sanitaires et sociales, les boursiers du gouvernement français, les réfugiés et bénéficiaires de la protection subsidiaire, et les demandeurs d'asile disposant du droit de rester sur le territoire. L'exonération ne dispense pas d'obtenir l'attestation et de la présenter à votre établissement.
  • Complémentaire santé solidaire (C2S), qui a remplacé la CMU-C et l'ACS le 1er novembre 2019. Plafonds de ressources pour une personne seule en métropole, barème au 1er avril 2026 : 868,44 € par mois (10 421 € par an) pour la C2S sans participation financière, 1 172,40 € par mois (14 069 € par an) pour la C2S avec participation. Cette participation dépend de vos ressources et de votre âge ; ameli.fr en publie seulement la fourchette, « de 8 à 30 € maximum par mois et par personne ».

Ressources prises en compte pour la C2S : celles des 12 mois civils précédant le mois qui précède votre demande, et non un revenu fiscal annuel. Avant 25 ans, la demande se fait en principe avec le foyer de vos parents. Le site complementaire-sante-solidaire.gouv.fr retient trois situations où vous pouvez la déposer en votre nom : vous ne vivez pas chez vos parents, ne figurez pas sur leur avis d'imposition et ne percevez pas de pension alimentaire déduite fiscalement ; vous vivez chez eux mais vous avez un enfant à charge ou vous vivez en couple (mariage, concubinage, Pacs) ; vous percevez l'allocation spécifique annuelle pour étudiant en difficulté versée par le Crous. À partir de 25 ans, la demande est toujours personnelle.

Plafonds hors métropole, ou pour un foyer de plusieurs personnes : les barèmes complets figurent sur ameli.fr, et le simulateur mesdroitssociaux.gouv.fr les applique gratuitement à votre situation. La durée du droit à la C2S et son renouvellement ne figurent pas sur les pages que nous avons consultées : votre caisse, ou le 36 46 (service gratuit + coût de l'appel), vous les précisera. Seule votre caisse peut ouvrir le droit.

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